đŸŒ± Sans transition alimentaire, pas de transition Ă©cologique đŸŒ±

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Du fait de l’impact de l’agriculture sur l’environnement, la transition Ă©cologique ne se fera pas sans une transition alimentaire. Qui suppose [
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] de rĂ©inventer en profondeur nos habitudes de consommation.

Mr Mum, Irving Philips, 24novembre 1959-

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Notre systĂšme alimentaire, en dĂ©gradant progressivement l’environnement duquel il dĂ©pend, porte en lui sa propre fin. En plus d’ĂȘtre responsable d’environ 30 % des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (GES) en France, l’agriculture conventionnelle sur laquelle il repose est la premiĂšre cause de dĂ©forestation et de perte de biodiversitĂ© dans le monde. Les sols s’érodent, les ressources en eau s’amenuisent, l’épuisement des denrĂ©es marines guette.

Cubitus, Dupa, 1992, Hello BD n°128

À ce coĂ»t environnemental trĂšs lourd s’ajoutent les problĂ©matiques sanitaires et sociales : l’obĂ©sitĂ© augmente rĂ©guliĂšrement, touchant particuliