✊ Extinction Rebellion ✊

Extinction Rebellion (XR), est un mouvement social écologiste international qui revendique l’usage de la désobéissance civile non violente afin d’inciter les gouvernements à agir dans le but d’éviter les points de basculement dans le système climatique, la perte de la biodiversité et le risque d’effondrement social et écologique.

Historique

Au début de l’année 2018, des militants de la mouvance écologiste britannique organisent des rencontres de réflexion et d’élaboration de nouvelles formes d’action plus efficaces que les traditionnelles manifestations de rue. Ils s’inspirent notamment des travaux de la chercheuse Erica Chenoweth, spécialiste des mouvements de résistance civile non-violents. Au mois de mai 2018, ils créent le mouvement social écologiste Extinction Rebellion.

Le 26 octobre, le journal britannique The Guardian publie une tribune signée par près d’une centaine d’universitaires qui appellent à l’action urgente face à la crise écologique et affirment leur soutien au collectif Extinction Rebellion. Dans une deuxième lettre, publiée le 9 décembre 2018, une centaine de signataires, dont le linguiste américain Noam Chomsky, la journaliste et altermondialiste canadienne Naomi Klein et l’écologiste indienne Vandana Shiva, appellent les citoyens de tous les pays à se mobiliser et à rejoindre des mouvements tels qu’Extinction Rebellion.

Extinction Rebellion (XR) est officiellement lancé, à Parliament Square, une place de Londres, le 31 octobre 2018, par une déclaration de rébellion devant le palais de Westminster. Un millier de manifestants sont présents. Sont également présentes deux représentantes du Parti vert de l’Angleterre et du pays de Galles, Caroline Lucas, qui siège à la Chambre des communes du Royaume-Uni, et Molly Scott Cato, députée européenne, ainsi que la militante suédoise Greta Thunberg. L’événement ouvre une campagne de désobéissance civile prônant l’état d’urgence climatique. Le mois suivant, Extinction Rebellion enchaîne, durant une semaine, diverses actions militantes, dont le « rebellion day » (« jour de rébellion »), journée au cours de laquelle cinq ponts londoniens enjambant la Tamise, les ponts Westminster, Waterloo et Blackfriars notamment, sont bloqués.

Répondant à l’appel d’Extinction Rebellion UK pour la diffusion de son mouvement à l’international, une branche française est créée en novembre 2018.  Une « déclaration de rébellion » est lancée le 24 mars 2019 par XR France, place de la Bourse, à Paris. Plusieurs personnalités sont présentes et prennent la parole : Susan George, présidente d’honneur de l’organisation altermondialiste Attac, les chercheurs Jean-Baptiste Fressoz, Pablo Servigne, Claire Levy et la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux.

En février 2019, dans les colonnes du quotidien français Le Monde et du journal belge Le Soir, Extinction Rebellion reçoit l’agrément de 260 chercheurs suisses, français et belges. Sept mois plus tard, dans une lettre ouverte publiée par The Guardian, 250 universitaires australiens lui apportent son soutien.

Logo

Le mouvement Extinction Rebellion, dont le nom se rapporte à l’extinction des espèces, s’est doté d’un symbole faisant référence à l’extinction de masse en cours. Le logo du collectif, présenté comme un « symbole de l’extinction », reprend un motif inventé en 2011 par un artiste installé à Londres et promoteur d’un projet anticonsumériste. Sur un fond vert, un cercle noir, figurant la planète Terre, entoure un sablier formé par deux triangles. Ce pictogramme renvoie à l’impératif politique proclamé par Extinction Rebellion : l’urgence d’agir pour enrayer la disparition des espèces vivantes engendrée par le changement climatique (selon les Nations unies, un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction dans les décennies à venir). Il forme aussi le « X » de XR, autre nom du mouvement, ou formalise un raccourci pour le mot « extinction ». Le vert représente son combat écologique et le noir, couleur du deuil, la gravité de la situation.

