✏️ Ma pomme… ✏️

Pourquoi déteste-t-on les vegans?

«Sectaires», «donneurs de leçon», «ascétiques», «ultrasensibles», «excentriques», «bobos»… Le discours anti-vegan ne manque pas de ressources. Mais d’où vient cette hostilité?

Un sarcasme latent

Les réactions négatives à l’encontre des vegans et végétariens a un nom: la végéphobie. Proche de xénophobie ou homophobie, continue de faire débat. Si les discriminations sont incomparables, le discours anti-vegan ou anti-végétarien est pourtant une réalité.

Le sarcasme latent a abouti parfois à des fins tragiques : un adolescent de 12 ans s’est suicidé le 19 janvier 2017, en Grande-Bretagne. Il souffrait de harcèlement à l’école pour être vegan: des élèves lui jetaient des morceaux de viande à la cantine.

L’éthique animale, un combat dénigré

Les vegans et végétariens sont en premier lieu motivés –après la sensibilité écologique ou le souci diététique– par leur empathie envers les animaux. Ils rejettent toutes formes de souffrance qui découlent de l’élevage. Et c’est autour de cette prise de position que se cristallise le discours végéphobe.

La santé est un argument neutre qui échappe au champ de la discussion philosophique. L’environnement est une question consensuelle maintenant. Mais l’éthique animale, étant ultra-minoritaire, on peut taper dessus. On rentre dans un domaine de la morale qui touche des cordes sensibles. Si vous fumez et je vous dis “Ah, il ne faut pas, ça donne le cancer”, je vais être agaçant, mais seulement agaçant. Si je dis “tu ne devrais pas manger des animaux, tu ne te rends pas compte, tu les tues”, là, je tape surtout sur des valeurs morales.»

Il y a des reliquats de théologie chrétienne, une dimension métaphysique de la position des « carnistes » 😉 . En affirmant que les animaux sont faits pour être mangés, en parlant d’un certain ordre du monde, il y a la question sous-jacente: ils sont faits par qui? Cela sous-entend une nature, un être supérieur, ou un dieu…

Il arrive qu’avant même d’avoir pu dire quoi que ce soit à table, les omnivores se mettent sur la défensive et se moquent de vous ou de votre “régime”. Le problème est que les gens ressentent en général que votre comportement est une condamnation implicite. Une attitude moralement bonne s’apparente souvent à un reproche moral implicite envers les autres.

La plupart des gens ont de l’empathie pour les animaux, mais en même temps, la plupart des gens consomment des animaux. Il y a donc une tension “J’aime les animaux, mais je consomme des animaux”. Pour sortir de cette dissonance cognitive, il y a plusieurs options. A/ Je change mon comportement. En arrêtant de manger les animaux, je deviens cohérent avec mes idées. B/ Je minimise les conséquences négatives de mon comportement et me persuade par exemple que non les animaux ne souffrent pas. Avec cette piqûre de rappel “ce n’est pas vital de manger de la viande”, le vegan met l’omnivore sur la défensive. La végéphobie va au contraire le conforter dans l’idée que non, c’est impossible d’être vegan. Il va surnommer le vegan de “religieux”, “sectaire”, ou de “hippie”, c’est une façon de se protéger, de contre-attaquer. Il se persuade ainsi qu’il a fait le bon choix, en se disant: “Je ne veux pas leur ressembler”.

EXTRAITS D’UN ARTICLE DE JUSTINE BOULO À LIRE DANS SON INTÉGRALITÉ SUR SLATE

 

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