Mouvement des enclosures

Le mouvement des enclosures fait référence aux changements qui, dès le XIIème siècle mais surtout à partir de la fin du XVIème et au XVIIème siècle ont transformé, dans certaines régions de l’Angleterre, une agriculture traditionnelle dans le cadre d’un système de coopération et de communauté d’administration des terres (généralement champs de superficie importante, sans limitation physique) en système de propriété privée des terres (chaque champ étant séparé du champ voisin par une barrière, voire une haie comme dans un bocage). Les enclosures marquent la fin des droits d’usage, en particulier des communaux, dont un bon nombre de paysans dépendaient.

On peut trouver plusieurs raisons à ce mouvement d’enclosure :

  • une raison juridique : les potentats locaux souhaitaient conserver l’exclusivité des terres mais l’absence de cadastre nécessitait de matérialiser les limites foncières ;
  • une raison « naturelle » : les haies permettent de parquer les animaux et de se protéger des bêtes errantes ;
  • une raison « environnementale » : les haies absorbent l’eau et les fossés ayant permis la surélévation desdites haies drainent cette eau. On crée soit des haies d’arbres fruitiers (pour améliorer la production agricole) soit des ronciers pour mieux encore défendre les parcelles.
  • mais la raison fondamentale est la suppression des droits d’usage (vaine pâture, communaux) qui permet la liberté des assolements.

Le mouvement des enclosures a commencé en Angleterre au XVIème siècle. Des champs ouverts et pâturages communs cultivés par la communauté, ont été convertis par de riches propriétaires fonciers en pâturages pour des troupeaux de moutons, pour le commerce de la laine alors en pleine expansion. Il s’est ensuivi un très fort appauvrissement de la population rurale de l’époque, entraînant parfois des mouvements de révolte, comme dans les Midlands en 1607.

Au XVIIIème siècle La Chambre des communes vote l’Enclosure Act qui met fin aux droits d’usage et démantèle les Communaux.

Selon l’historien Patrick Verley, « l’historiographie a longtemps centré son attention sur le phénomène des enclosures et sur ses conséquences sociales, mais elles ne constituent pas une révolution agricole, elles n’en constituent qu’un préalable, qui n’entraîne pas automatiquement un progrès de la production et de la productivité ».

« Vos moutons, que vous dites d’un naturel doux et d’un tempérament docile, dévorent pourtant les hommes… » (Thomas More, Utopia, 1516)

Le mouvement des enclosures peut être vu comme un mouvement de désintégration sociale. Il s’est accompagné de progrès importants des pratiques culturales, et est considéré par certains comme marquant la naissance du capitalisme.

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