đŸ•‰ïž Dire « non » đŸ•‰ïž

Pour DĂŽgen la transmission directe, la lignĂ©e, de maĂźtre en maĂźtre est primordiale : « Depuis qu’il y a des bouddhas et des patriarches, il n’y a qu’un enseignement direct et qu’une transmission univoque. » (1) Et suivant son habitude de manier les contraires il nous incite Ă  dire « non ». ce « non » n’est pas un refus naĂŻf, mais un refus de tomber dans l’Ă©vidence, la facilitĂ©.

Ainsi si on cherche le dharma intellectuellement, peut-on le trouver ? « Non »

« L’essence du dharma ne se trouve pas si on le cherche ? Une fois qu’on l’a vu, le savoir disparaĂźt. Une fois trouvĂ©e, l’esprit est dĂ©passĂ©. » (1)

Pas tant parce qu’il ne faut pas avoir une dĂ©marche intellectuelle que parce qu’en trouvant le dharma on dĂ©passe cette dĂ©marche.

« Le Zen reste une Ă©nigme, tant que nous voulons n’y appliquer que la raison. » (2)

Doit-on cĂ©der aux sirĂšnes de la violence face Ă  l’agressivitĂ© vĂ©cue au quotidien ? « Non ». Doit-on alors tomber dans un pacifisme angĂ©lique, tendre l’autre joue ? La rĂ©ponse est « non », comme dans le mot « non-violence », un « non » actif.

Ce mot « non » doit-il ĂȘtre notre mantra ? Notre nouveau dieu ? La rĂ©ponse est « non ».

« Non, peut-on sonder ce mot : « Non » ? peut-on le saisir ? » (1)

Ne s’arrĂȘter sur rien, ne rien retenir, mais ouvrir les mains Ă  la vie :

« Ouvrez les mains. Ouvrez un moment les mains et regardez : Qu’est-ce que le corps et l’esprit ? QU’est -ce que les activitĂ©s ? Qu’est-ce que la vie et la mort ? QU’est-ce que le dharma du Bouddha ? » (1)

Nous pourrons toucher cette ouverture qui fait de zazen une action, qui fait des actions, zazen. « En observant tout cela, naturellement les deux formes du mouvement et de l’immobilitĂ© Ă©videmment ne se produiront plus. Au moment de cette absence de production il n’y a pas de fixation. »(1)

« Pour comprendre le Zen, vous devez passer la barriĂšre des patriarches . Pour atteindre cet Ă©veil profond, vous devez complĂštement trancher la pensĂ©e. Quelle est cette barriĂšre des patriarches ? C’est juste le mot « Non ». c’est la porte d’entrĂ©e du Zen.
Ce mot « Non », portez-le constamment jour et nuit ? Ne le prenez pas pour la vacuitĂ©. Ne le pensez pas en terme d’avoir ou de ne pas avoir ? C’est comme si vous deviez avaler une boule de fer rouge. MĂȘme si vous essayez de la cracher, vous ne le pouvez. Toutes les idĂ©es et les pensĂ©es illusoires seront Ă©puisĂ©es, puis l’intĂ©rieur et l’extĂ©rieur seront naturellement unifiĂ©s. Tout cela n’apparaĂźtra qu’Ă  vous-mĂȘme, comme pour un muet qui rĂȘve. Puis soudainement, tout se retournera. Vous Ă©tonnerez les cieux et vous Ă©branlerez la terre.
Quand vous rencontrerez le Bouddha, vous tuerez le Bouddha. Quand vous rencontrerez les patriarches, vous tuerez les patriarches. Au bord du précipice de la vie et de la mort, vous posséderez la parfaite liberté. Vous bénéficierez de la concentration de jouissance. »
Mumon Ekai (3)

Mumon Ekai nous pousse-t-il Ă  ne pas respecter les patriarches et le Bouddha ? La rĂ©ponse est « non », bien au contraire. Les respecter en acceptant la complexitĂ© de la situation qui ne peut se satisfaire d’une rĂ©ponse toute faite qui serait transmisse de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, mais d’un grand « non » et d’un agir sans peur, sans attachement, sans exclusion.

  1. GakudĂŽ YĂŽjin ShĂ» (Recueil des points Ă  observer dans l’étude de la voie) de Eihei DĂŽgen in « Les fleurs du vide ; anthologie du bouddhisme » E Rommeluere Grasset (1997)
  2. Georges Toullat
  3. in « Les fleurs du vide ; anthologie du bouddhisme » op. cit.

6 commentaires

    1. J’essaye de ne mettre que des photos libres de droits ou personnelles sur mon blog (ou sous Creative Common par exemple)
      Quand je suis tombĂ© sur cette photo, un souvenir m’est revenu, j’Ă©tais au Ladkah pour la derniĂšre fois en 2004, je revenais de la « campagne profonde », en jeep avec le lama que j’accompagnais, et sur le bord de la route, une vache morte ! Il fait arrĂȘter la jeep, descend touche la vache (morte) pleure et dit mais qu’est ce que c’est ces humains qui ne prennent pas soin des animaux mĂȘme morts !
      VoilĂ  un grand « NON »

      J'aime

Et vous qu'en pensez-vous ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icÎne pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Google. DĂ©connexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion /  Changer )

Connexion Ă  %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.