✊ Application YUKA ✊

Yuka est une application mobile pour iOS et Android, développée par la société Yuca SAS, qui permet de scanner les produits alimentaires et cosmétiques en vue d’obtenir des informations détaillées sur l’impact d’un produit sur la santé. L’objectif est d’aider le consommateur à choisir les produits jugés bons pour la santé et, également, d’inciter les industriels à améliorer la composition de leurs produits.

En scannant le code-barres d’un produit avec son téléphone, l’application permet d’accéder immédiatement à son analyse via un code couleur simple allant du vert au rouge. Une fiche détaillée explique ensuite l’analyse du produit. Lorsque l’impact du produit est jugé négatif, l’application recommande également des produits similaires meilleurs pour la santé.

Au début du projet, Yuka puise ses informations d’Open Food Facts, une base de données ouverte et collaborative. Mais en janvier 2018, l’équipe décide de constituer sa propre base de données propriétaire pour pouvoir mettre en place des systèmes de contrôle et de vérification des contributions, en continuant à contribuer partiellement à Open Food Facts. En janvier 2020, l’application a été téléchargée plus de 15 millions de fois et est utilisée mensuellement par 5,5 millions d’utilisateurs.

Conception

Le projet est cofondé en 2016 par François Martin, Benoît Martin et Julie Chapon, qui sont issus respectivement de l’École centrale d’électronique, l’École supérieure pour le développement économique et social et l’EDHEC Business School.  Avant la conception de l’application, Benoit Martin, qui est père de trois enfants, se pose la question de la composition des produits qu’il achète pour ses enfants. Il se met alors à essayer de lire les étiquettes, mais se rend compte qu’elles sont difficiles à comprendre. Il imagine alors un outil permettant de les déchiffrer facilement.

Lancement

Ils lancent l’application en janvier 2017 sur IOS et en juin pour Android.

En février 2018, les membres de l’équipe révèlent avoir pensé dans un premier temps à vendre l’application mais ces options auraient été écartées et quelques mois plus tard, en septembre, la société déclare être financée pour moitié par des dons et pour moitié par des adhésions à son programme payant de nutrition.

Croissance rapide

En mars 2018, l’application figure dans le top 20 de l’App Store et sur Android et engrange un total de 2 millions d’utilisateurs. L’application a été téléchargée plus de 5 millions de fois en août 201814 et intègre depuis 2018 une analyse des produits cosmétiques. Yuka emploie neuf personnes (co-fondateurs compris)17 et l’application comptait près de 9 millions d’utilisateurs en mars 2019.

L’application est disponible dans six pays européen pour un total de 12 millions d’utilisateurs . Pour assurer le développement de l’application, Yuka a levé 800 000 € par le biais de business angels et 400 000 € grâce à la banque publique d’investissement, afin de s’introduire aux États-Unis. En janvier 2020, l’application téléchargée 15 millions de fois, dont 12 millions en France, est disponible en Espagne, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, au Royaume-Uni et s’est implémentée aux États-Unis et au Canada pour impacter cette fois-ci le marché américain. L’application est utilisée mensuellement par 5,5 millions de personnes.

Pour le professeur émérite d’histoire contemporaine Jean-Claude Daumas de l’Université de Franche-Comté, le succès de l’application est expliqué par les nombreux scandales — fraude à la viande de cheval de 2013, crise de la vache folle et autres — qui ont nourri un manque de transparence, instaurant une « défiance massive à l’égard des acteurs traditionnels de la consommation ».

Fonctionnement, Principe d’utilisation

Yuka est une application gratuite qui se revendique indépendante des entreprises du secteur agroalimentaire et fiable en utilisant des bases de données ouvertes. L’utilisateur scanne le code barre de ses produits avec son smartphone ou avec sa tablette. L’application lui fournit alors des informations détaillées du contenu de l’aliment ou du produit cosmétique qu’il a entre les mains ainsi qu’une éventuelle recommandation d’un produit alternatif plus sain. L’utilisateur conserve un historique des produits scannés dans l’application et a accès à une synthèse des produits scannés par score.

