Le processus de la Communication Non-Violente

La Communication non violente repose sur 2 prémisses :

  1. Tous les ĂȘtres humains ont des besoins fondamentaux semblables.
  2. Chacun est naturellement capable d’accĂ©der Ă  un Ă©tat de compassion et de montrer de la bienveillance Ă  l’égard de ses propres besoins et de ceux de ses semblables.

De ces prĂ©misses dĂ©coule le modĂšle de communication de la CNV qui peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© comme un cheminement en quatre temps :

Observation :

DĂ©crire la situation en termes d’observation partageable  (en mettant de cĂŽtĂ© nos jugements et nos Ă©valuations).

Sentiment et attitudes :

Identification et expression des sentiments et attitudes qu’éveille la situation (en les diffĂ©renciant de nos interprĂ©tations et de nos jugements).

Besoin :

Identification & clarification des besoins liés à ces sentiments (aspirations profondes, motivations, etc.).

Demande :

Formulation d’une demande en vue de satisfaire ces besoins (prĂ©sentĂ©e de façon positive, concrĂšte, prĂ©cise et rĂ©alisable). Si cela est possible, que l’action soit faisable dans l’instant prĂ©sent. Le fait que la demande soit accompagnĂ©e d’une formulation des besoins la rend nĂ©gociable.

Cependant, il ne s’agit pas d’une maniĂšre de parler qu’il faudrait suivre Ă  tout prix. Les concepts proposĂ©s sont des repĂšres, destinĂ©s Ă  faciliter l’expression de la bienveillance, et non pas des rĂšgles Ă  suivre.

Observation au sens de la CNV

Quand nous décrivons une situation, nous exprimons différentes choses :

  • des observations objectives (ce qu’on a vu, ce qu’on peut logiquement en dĂ©duire sans faire d’hypothĂšse particuliĂšre)
  • des Ă©valuations (penser en termes de bien ou de mal, qualifier la personne ou la situation etc.)
  • des interprĂ©tations (faire de conclusions qui se basent sur des prĂ©supposĂ©s)

Du point de vue de la CNV, les Ă©valuations et les interprĂ©tations peuvent ĂȘtre exprimĂ©s, mais en les distinguant des observations objectives, et en prĂ©cisant que ce ne sont que nos hypothĂšses. Cependant, il vaut mieux Ă©viter d’utiliser des Ă©valuations et des jugements, parce que si notre interlocuteur se sent jugĂ©, il aura tendance Ă  s’investir dans l’autodĂ©fense plutĂŽt que la comprĂ©hension16. Par ailleurs, les Ă©valuations rendent le monde statique, alors qu’il est en transformation constante. Comme l’explique Wendell Johnson, le langage est un instrument imparfait invitant Ă  parler de stabilitĂ© et de normalitĂ©, alors que la rĂ©alitĂ© est changeante et faite de diffĂ©rences. La CNV recommande de parler de faits concrets pour dĂ©crire les Ă©vĂ©nements plutĂŽt que d’attribuer des caractĂ©ristiques dĂ©finitives Ă  l’interlocuteur ou au monde. Par exemple, si l’on traite notre interlocuteur de fainĂ©ant, on l’enferme mentalement dans une case, alors qui si l’on parle de faits concrets, on ouvre la possibilitĂ© de formuler des demandes d’actions prĂ©cises Ă  rĂ©aliser dans le futur.

Obstacles Ă  l’expression des observations

Ne pas avoir vraiment l’intention de communiquer, mais ĂȘtre dans un rapport de compĂ©tition

Exprimer ses sentiments et ses attitudes

Il s’agit autant de sentiments que d’attitudes, par exemple avoir peur, ĂȘtre curieux, ĂȘtre surpris etc. Afin de pouvoir communiquer ce qui se passe en nous, la CNV nous invite Ă  dĂ©velopper un vocabulaire affectif pour exprimer toute la palette d’Ă©motions qui peuvent nous toucher18. Un des piĂšges habituels dans l’interprĂ©tation de nos sentiments est de faire l’amalgame entre nos Ă©motions et la perception que nous nous construisons de l’autre, de ses agissements et de ce qu’on imagine faire. Par exemple, si l’on dit Ă  quelqu’un qu’on se sent ignorĂ© par lui parce qu’il ne nous a pas dit bonjour, on ne dĂ©crit pas nos sentiments mais notre interprĂ©tation de son comportement. Nos sentiments peuvent ici ĂȘtre de la tristesse ou de la frustration.

Obstacles Ă  l’expression de sentiments et attitudes

Avoir peur de communiquer sur ce que l’on considĂšre comme intime par pudeur, par peur du regard des autres etc …

Exprimer les besoins

Quand nous ne sommes pas conscients du lien entre nos besoins et nos sentiments, nous croyons que ce sont les situations qui, seules, provoquent ce que nous ressentons et nos attitudes. Entre les actions des autres et nos sentiments, il y a nos besoins qui sont un Ă©lĂ©ment de causalitĂ© intermĂ©diaire. D’oĂč l’importance de dĂ©terminer les besoins et de les assumer. Par ailleurs, si l’on accompagne nos demandes de l’explication des raisons profondes, on permet Ă  l’autre de nous comprendre et, si jamais il ne peut accepter ce que nous demandons, il proposera plus spontanĂ©ment une alternative permettant de satisfaire Ă  la fois le porteur de la demande et lui-mĂȘme.

Obstacles Ă  l’expression des besoins

Avoir peur de dĂ©voiler nos besoins rĂ©els parce qu’on pense qu’on peut ĂȘtre ensuite manipulĂ©
Ne pas croire que l’autre puisse faire preuve de bienveillance Ă  l’Ă©gard de nos besoins

Demander les actions que l’on souhaite

La CNV nous invite Ă  traduire nos besoins gĂ©nĂ©raux en demandes concrĂštes, c’est-Ă -dire concernant des actions prĂ©cises nĂ©cessaires pour satisfaire les besoins les plus urgents, ou bien de prĂ©voir des actions possibles afin de rĂ©pondre Ă  un problĂšme qui pourrait se (re)produire dans le futur. Selon les principes de la CNV, il n’est pas nĂ©cessaire d’utiliser les exigences, la menace, les ordres ou la manipulation. De tels mĂ©thodes sont mĂȘme considĂ©rĂ©es comme entrainant des consĂ©quences nĂ©gatives, par exemple de la peur ou de la frustration, et ne suscitent pas la bienveillance chez notre interlocuteur.

Obstacles Ă  l’expression des demandes

Avoir peur du refus parce qu’on n’imagine pas la possibilitĂ© de nĂ©gocier
Croire Ă  l’avance que notre demande sera refusĂ©e

Bénéfices de la CNV

La mise en pratique de la communication non violente au quotidien suscite :

  • Une Ă©coute sincĂšre de l’autre qui s’exprime souvent avec maladresse. La CNV nous enseigne comment comprendre les intentions vĂ©ritables cachĂ©es derriĂšre les mots.
  • Le respect de soi par la prise en compte de ses sentiments, de ses besoins et le respect de l’autre par la reconnaissance des siens.
  • L’empathie par l’accueil de l’autre et de sa diffĂ©rence, et la crĂ©ation d’un lien dĂ©couvrant les qualitĂ©s profondes de chacun des interlocuteurs.
  • Une gĂ©nĂ©rositĂ© rĂ©ciproque , qui est le corollaire des trois points prĂ©cĂ©dents.
Bibliographie :  Marshall RosenbergThomas d’Ansembourg
Sources : WikipediaPasseport SantéCapiteCorpus