đŸŒ± SĂ©curitĂ© alimentaire : appel Ă  la mobilisation citoyenne & permathĂ©rapie đŸŒ±

PERMATHÉRAPIE – LA NOURRITURE NE TOMBE PAS DU CIEL !

Savoir repérer la biomasse nécessaire pour nourrir le sol

Dans notre livre « En route pour l’autonomie alimentaire – Guide Ă  l’usage des familles, villes et territoires » Ă©ditĂ© par Terre vivante, nous scandons comme un leitmotiv : l’autonomie alimentaire est l’affaire de tous, elle s’apprend et elle s’organise, et nous abordons ce sujet par plusieurs entrĂ©es.

  • La premiĂšre : cela commence par soi. C’est le premier niveau d’implication qui demande de s’engager, de passer Ă  l’acte concrĂštement. Et c’est maintenant, car depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2020, le systĂšme Ă©conomique et social se fissure et craque de toutes parts de maniĂšre bien apparente.
  • La deuxiĂšme : nous devons nous informer, apprendre et nous mettre en pratique.
  • La troisiĂšme : nous devons nous organiser. Plusieurs niveaux d’engagement s’emboĂźtent les uns dans les autres, ce qui demande la mise en collaboration et en coopĂ©ration dans une organisation harmonieuse.

Nous avons dĂ©clinĂ© plusieurs actions au nombre de 20, outre la premiĂšre qui consiste Ă  commencer par soi, et donc Ă  oser passer Ă  l’action. Ceci nous amĂšne Ă  lever nos propres barriĂšres, celles qui nous empĂȘchent de le faire. Mais Ă  partir du moment oĂč l’on dĂ©cide fermement sans aucune Ă©quivoque, Ă  prendre soin de Soi, de l’Autre et de la Terre, les choses se mettent en place aisĂ©ment comme par enchantement.

Par oĂč commencer ? Le regard intĂ©rieur

Il est intĂ©ressant dans un premier temps, d’aller « oser » voir en soi, Ă  quel stade vous en ĂȘtes de dĂ©connexion de ce que vous mangez quotidiennement et du degrĂ© de vos connaissances sur la maniĂšre dont est produite la nourriture que vous mettez trois fois par jour dans votre bouche.

Avez-vous « poussĂ© hors sol » et vivez depuis toujours dans une trĂšs grande ville ?  Allez-vous parfois, ou jamais vous promener dans la nature ? Savez-vous comment sont produits tous les aliments que vous mangez ? Vous ĂȘtes-vous dĂ©jĂ  posĂ© la question ? Vous ĂȘtes-vous complĂštement laissĂ© aller Ă  dĂ©lĂ©guer la production de ce qui vous nourrit Ă  d’autres, sans vous prĂ©occuper du pourquoi ni du comment ? Avez-vous tout de mĂȘme une vague idĂ©e, ou avez-vous remarquĂ©, qu’il existe beaucoup de spĂ©culations sur les denrĂ©es alimentaires, que tout est objet de commerce et devient marchandise au dĂ©triment des ressources, de la biodiversitĂ©, du vivant tout simplement, y compris de notre santĂ© ? Saviez-vous que les semences faisaient l’objet de brevets et que la plupart de celles qui sont commercialisĂ©es par les entreprises multinationales ne sont pas reproductibles ?

Il est ainsi un trĂšs bon stimulant pour passer Ă  l’action, que de rĂ©pondre en toute honnĂȘtetĂ© Ă  ce type de questions.

Aujourd’hui il est temps, voire urgent de se rĂ©veiller en commençant Ă  ouvrir les yeux et de s’informer.

Dans ce cadre, vous avez peut-ĂȘtre entendu dire, ou avez lu que deux « zigotos », c’est-Ă -dire François Rouillay et moi-mĂȘme, avaient rĂ©ussi Ă  produire avec des volontaires venus apprendre, 100 kilos de lĂ©gumes en 100 jours, sur du bĂ©ton, sans terre et sans argent ? MĂȘme que c’était sur un ancien terrain de tennis, dans le midi de la France. Nous ne l’avons pas fait une seule fois, mais aussi Ă  1200 m d’altitude, bon c’était en Corse, mais Ă©galement sur une terrasse exposĂ©e au nord en plein mistral  sur des dalles en bĂ©ton, mais aussi dans des cageots suspendus entre deux toits !