Critères de notation, Produits alimentaires

La notation se présente sous la forme d’un score, qui est considéré comme excellent de 75 à 100, bon de 50 à 74, médiocre de 25 à 49 et mauvais en-dessous de 2530,31. Pour établir une note, trois critères différents sont utilisés :

  • la qualité nutritionnelle (60 % du score) est fonction de la quantité d’énergie, de graisses saturées, de sucres, de sel, de fruits et légumes, de fibres et de protéines du produit suivant la méthode de calcul du Nutri-score ;
  • la présence d’additifs à risque (30 % du score) d’après plusieurs sources comme les Additifs alimentaires de Corinne Gouget, Les additifs alimentaires de Marie-Laure André ainsi que les études de l’association UFC Que choisir et les données de l’Autorité européenne de sécurité des aliments ;
  • la dimension biologique, en fonction de la présence ou non d’un label bio (10 % du score).

Critères de notation, Produits cosmétiques

Le système de notation des cosmétiques a été introduit suite aux demandes des utilisateurs. Sur le même principe que pour les denrées alimentaires, chaque ingrédient se voit attribuer un niveau de risque en fonction de ses effets potentiels ou avérés sur la santé : perturbateur endocrinien, cancérigène, allergène ou encore irritant. Par principe de précaution, dès qu’un ingrédient est sujet à controverse, un malus lui est appliqué par Yuka.

L’application s’appuie sur de nombreuses sources pour son évaluation:

  • avis d’établissements officiels comme l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (en), le Centre international de recherche sur le cancer ou encore le Centre national de la recherche scientifique ;
  • bases de données scientifiques internationales (SIN List (en), TEDX List, Skin Deep et autres) ;
  • études scientifiques.

Modèle économique

Pour subvenir à ses besoins et établir un équilibre financier, l’application s’est vue doter de fonctionnalités supplémentaires payantes sur le modèle freemium. Il s’agit de la première source de revenus pour la société, puisque ces fonctionnalités optionnelles représentent 70 % du chiffre d’affaires. En s’y souscrivant annuellement, l’utilisateur peut scanner un produit même sans accès à Internet, chercher un produit sans le scanner, accéder à une historique illimité et ajouter des alertes personnelles. L’autre source de revenus, à hauteur de 20 %, est la vente d’un calendrier de fruits et légumes de saison vendu sur le blog. Puis finalement, la dernière source de revenus à hauteur de 10 % est la vente d’un programme de nutrition.

Base de données

Au début du projet, Yuka s’appuyait exclusivement sur Open Food Facts, une base de données ouverte et collaborative qui fonctionne sur le même modèle que Wikipédia. En janvier 2018, une base de données propriétaire est mise en place pour ajouter un système de contrôle et de vérification des contributions.

La base de données de Yuka est aujourd’hui principalement alimentée par les contributions des utilisateurs à travers l’application, même si la majorité de la base est historiquement constituée d’après les éléments d’Open Food Facts. En moyenne, l’application enregistre plus de 2 000 contributions par jour. En décembre 2019, la base de données est constituée d’entre 700 00044 à 800 000 produits. La base de données est sollicitée environ 3 millions de fois par jour pour scanner les produits alimentaires, dans 70 % cas, et cosmétiques, dans 30 % des cas36Soit une moyenne de 35 codes-barres scannés par seconde

Pression sur les industriels

Yuka met en place une pression contre tout le secteur agroalimentaire. Serge Papin, ancien président-directeur général du groupement coopératif Système U confirme la tendance en notant que même si l’application doit encore être travaillée sur plusieurs points, la distribution est replacée du côté des consommateurs. Le président-directeur général Michel-Édouard Leclerc de l’Association des Centres Distributeurs E.Leclerc affirme voir de plus en plus de clients utiliser l’application tout en indiquant que même si ce genre d’application oriente la demande des consommateurs, l’effet sur la consommation resterait minime.

En septembre 2019, Thierry Cotillard, président d’Intermarché, annonce que 900 recettes de la marque vont être modifiées pour avoir un « Nutri-Score A, B ou C et un score Yuka supérieur à 50 » : plus d’une centaine d’additifs vont être supprimés, les compositions modifiées et des produits vont devenir bio. Pour Florence Touzé, professeure associée à Audencia Nantes, 2019 est vécue comme un tremblement pour les industriels causé par une prise de conscience les forçant à s’adapter avec sincérité ou par opportunisme.

EXTRAITS D’UN ARTICLE À LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ SUR WIKIPÉDIA

(lu sur le site de l’Université Populaire Pyrénées Méditerranée )

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