Modes d’actions et revendications

Le mouvement Extinction Rebellion est né du constat établi par des militants écologistes de l’inefficacité des méthodes classiques de contestation, en particulier la traditionnelle manifestation de rue. Il puise son inspiration dans les actions entreprises par le mouvement populaire Occupy London, la philosophie de contestation par la non-violence et la désobéissance civile fondée par Gandhi, les suffragettes et la stratégie de lutte du mouvement afro-américain des droits civiques. Il dénonce l’inaction des gouvernements face au changement climatique et œuvre à une mobilisation mondiale autour d’un sentiment commun d’urgence.

LES REVENDICATIONS DE L’ORGANISATION EXTINCTION REBELLION PORTENT SUR LA RECONNAISSANCE PAR LES MÉDIAS ET LES DIFFÉRENTS GOUVERNEMENTS NATIONAUX DE LA GRAVITÉ DE LA CRISE ÉCOLOGIQUE, LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE DIOXYDE DE CARBONE (DE SORTE À ATTEINDRE LA NEUTRALITÉ CARBONE EN 2025 POUR LA FRANCE), LA FIN DE LA DÉVASTATION DES ÉCOSYSTÈMES PLANÉTAIRES ET LA CRÉATION D’UNE ASSEMBLÉE CITOYENNE CHARGÉE DE METTRE EN ŒUVRE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE.

Principales actions

  • Le 17 novembre 2018 (soit le même jour que la première mobilisation des gilets jaunes à Paris, sans qu’il n’existe forcément un lien), 6 000 personnes organisent le blocage du trafic des cinq principaux ponts de Londres. Selon The Guardian du jour, il s’agirait du plus grand mouvement de désobéissance civile depuis des décennies.
  • La première « semaine internationale de rébellion » est organisée du 15 au 21 avril 2019. Cette action est extrêmement suivie à Londres où les militants bloquent des lieux emblématiques pendant une dizaine de jours; les militants français, sur l’initiative de Greenpeace, ANV-COP21 et les Amis de la Terre, bloquent à la Défense une antenne du ministère de la Transition écologique, et les tours Total, EDF et Société générale. Au Québec des activistes s’enchaînent aux portes du bureau du premier ministre François Legault. Des actions auraient eu lieu dans 80 villes de 33 pays.
  • Le 28 juin 2019, à Paris, un blocage pacifique du pont de Sully est réprimé par la police. La diffusion — en particulier par Greta Thunberg — d’images de gaz lacrymogènes projetés en plein visage sur des manifestants assis provoque de nombreuses réactions : Cyril Dion déclare qu’il refuse sa légion d’honneur du fait de cette violence disproportionnée du gouvernement à l’égard de sa population. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner demande alors un rapport au préfet de police de Paris.
  • La deuxième « semaine de rébellion internationale » débute en France le samedi 5 octobre 2019 au matin par l’occupation et le blocage du centre commercial Italie Deux dans le 13e arrondissement de Paris. Ils occupent ensuite, à partir du lundi 7 octobre, la place du Châtelet et le pont au Change à Paris. Qualifiée de ZAD par certains journalistes, la place est neutralisée par des centaines de manifestants qui empêchent la circulation sur les voies adjacentes, ainsi que sur le pont au Change. Des gendarmes mobiles, positionnés dès le début de l’action près des lignes de bloqueurs, n’interviennent pas lors de l’installation. De nombreux activistes s’attachent à l’aide de « bloqueurs de bras » (« armlocks ») afin de ralentir, voire d’empêcher la police de les évacuer. Les militants décident également de procéder à des actions dans différentes enseignes du centre de la capitale, dont un fast food.

Fonctionnement et financement

HIÉRARCHIE

Il n’y aurait pas de hiérarchie au sein d’Extinction Rebellion. Le mouvement fonctionne selon une organisation holacratique. Il est aussi décentralisé, les groupes régionaux et locaux sont libres d’agir de manière autonome. Il y est fait appel à la désobéissance civile pour frapper les esprits. Le mouvement n’a pas non plus de porte-parole fixe, il n’a que des porte-paroles ponctuels pour communiquer sur certaines actions.

Malgré l’absence d’une structure centrale ou de porte-paroles ou leaders permanents, XR peut ponctuellement mettre en place une hiérarchie locale afin de préparer une action. Dans ce cas, la section locale du mouvement qui mène l’action suit le protocole décrit dans le Manuel pour permettre l’auto-organisation d’action de désobéissance civile non violente.