Ce que nous avons fait et partagĂ© d’autres peuvent le faire aussi. Ainsi, pour avancer concrĂštement sur la voie de son redressement, de sa prise de responsabilitĂ©, de son implication, vous pouvez par exemple dĂ©cider de commencer par produire un peu de lĂ©gumes chez vous, mĂȘme si vous n’avez aucune connaissance Ă  ce sujet.

Comment procéder ?

Si vous avez rĂ©pondu aux questions prĂ©cĂ©dentes en toute honnĂȘtetĂ© vis-Ă -vis de vous-mĂȘme, cela va vous conduire Ă  modifier votre regard sur les choses. C’est une prise de conscience qui va vous amener Ă  reprendre votre pouvoir d’action en matiĂšre de contribution au retour Ă  l’autonomie alimentaire autour de chez vous.

Que savoir ?

PremiĂšrement que le sol abrite une matiĂšre vivante microscopique qu’il faut nourrir, non pas avec des produits chimiques mais avec d’autres vĂ©gĂ©taux : des verts et des marrons coupĂ©s en petits morceaux.

Les matĂ©riaux verts sont ceux qui comportent des feuilles fraĂźches, de l’herbe coupĂ©e, des Ă©pluchures de lĂ©gumes, des coupes de haies vives ; les marrons sont constituĂ©s de bois morts, de feuilles mortes, de crottin et de terreau si possible. Les matiĂšres vertes contiennent de l’azote, les brunes du carbone.

Voilà, vert et marron, il suffit de regarder autour de soi s’il y a du vert et du marron !

Si vraiment il n’y a rien qui ressemble Ă  cela juste autour de chez soi, alors il faut que vous dĂ©cidiez d’aller vous promener avec ce but d’observation pour trouver de la matiĂšre vĂ©gĂ©tale de couleurs verte et marron pour crĂ©er votre premier petit potager de ville.

Rassembler les matiĂšres organiques

Vous allez rassembler les matĂ©riaux pour donner Ă  manger aux microorganismes qui eux-mĂȘmes apportent par de vastes combinaisons et opĂ©rations, tous les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires pour nourrir les plantes qui vont-elles-mĂȘmes nous alimenter.

Nous sommes tous interdĂ©pendants dans ce cycle. Si nous le dĂ©truisons
 qu’arrivera-t-il ?

La finalité : créer du sol nourricier cultivable

Si vous posez des couches en alternances de matiĂšres brunes et vertes, sur une hauteur de 40 Ă  50 cm en les arrosant bien au moment de la pose, un phĂ©nomĂšne naturel va se dĂ©rouler grĂące aux microorganismes, et comme par miracle, les diffĂ©rentes couches vont se transformer en une sorte d’humus, de sol, de terre fertile dans lequel les lĂ©gumes vont prospĂ©rer.

Ce que la forĂȘt accomplit naturellement en plusieurs annĂ©es, peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© en quelques semaines.

Pour complĂ©ter ces apports de vĂ©gĂ©taux ont aura recours aussi au carton brun, dont on aura enlevĂ© les rubans adhĂ©sifs. Le carton s’assimile Ă  la matiĂšre brune (carbone) et nourrit aussi les microorganismes. Il empĂȘche si nous sommes sur de la terre, aux herbes folles de prospĂ©rer trop largement.

 Les objections formulées

Lorsque nous expliquons comment fabriquer une lasagne pour cultiver des pommes de terre, mĂȘme sur du bĂ©ton, nous recevons plusieurs remarques. Deux d’entre elles sont rĂ©currentes :

PREMIÈRE OBJECTION : « CELA NE S’APPELLE PAS DU SOL CE QUE VOUS FAITES »

remarque formulĂ©e lorsque nous utilisons l’expression « nous fabriquons du sol nourricier en 100 jours », ce Ă  quoi je rĂ©ponds : « je m’en fiche, pour moi c’est un sol nourricier car les lĂ©gumes y poussent et en plus il sent l’humus, la forĂȘt, les champignons, il est meuble, garde l’humiditĂ©, et nous avons pu cultiver dedans pendant trois ans ». AprĂšs cette date, nous n’avons pu poursuivre du fait de notre dĂ©mĂ©nagement.

