đŸ•‰ïž Effort joyeux đŸ•‰ïž

Pour Herrigel la respirationn, en méditation, implique un acte de volonté et un effort pour le maintenir.

« L’ñme acquiert une « armature interne » en se concentrant sur l’acte respiratoire en pleine conscience sans pĂ©dantisme : inspiration et expiration sont exĂ©cutĂ©es sĂ©parĂ©ment avec soin. Les rĂ©sultats ne se font pas attendre. Que le corps soit debout, assis ou couchĂ©, il suffit de veiller Ă  le tenir dĂ©tendu au maximum. ConcentrĂ© sur l’acte respiratoire, on se trouve bientĂŽt comme isolĂ© par des enveloppes impermĂ©ables. La seule chose qu’on sache encore c’est qu’on respire. La respiration se ralentit d’elle mĂȘme, rĂ©duisant de plus en plus la dĂ©pense de souffle et uniformĂ©ment Ă©galisĂ©e, elle s’éteint peu Ă  peu, ne laissant finalement Ă  l’attention aucun point d’attache. Au dĂ©but cela ne dure pas, cet Ă©tat d’impassible concentration est menacĂ© de destruction par l’intĂ©rieur, par des Ă©tats d’ñme, des sentiments, des souhaits, des soucis, des pensĂ©es. Il faut continuer Ă  respirer consciemment, regardant ces troubles avec Ă©quanimitĂ© jusqu’au moment oĂč l’on est finalement lassĂ© du spectacle. Ainsi graduellement on arrive Ă  un Ă©tat dĂ©tendu, semblable Ă  l’état dans lequel on passe avant de sombrer dans le sommeil, oĂč tout est en demi teintes. Pour Ă©viter le danger d’y sombrer dĂ©finitivement on y parvient par un effort spĂ©cial de concentration, comme une secousse que se donne l’homme qui sait que de la vigilance de tous ses sens dĂ©pend sa vie et que le sommeil tente d’envahir. RĂ©ussi une fois, ce sursaut pourra se reproduire avec certitude. »

Herrigel

Mais cela peut s’appliquer Ă  toute conscience, toute attention que l’on voudra dĂ©velopper dans notre vie. Aussi bien pour tenter de ne pas sombrer dans les mĂȘmes dĂ©fauts (colĂšre, ou aviditĂ© par exemple) que dans la mise en place d’un acte positif (comme l’Ă©coute de l’autre, le respect, par exemple). Il s’agit de cet effort joyeux dont parle le dharma, la mĂȘme intensitĂ© que l’on va  mettre Ă  randonner dans la montagne, ou descendre en spĂ©lĂ©ologie, avec parfois difficultĂ©, douleurs, mais toujours plĂ©nitude.

« Par l’effort, l’ardeur, la discipline et le contrĂŽle, que le sage fasse pour lui mĂȘme une Ăźle qu’ aucun flot ne pourra submerger. »
Dhammapada

LIEN COURT