ORGANISATION

XR France se coordonne grâce à un forum informatique interne, dénommé « la base ».

Les nouveaux « rebelles » — nom donné aux militants au sein du mouvement — apprennent les différentes techniques de la désobéissance civile non-violente lors de journées de formation organisées par des activistes plus anciens. Ces journées permettent entre autres de cerner ce qu’est la non-violence grâce à des débats mouvants, mais aussi d’en apprendre plus sur les risques juridiques, sur l’attitude à avoir en garde à vue, et sur les multiples techniques de blocage lors de simulations d’actions.

FINANCEMENT

L’homme d’affaires américain Trevor Neilson est un des financeurs d’Extinction Rebellion par l’intermédiaire du Climate Emergency Fund (CEF).

Le mouvement bénéficie de dons du Climate Emergency Fund (CEF), un fonds créé pour soutenir financièrement les actions de mouvements radicaux tels que XR, pour un montant de 350 000 dollars. Lancé début juillet 2019, il est dirigé par Trevor Neilson (en), investisseur milliardaire, Rory Kennedy, fille de l’ancien sénateur Robert Kennedy et Aileen Getty, une des héritières de l’empire pétrolier américain Getty Oil fondé par son grand père. Extinction Rebellion a aussi reçu un don d’environ 344 000 € du groupe de rock britannique Radiohead.

Du mois d’octobre 2018 à septembre 2019, le mouvement a récolté un million d’euros auprès de diverses organisations et 222 000 € auprès de particuliers. Ses ressources financières sont complétées, à hauteur de 54 %, par un financement participatif de 1,4 million d’euros.

La branche française du mouvement affirme que, contrairement aux autres antennes internationales du mouvement, notamment britanniques et américaines, elle aurait choisi de ne pas bénéficier de ce fonds pour des raisons éthiques. Le mouvement français a tout de même pratiqué quelques cagnottes qui, selon une source journalistique, semblent avoir rapporté un montant de l’ordre de 46 000 €79.

Coopération avec les autorités

Ce mouvement est présenté comme un courant essentiellement contestataire. Cependant, à l’échelle locale, certains membres peuvent décider de coopérer avec les autorités pour mener à bien des projets écologiques à l’instar de Philippe Deforges, un militant XR du Mans qui travaille sur un rapport d’étude sur les bus à hydrogène à rendre au maire Stéphane Le Foll.

Perception du mouvement

SOUTIENS

Le 9 octobre 2019, la maire de Paris, Anne Hidalgo, apporte son soutien au mouvement malgré le blocage de la circulation automobile au centre de Paris. L’édile déclare sur BFM TV je soutiens toutes les actions pacifiques. Sur la place du Châtelet, l’action est totalement pacifique. Par ailleurs, le théâtre du Châtelet poursuit son activité sans aucun problème, en ajoutant : Je soutiens ces actions dès lors qu’elles sont non-violentes.

CRITIQUES

Certains autres spécialistes exerçant dans le domaine du climat critiquent le mouvement Extinction Rebellion pour avoir formulé des revendications jugées irréalistes.

L’une de ses fondatrices, Gail Bradbrook, est proche des milieux d’affaires et du gouvernement de Tony Blair et est à l’origine d’un éphémère Extinction Rebellion Business.

En octobre 2019, à la suite de l’occupation d’un centre commercial parisien par quelques centaines de militants d’Extinction Rebellion, Ségolène Royal, ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique et ancienne ministre de l’Environnement, appelle à la répression rapide d’un mouvement qu’elle juge violent. Commentant également cette action, le journaliste Daniel Schneidermann pointe le désintérêt des médias français pour les actions non-violentes et pour la question de la décroissance.

Daniel Boy, directeur de recherche émérite au centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), considère dans une tribune publiée sur le site du journal Le Monde que La radicalité absolue d’Extinction Rebellion conduit le mouvement à l’impuissance en argumentant notamment sur le fait que l’extrémisme de ce mouvement ne permet pas d’ouvrir la voie à une véritable négociation politique.

EXTRAITS D’UN ARTICLE À LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ SUR LE SITE WIKIPÉDIA

SITE D’EXTINCTION RÉBELLION ICI

(lu sur le site de l’Université Populaire Pyrénées Méditerranée )

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