☥ Le labyrinthe de Chartres ☥

Description

Le Labyrinthe de la Cathédrale de Chartes a été construit en 1200 . Avec ses 12,88 m de diamètre c’est le plus grand jamais construit dans une église. Il est parcouru d’un seul chemin qui se déroule sur 261,55 m de l’extérieur vers l’intérieur. C’est également le seul qui présente en son centre un motif (floral). A l’époque il y avait au cœur de ce motif floral une plaque de cuivre gravée représentant le combat de Thésée et du minotaure inspirée du mythique Labyrinthe de Crète construit par Dédale, plaque enlevée et fondue avec les cloches en 1793 par les révolutionnaires.1

Papyrus, Le labyrinthe, Lucien De Gieter, Dupuis, 1990

Géométrie

Le labyrinthe de Chartres ne peut être considéré comme un simple élément décoratif. L’élaboration de son dessin fait appel aux plus avancées des connaissances mathématiques de son époque. Rappelons que le Moyen Age était obsédé par la certitude que les nombres et les proportions étaient à la base de la compréhension de toute chose. Chaque découverte de rapports entre nombres ou entre formes était considérée comme une preuve supplémentaire de l’existence d’une loi universelle. Construit dans un Édifice où la géométrie relie toutes les parties entre elles et dans lequel un très petit nombre de dimension impose leur loi partout, tout fut mis en œuvre pour que le labyrinthe de Chartres puisse jouer son rôle de haut-lieu spirituel pour lequel il fut doté d’un degré de symbolisme jamais égalé dans aucun autre labyrinthe.2

Game over, No Problemo, Midam, Dupuis, 2006

Symbolisme

Quand on réalise une projection de la rose de la façade sur le pavement, cette rose consacrée à la résurrection des morts correspond exactement au labyrinthe, et le centre de la rosace où apparaît le christ en majesté se superpose alors au centre du labyrinthe.

Il a été construit dans la lignée « officielle » des labyrinthes pour sa forme circulaire à 11 anneaux concentriques, et presque toutes ses parties constituantes sont basées sur la géométrie très spécifique du cercle, symbole de l’éternité et de l’infini.

L’histoire secrète, La Ville aux mille piliers, Jean-Pierre Pécau, Igor Kordey, Delcourt, 2012

La bordure dentelée servirait alors de frontière, entre le monde du profane qui utilise le pied romain standard à l’extérieur et celui du sacré, qui a sa mesure bien à lui à l’intérieur. Ainsi toute la figure intérieure du labyrinthe s’est calculée sur le « pied du Maître », dont on n’a peu d’éléments historiques sauf sa taille qui a servi pour toutes les mesures internes, soit 294,2mm, supposant qu’il appartenait au 1er Maître-d’Œuvre qui aurait élaboré la figure, même si après, d’autres ont poursuivis le travail en cours.

Reprendre les mesures en pied et non en mètre permet aussi de retrouver des rapports de nombres et de proportions qui n’apparaissent pas avec notre unité de mesure :

Si par exemple, l’on mesure en cm la rosace centrale, rien de flagrant n’apparaît, alors que si l’on utilise le pied, l’on s’aperçoit que ce motif, dont la géométrie est loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît, incorpore des cercles, dont les diamètres reprennent les nombres symboliques et harmoniques que sont le 3, 5, 7, et le 10.3

L’histoire secrète, La Ville aux mille piliers, Jean-Pierre Pécau, Igor Kordey, Delcourt, 2012

Le labyrinthe est une représentation de la vie même. La spirale peut aussi représenter le devenir : elle implique une vision cyclique de l’histoire, « Tout revient éternellement, mais avec une dimension nouvelle, parfaite contradiction de la ligne, de la conception unilinéaire du temps. »

Le labyrinthe est aussi un archétype de la Connaissance. Son itinéraire se situe entre les Cornes du Monstre que l’initié doit affronter. Son parcours est un chemin d’épreuves correspondant à l’imagerie symbolique d’un pont à traverser.4

Mais comme pour les Hopis, le labyrinthe est pour les gitans le « ventre de la Mère ».5

cheminement

 

Idées noires, Intégrale, André Franquin, Audie, 2001

 

Depuis 1995, tous les vendredis, les chaises qui recouvrent le dallage du labyrinthe sont retirées afin de permettre au public de le voir dans son ensemble et de le parcourir.