A ce sujet, François a rĂ©cupĂ©rĂ© toute la terre qui a Ă©tĂ© ainsi produite, l’a emballĂ©e dans des cartons qui sont venus s’ajouter au reste du dĂ©mĂ©nagement. Ce matĂ©riau est restĂ© enfermĂ© pendant un an et cette annĂ©e, en mars et avril nous l’avons rĂ©cupĂ©rĂ© pour servir aux semis et Ă  leur rempotage en le mĂ©langeant Ă  50%, Ă  de la terre de taupiniĂšres, le tout Ă©tant tamisĂ©. Nous y avons mĂȘme trouvĂ© des vers de terre encore en vie !

DEUXIÈME OBJECTION : « LA COLLE DU CARTON POLLUE, AINSI QUE LES ENCRES ».

Faut-il alors mettre du carton ou pas ? Le carton est une matiĂšre carbonĂ©e Ă©laborĂ©e Ă  partir de la cellulose du bois. Comme il comporte plusieurs couches, il y a usage de colle et d’encre. Certaines personnes s’offusquent de polluer avec la colle ou les encres. Ce Ă  quoi je rĂ©pondrais par expĂ©rience. Nous avons crĂ©Ă© plusieurs potagers de ville de cette nature : bacs, lasagnes, keyhole garden, wicking-bed, cagettes, ceci, sur notre terrasse et sur deux terrains de tennis avec l’usage systĂ©matique de cartons bruns auxquels nous avions enlevĂ© les rubans adhĂ©sifs. Quels constats avons-nous faits ? Le carton Ă©tait digĂ©rĂ© au bout de trois ans, il n’existait plus, les lĂ©gumes Ă©taient magnifiques et
 nous n’avons jamais Ă©tĂ© malades.

Il me semble sans ĂȘtre du tout une spĂ©cialiste, que les bactĂ©ries accomplissent un travail extraordinaire de digestion et de transformation. Regardez comment elles transforment les plastiques et les pollutions chimiques diverses, avec l’aide de certaines plantes comme les saules sur les PCB par exemple ! Alors je propose que celui qui s’interroge sur la toxicitĂ© des cartons bruns, entreprennent ses propres recherches en matiĂšre de digestion par les bactĂ©ries et partage le fruit de ses dĂ©couvertes sur la page Facebook « le labo de l’autonomie alimentaire ».

TROISIÈME OBJECTION : « VOUS DÉSTRUCTUREZ LE BOIS FORESTIER SI TOUTE LA POPULATION LE FAIT » !

Avant d’arriver Ă  massacrer une forĂȘt avec ses mains pour emplir son sac, comme le font les multinationales qui exploitent le bois en monoculture, ou qui dĂ©forestent systĂ©matiquement 
 Par contre il est trĂšs important de prĂ©lever la ressource des sous-bois pour nos petits potagers urbains trĂšs productifs, avec beaucoup de prĂ©cautions pour ne pas laisser la terre Ă  nu. PrĂ©lever Ă  plusieurs endroits et les recouvrir avec la biomasse qui se trouve autour. Ainsi, il ne doit pas y avoir de traces.

Partir à la recherche des matériaux bruns et vert pour faire un petit potager trÚs productif

Mais venons-en maintenant Ă  la façon de rĂ©colter la ressource pour faire sa propre lasagne. C’est tout un art de trouver sa ressource de biomasse lorsqu’on ne l’a jamais fait.

COMMENÇONS PAR LA MATIÈRE BRUNE.

IL Y A LES CARTONS

dĂ©posĂ©s devant les magasins le soir, oĂč dans les supermarchĂ©s, on peut trĂšs bien leur demander de nous en mettre de cĂŽtĂ©.

