đŸ•‰ïž Sous nos pieds đŸ•‰ïž

« La voie du Bouddha est sous nos pieds. Une fois retenu par la voie, l’endroit est Ă©vident » (1)

Le poÚte espagnol Antonio Machado nous dit :

 « Marcheur, ce sont tes traces

ce chemin, et rien de plus ;

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Le chemin se construit en marchant.

En marchant se construit le chemin,

Et en regardant en arriĂšre

On voit la sente que jamais

On ne foulera Ă  nouveau.

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Seulement des sillages sur la mer. » (2)

Et pourtant « Ceux qui Ă©tudient la voie veulent Ă  tout prix qu’elle ait des effets tangibles » (1)

Mais pratiquer la voie, c’est s’abandonner. La tradition bouddhiste du Mahayana a sa propre parabole du fils prodigue dans le SĂ»tra du Lotus (3), mais le retour de celui-ci se fait dans la simplicitĂ© comme le rappelle DĂŽgen :

« Il y eut un homme qui quitta son pĂšre et partit au loin. Il dĂ©laissa son trĂ©sor pour vagabonder. Il eut beau ĂȘtre le seul enfant du notable ; il devint pour longtemps un misĂ©rable journalier. VoilĂ  de quoi rĂ©flĂ©chir. Étudier la voie, c’est chercher Ă  ĂȘtre retenu par la voie. Être retenu par la voie, c’est effacer toute trace d’Ă©veil. » (1)

Dans le prĂ©cĂ©dent article je rappelais que DĂŽgen nous demandait d’ouvrir les mains, mais il nous demande aussi d’ouvrir les yeux, tout est dĂ©jĂ  là :

« Pour avoir foi dans la voie du Bouddha, on doit avoir foi dans le fait qu’on est soi-mĂȘme depuis toujours dans la voie et qu’il n’y a ni Ă©garement, ni pensĂ©e erronĂ©e, ni mĂ©prise, qu’il n’y a ni augmentation ni diminution et pas plus d’erreur. » (1)

Comme le rappelle EnΠ:

« La sagesse de la prajnĂą ignore le supĂ©rieur et l’infĂ©rieur, et c’est parce que leur esprit s’est mĂ©pris que les ĂȘtres ordinaires pratiquent et cherchent tous le Bouddha Ă  l’extĂ©rieur d’eux-mĂȘmes sans s’illuminer dans leur Ă©tat naturel. » (4)

Ouvrir ainsi les yeux implique de retrouver une simplicité naturelle :

« Tout se fait en tranchant les facultĂ©s mentales et en dĂ©laissant le chemin de l’intelligence. Tel est le moyen habile pour guider les dĂ©butants. AprĂšs cela on se dĂ©pouille du corps et de l’esprit et on abandonne l’illusion et l’Ă©veil. » (1)

  1. GakudĂŽ YĂŽjin ShĂ» (Recueil des points Ă  observer dans l’étude de la voie) de Eihei DĂŽgen in « Les fleurs du vide ; anthologie du bouddhisme » E Rommeluere Grasset (1997)
  2. traduit par JosĂ© Parets-LLorca – Proverbios y cantarĂšs, Chant XXIX, Campos de Castilla, 1917
  3. Le sutra du lotus – Edition Fayard
  4. EnĂŽ – Le SĂ»tra de l’Estrade – in Les patriarches du zen – Edition du ReliĂ©

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