Contrairement à beaucoup d’autres, le labyrinthe de Chartres est parcouru d’un seul chemin qui se déroule sur 261,55 m, en partant de l’extérieur vers l’intérieur, ce n’est donc pas une figure faite pour se perdre.6

Le parcours du labyrinthe va imprimer son rythme binaire, son mouvement de balancier correspondant au mouvement même de la vie : l’inspir et l’expir en sont les manifestations premières. A l’image des intestins ou à l’image du cerveau, le parcours du labyrinthe nous met en rapport direct avec nos forces vives, nous fait ressentir l’harmonie et l’équilibre du monde dans lequel on doit se fondre.7

Le parcours de ce chemin pourrait être considéré comme métaphore d’un voyage spirituel, un chemin symbolique, méditatif ou initiatique pour se retrouver, aller au centre de soi-même, au centre de Dieu…8

Dans les églises chrétiennes médiévales, il est souvent considéré que les labyrinthes ont été conçus comme des pèlerinages symboliques en Terre Sainte. On le parcourait jusqu’au centre et là, une variété d’expériences pouvait se passer. On en sortait souvent avec des sensations de paix profonde, de joie, d’amour, de sérénité, de pardon et d’inspiration.

Cette expérience était parfois utilisée comme une forme de repentance quand les pèlerins parcouraient la route du labyrinthe sur leurs genoux.9

On pourrait le comparer au chemin intérieur qui mène au célèbre « connais toi toi-même » ou l’utiliser comme un « mandala » (dessin de méditation indien ou tibétain), invitant à une méditation sur soi.

Idées noires, Intégrale, André Franquin, Audie, 2001

 

 

Druides et alchimistes ont également leur symbolique du labyrinthe dont l’objectif est de mener à la transfiguration de l’Ego (mort du Minotaure), à la mort de la bête qui est en l’homme.10

Le centre spirituel qui est l’objectif, le lieu de repos, est défini par une rosace à 6 pétales, rappelant le lotus sacré, symbole d’Illumination.11

On entre dans le labyrinthe du côté du soleil couchant, parce que ce chemin nous conduit vers l’Orient, là où le soleil se lève, et on monte en se dirigeant vers le Nord, vers le froid et l’ombre puis vers la fleur centrale : voilà notre première illusion déjà, on est si près de la fleur, et pourtant on en est le plus éloigné, on ne fait que la contourner ! Combien de fois pensons-nous toucher au but alors qu’on s’en éloigne. La fleur nous semble inaccessible.

Et quand enfin on pénètre dans le point central, au coeur de la Rose. Pour les gitans, ce centre « c’est le plexus solaire, le maître de tous les plexus, celui qui régit l’instinct à travers les sept plexus de l’homme et ces six petits cercles qui gravitent autour de ce centre parcouru, ce sont les intelligences nuisibles, qui petit à petit, en s’affrontant, vont détruire ce tout qui est l’homme tel qu’il était avant de parcourir le labyrinthe ». Nous avons failli oublier la légende de Thésée et son combat avec le Minotaure. Maintenant nous y sommes, et c’est notre dernier combat : l’animal humain doit devenir Homme, et pour cela, on doit sacrifier son « animalité » : alors c’est une mort, parce que l’Homme ne peut prendre son vrai visage que lorsqu’il s’est reconnu « âme » participant à la vie universelle, à l’harmonie du monde. « si ta marche efface les plexus de guerre, celui du soleil brillera au centre de la roue, et tu deviendras homme authentique, et seule comptera pour toi la loi naturelle » 12

tellurisme

Le Labyrinthe de Chartres est rehaussé par de puissantes énergies telluriques qui s’écoulent et convergent sous cette Cathédrale. Toutefois, rien ne peut se comparer au fait de se tenir debout sur place, au centre du Labyrinthe de Chartres en France ! L’espace du Labyrinthe de Chartres est souvent caché ou couvert par des rangées de chaises mais l’opportunité de marcher sur ce périple sacré, tel qu’il a été conçu à l’origine, est une expérience prodigieuse. Même marcher dans la Travée centrale et faire une pause pour une prière dans la Rosace centrale du Labyrinthe est une expérience d’expansion de conscience à ne pas manquer.13

Iznogoud, Le jour des fous, René Goscinny, Jean Tabary, Dargaud, 1972


 

3ibid

6op. cit.  beji-mozaike.com

7op. cit. suneva.ca

8 op. cit. beji-mozaike.com/

10 op. cit. beji-mozaike.com/

11 op. cit. chartressecrets.org

12 op. cit. suneva.ca

13 op. cit. chartressecrets.org

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