LE BOIS MORT OU EN DÉCOMPOSITION :

lĂ  il faut habiter prĂšs d’un bois, ou alors aller en randonnĂ©e avec l’intention d’en trouver. Le bois flottĂ© trouvĂ© sur les plages ne sera pas trĂšs utile, sauf Ă  vraiment le mouiller pendant un bon moment pour qu’il constitue une rĂ©serve d’eau. Si vous ne trouvez pas de bois mort parce que vous ĂȘtes au milieu d’hectares de vigne, ou de blĂ©, ou de betterave Ă  sucre, ou en pleine ville, sortez, bouger, allez Ă  la recherche de riviĂšres, de fleuves, d’arbres, de fossĂ©s, de dĂ©laissĂ©s, explorez, vous en trouverez.  PrĂ©levez avec prĂ©caution comme il a Ă©tĂ© dit.

FEUILLES MORTES

Lorsque vous avez trouvé des arbres, vous aurez également les feuilles mortes qui sont à leur pied, également le long des haies ou au bord de certains champs.

QUANT AU TERREAU, OU AU CROTTIN,

si cela vous est possible, il y a les clubs hippiques, des fermes sinon on peut s’en passer.

MAINTENANT PARTEZ À LA RECHERCHE DU VERT.

GĂ©nĂ©ralement il se marie avec le « chant » de la tondeuse  ou des coupe-haies. Cela vous donne  l’occasion d’aller demander au voisin qui coupe son gazon ce qu’il fait de son herbe et il sera certainement ravi de vous la donner si elle l’encombre. Pareil pour les coupes de ses haies, pas de thuyas, mais de feuilles caduques.

Vous pouvez aussi vous rendre en fin de marchés pour ramasser tous les restants de légumes ou les feuilles qui ont été jetées avant que les services des poubelles ne les ramassent.

Comme verdure vous avez aussi les roseaux, les cannes, ils poussent dans de nombreux endroits, vous avez les fossés, les bords de chemin


Prévoir des grands sacs et son outillage

Pour accomplir votre rĂ©colte munissez-vous d’un rĂąteau Ă  feuilles, d’un sĂ©cateur, d’une petite scie, et de sacs Ă  gravats de 20 litres. N’hĂ©sitez pas Ă  bien les remplir et Ă  fermer ensuite avec une ficelle.

Le changement de regard

Il suffit que votre regard change pour voir de la ressource lĂ  oĂč, Ă  la place, vous ne voyiez que des espaces neutres, des dĂ©laissĂ©s, des bordures Ă  l’abandon, des dĂ©chets Ă  brĂ»ler ou Ă  mettre Ă  la dĂ©chĂšterie.

C’est un changement fondamental qui peut s’opĂ©rer en vous :

  • 1 – Vous dĂ©cidez de contribuer sur votre territoire au retour Ă  l’autonomie alimentaire,
  • 2 – Vous partez Ă  la recherche de biomasse disponible pour crĂ©er Ă  nouveau de la biomasse comestible.

L’engagement et le rayonnement en Ă©toile

Le travail sur soi permet de lever ses barriĂšres, d’oser, d’y aller, d’avoir envie d’apprendre, de se renseigner, de passer Ă  l’action, de sortir de l’habitude, de voir autrement, de se sentir concernĂ© par la production de nourriture, par la prĂ©servation du vivant, et de fil en aiguille vous pourriez arriver à  crĂ©er ou intĂ©grer un groupe de transition alimentaire, comme nous l’expliquons dans notre livre, pour Ɠuvrer en ensemble.

Et du petit potager urbain vous pourrez peut-ĂȘtre ensuite avoir le goĂ»t et la motivation Ă  plusieurs pour crĂ©er Ă  nouveau de la biomasse, planter des arbres,  participer Ă  des pĂ©piniĂšres citoyennes. Une fois bien formĂ©s et ayant pratiquĂ©, vous pourriez pourquoi pas, transmettre aux enfants des villes, ceux qui ont « grandi hors sol », loin des arbres, entre bĂ©ton et bitume, comment le sol fonctionne, comment les lĂ©gumes poussent, comment les prĂ©parer et se rĂ©galer. C’est sans fin.

C’est tout l’art de prendre soin de Soi, de l’Autre et de la Terre.

EXTRAITS D’UN ARTICLE DE SABINE BECKER À LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ AVEC PHOTOS SUR LE SITE DE L’UNIVERSITÉ FRANCOPHONE DE L’AUTONOMIE ALIMENTAIRE

(lu sur le site de l’UniversitĂ© Populaire PyrĂ©nĂ©es MĂ©diterranĂ©e )

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