🕉️ Une amitié pour l’éveil ðŸ•‰ï¸

Un des points à observer pour étudier la voie du Bouddha, d’après Dôgen, est de trouver un maître authentique. S’il y a bien un sujet qui est difficilement acceptable à notre époque individualiste, c’est celui-ci. D’autant plus quand il écrit :

« Le disciple est comme du bois de bonne qualité et le maître semblable à un artisan. Même si le bois est de bonne qualité, sa beauté ne transparaît pas tant qu’il ne trouve un habile artisan. » (1)

Dôgen nous dit en fait qu’il ne faut pas nous satisfaire de lectures de textes contemporains sur la Voie mais au contraire plonger dans les textes primordiaux : « ne pas délaisser les racines pour rechercher les rameaux. »(1)

Ces textes paraissent difficiles, voir loufoques par rapport à notre époque, alors comment les comprendre ? Dôgen est parti en Chine pour remonter à la source de ce « chemin vital ».

Maïeutique

Pourquoi écouter les enseignements d’un maître plutôt que de se débrouiller tout seul avec des livres ou des vidéos ? Comme Socrate et sa maïeutique « Le maître a une fonction d’accoucheur. Il doit débusquer les faux-semblants, pointer les égarements. Il n’enseigne jamais, sinon par convention, mais doit bien plutôt donner à désapprendre : comment se dégager de ses schémas habituels et accéder à une autre dimension de soi ? Car seul, on ne fait que rajouter, selon l’expression zen, une tête sur sa propre tête.  » (2)

Mais si « le chemin nécessite le détour de la rencontre » (2) ,comment pouvons-nous trouver au XXI° siècle cet ami de bien (sanscrit : kalyânamitra) qui pourra nous guider ?

Ami de bien

Dôgen décrit ainsi le maître authentique :

« Le maître authentique a des ressources illimitées et une volonté sans borne. Il ne s’attache pas à l’idée d’un moi. Il n’est pas bloqué par ses sentiments et sa conduite se conforme à sa compréhension. Il ne se préoccupe pas de son esprit égoïste » (1)

Trouver déjà une telle personne est une voie ! Tout cela peu prendre du temps, mais cette lenteur est aussi déjà un apprentissage en soi. Cette rencontre « n’est pas forcément aussi grandiloquente que dans les histoires édifiantes du passé. C’est aussi, et peut-être même surtout, dans l’ordinaire de la rencontre, lorsque le maître se dévoile en tant qu’être humain, que se noue cette amitié pour l’éveil. » (2)

Cette « amitié pour l’éveil » se tisse de jour en jour, comme se tresse la confiance qui ne peut s’instituer.

Le disciple a confiance dans la bonté du maître. Le maître, lui, a confiance dans la capacité du disciple à toucher son propre cœur. L’un et l’autre font un pari intérieur sur l’avenir : qu’une vie authentique et éveillée est possible. Chacun s’y jettera totalement, sans a priori ni jugement. Tous deux se mettent à nu, se dévoilent, s’exposent, se mettent en danger. Il y aura parfois des difficultés, des renoncements et des épuisements. Toute transformation a son prix. Les remises en cause sont parfois douloureuses – il y a tant de choses que l’on ne voudrait pas remettre en cause. Et puis il y aura des joies et des bonheurs. Le souci constant de l’enseignant est de trouver le mot juste, l’attitude qui va bouleverser son ami. (2)

  1. Gakudô Yôjin Shû (Recueil des points à observer dans l’étude de la voie) de Eihei Dôgen in « Les fleurs du vide ; anthologie du bouddhisme » E Rommeluere Grasset (1997)
  2. Eric Rommeluère

 

 

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