(expo de peinture, contenu adulte) « A fleur de peau: Asian Connection »

Exposition de Frédéric LÉGLISE : « A fleur de peau: Asian Connection » du Samedi 03 Octobre 2020 – Dimanche 20 Décembre 2020 au Centre d’Art Contemporain À cent mètres du centre du monde (3, avenue de Grande Bretagne 66000 Perpignan)

… Les Français en particulier ceux qui viennent de Paris sont ennuyeux: «Et pourquoi ci? Et pourquoi ça ? » En fait même si on leur répond : « Pourquoi ça ? Mais parce que cette peau est belle», ils ne comprennent pas. Quand on me demande pourquoi, c’est difficile. Je ne le sais pas moi ! Si on te demande pourquoi il y a le vent, la pluie, la terre, tu n’en sais rien ! …

Extrait de Nobuyoshi ARAKI, Leçon de photo intégrale, édition Atelier Akatombo

« Il me serait bien difficile de savoir pourquoi je suis attiré par l’Asie, mais au fil des années mon quotidien s’est imprégné progressivement de sa présence dans ma vie et ma peinture.

En sortant des Beaux-arts, pour gagner ma vie, j’ai travaillé dans un atelier de restauration de laques de Chine et du Japon, ce travail est venu presque aussitôt nourrir ma peinture puisque j’ai alors commencé à utiliser la feuille d’or sur mes tableaux et mon rapport au geste, à l’utilisation du pinceau et à la représentation de l’espace a été transformé.

Quelques années plus tard, à partir de 2007, j’ai commencé à enseigner aux Beaux-arts de Grenoble où j’ai rencontré ma femme Wang Jojo qui est chinoise.

Il y avait à cette période, une dizaine d’étudiants asiatiques (chinois et coréens), certains avaient des univers très particuliers, mais la barrière de la langue faisait que bien souvent ces étudiants se heurtaient à une incompréhension, voire à une impatience de certains enseignants, du fait de champs de références culturelles trop éloignés des nôtres.

Parmi ces étudiants, certains m’intéressaient beaucoup, parce que j’étais déconcerté, surpris, par leurs propositions, par leurs réalisations, par leur manière de penser et de regarder le monde.

La rencontre avec ma femme a bouleversé ma peinture : je me suis trouvé entouré de ses amies, des femmes chinoises qui sont venues peupler mes tableaux.

La présence de femmes asiatiques dans ma peinture ne relève pas de la simple anecdote, elle décale son champ de références et ne se projette plus uniquement dans une lignée « occidentale » de l’histoire de l’art.

Parmi les femmes asiatiques que je fréquente, il y en a plusieurs avec qui je me suis lié d’amitié, et parmi celles-ci, il y a des artistes que j’ai rencontré dans différentes circonstances ; certaines ont été mes étudiantes (Wang Jojo, Liu Mengpei, Lee Dahye et Cho Sujin) dont je continue à suivre le travail, d’autres ont été rencontrées à travers des expositions ou au hasard de la vie (Ayako David Kawauchi, Kanaria, Inhee Ma et Stella Sujin).

Toutes ces artistes que j’invite, sont des femmes qui ont grandi en Chine, en Corée ou au Japon mais qui vivent en France depuis quelques années au moins. Elles y ont chacune développé leur pratique, ce qui fait que leur travail est sans aucun doute différent de ce qu’il aurait été, si elles avaient développé leur pratique dans leur pays d’origine. Tout comme le mien aurait été différent sans la rencontre de ce continent à travers les femmes notamment.

Alors à ces quelques artistes venues de si loin pour vivre et travailler en France, à ces femmes dont le travail bouscule nos codes culturels, j’ai choisi de donner rendez-vous à cent mètres du centre du monde ».

Frédéric Léglise


Frédéric Léglise vit et travaille à PARIS, et enseigne depuis 2007 à l’ESAD-GV. Il fait ses études à l’ENSBA à Paris. Sa peinture, étudiant, est d’abord résolument abstraite. Mais, pour une correspondance amoureuse, il réalise des centaines d’aquarelles érotiques qui sont le point de départ de son travail actuel. L’œuvre de Frédéric Léglise est peuplée de filles. Ses portraits et ses nus, obéissent presque tous au même script minimal. Le peintre prend d’abord des photographies de femmes qu’il rencontre dans son entourage, puis il peint des portraits à partir de celles-ci. Une autre partie de son travail consiste en des autoportraits, réalisés à partir de son ombre.

Cho Sujin peint son corps nu, sans tête de manière réaliste, avec ses rondeurs, ses imperfections , mais en utilisant du maquillage plutôt que de la peinture sur la toile, comme une manière d’ironiser sur la pression faite sur l’apparence physique et sur le corps des femmes, pression qui est très importante en Corée, pays où la chirurgie esthétique est une pratique très généralisée.

Ayako David-Kawauchi a commencé à dessiner à 40 ans, et a réussi à développer un dessin incroyablement sensible et personnel avec un arsenal artistique minimal : la plupart du temps simplement au fusain sur papier et d’après modèle vivant, allant jusqu’à faire poser des couples faisant l’amour pour les dessiner. Ses œuvres sont d’une poésie désarmante et souvent très émouvantes.

Kanaria crée un univers qui lie toutes choses: diverses histoires et mythes où s’entrelacent fleurs, animaux et êtres humains, traversant le temps et l’espace. L’artiste imagine un monde épanoui, contenant la sensualité de la vie, à travers des peintures, des aquarelles et des céramiques.

Lee Dahye travaille la peinture, le dessin et déploie un univers de formes non figuratives, mais évoquant le minéral ou le végétal, avec la conscience que tout est amené à disparaître et à renaître sous une autre forme, la mort servant à nourrir la vie.

Liu Mengpei brosse à l’huile des paysages avec une gestuelle énergique. Les tableaux qui en découlent sont proches d’un expressionisme abstrait, dégageant parfois une atmosphère tourmentée ou bien parfois apaisée, à l’image de la nature. Son rapport au paysage prend source à la fois dans la peinture orientale et occidentale.

Les œuvres d’Inhee Ma se présentent comme des esquisses de fragments de corps ou de plis de la peau sur des planches de bois. Elles s’articulent autour de la question centrale du rapport de l’homme au corps, à la vanité, et au sens. Sensualité et vanité cohabitent, exacerbées par la présence de mouches. Figurées de façon très réaliste, elles évoquent simultanément le grain de beauté et la putréfaction de la chair. Elles forcent aussi le spectateur à se focaliser sur le détail du dessin et compose un élément important du message dans les représentations.

Stella Sujin, née en 1983 à Séoul, est une artiste plasticienne qui vit et travaille à Paris. A travers son travail à l’aquarelle, au pastel, à l’huile et en céramique de cuisson à haute température, elle questionne la vulnérabilité du statut de l’Homme et son rapport à la Nature.

Wang Jojo décide de quitter la Chine en 2006 pour étudier l’art en France. En 2010, elle s’installe à Paris comme artiste. La distance avec la Chine lui a permis d’exprimer un univers onirique empreint de sensualité et d’érotisme. Ses œuvres sont libres, romantiques, oniriques avec une saveur orientale ; le sexe et l’innocence dialoguent en un jeu entre le fantasme et la réalité.

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