Les dix préceptes de bien

En général lorsqu’on s’engage dans une Voie spirituelle c’est par aspiration à un bonheur durable et global dans notre vie. Notre vie, inclut le contexte de vie dans lequel nous sommes et tous les êtres vivants qui s’y trouvent. Cet investissement implique qu’on veuille se transformer pour favoriser tout cela. C’est pourquoi le plus souvent suivre une Voie va s’accompagner de prise de vœux. Dans le bouddhisme zen on parle de « prendre les préceptes ».

Ils trouvent leur origine dans le Soûtra des Dix Terres (Dashabhûmika) où on y décrit les qualités nécessaires pour accéder à la deuxième « Terre » (état d’être), nommée « Immaculée ». Pour cela il faut cultiver dix qualités spirituelles qui expriment la profondeur de notre aspiration à cheminer sur la Voie :

  1. la droiture parfaite
  2. la douceur
  3. la capacité à entreprendre
  4. le contrôle de soi
  5. la sérénité
  6. la bonté pure
  7. l’absence de confusion
  8. l’absence d’intérêt passionné
  9. l’immensité
  10. la grandeur

Comment développer ces dix qualités ? En suivant dix préceptes qui concernent le corps pour trois d’entre eux, la parole pour quatre (donc plus nombreux!) et l’esprit pour les trois derniers. Ils peuvent s’énoncer ainsi :

  1. Ne pas contrecarrer le courant de la vie.
    • On le dit souvent sous la forme « ne pas tuer », mais plus que cela, il s’agit de préserver la vie sous toutes ses formes. Bien sûr on s’éloignera de tout ce qui a rapport avec ce qui peut blesser, tuer. Mais cela veut dire aussi d’être capable d’ignorer la haine et le ressentiment qui amènent des réactions violentes ; savoir ne pas s’emporter mais au contraire être pudique discret, pour ne pas attirer les emportements ; de savoir pardonner. En fait d’être plein de bonté pour les êtres, de ne chercher qu’à les aider par bienveillance.
  1. Pratiquer la générosité sans retenue.
    • Souvent transcrit sous la forme « ne pas voler », il s’agit bien de ne rien prendre qui ne soit pas offert. On est satisfait de ce qu’on possède et nous n’avons qu’amour et tolérance pour les autres. Ces sentiments que l’on cultive, font que nous n’avons pas envie de s’approprier quoi que ce soit de la nature ou qui dépende de quelqu’un d’autre.
  1. Avoir un contentement sexuel non égocentrique, dans la simplicité.
    • On va énoncer ce précepte sous la forme « pas de méconduite sexuelle ». Mais la sexualité évolue avec les cultures, les périodes. Il est donc difficile de s’arrêter à une « norme » qui serait variable ou au contraire rigide. L’important est d’essayer de réduire ses désirs, d’être capable de garder la maîtrise des sens et d’avoir toujours une sexualité responsable et respectueuse.
  1. Communiquer avec authenticité.
    • Bien sûr il s’agit de ne pas mentir. Mais au delà de dire la vérité, il nous faut être capable d’avoir une communication véritable avec les autres personnes sans hypocrisie.
  1. Créer l’harmonie entre les personnes.
    • Il s’agit d’être loyal, et de ne pas semer la discorde. Pour cela on ne dira, ni ne répercutera pas de médisance. On ne prendra pas plaisir à contrarier qui que ce soit.
  1. Avoir des paroles respectueuses qui rendent les gens heureux.
    • Pour cela on s’exprimera avec douceur, bienveillance, avec des paroles agréables, raffinées, qui apporteront la joie et la paix. Evidemment on n’utilisera pas d’injure. Mais on se tiendra aussi à l’écart des conversations empoisonnées, des paroles grossières, qui blessent, qui suscitent la colère, des paroles trop crues, viles. Mais on évitera aussi les propos qui rendent tristes. Bien entendu sont bannies toutes paroles de colère, de haine, tout discours emporté ou destructeur ou blessant.
  1. Avoir des paroles utiles et harmonieuses
    • Le discours sera éthique, réfléchi , même dans la plaisanterie. On sera peu enclin au bavardage futile ou aux discours qui n’en finissent pas ou personne n’écoute l’autre, ne cherchant qu’à exprimer ses propres idées, pour mieux convaincre. Nos paroles seront opportunes, sensées, raisonnables.
  1. Savoir se satisfaire de ce que l’on a.
    • Il n’y a donc pas de convoitise, pas de désir pour ce que les autres peuvent avoir ou user.
  1. Être bienveillant.
    • C’est à dire avoir constamment un comportement d’amour. On change la haine en compassion. Non seulement il n’y pas de malveillance, pas de ressentiment, mais on cherche à être utile aux autres. Les êtres nous inspirent de la considération, de la joie, de la mansuétude.
  1. Développer la sagesse.
    • Il s’agit, en tant que « fils et fille de Bouddha » d’avoir une droiture d’esprit pour transformer l’ignorance en sagesse, ne pas tomber dans des croyances ou superstitions pour rester dans une éthique de vie positive et concrète.

La vie est un chemin, la Vie est Voie. On l’emprunte à chaque instant, en faisant tout notre possible, pour la respecter, en ayant ces préceptes pour guides.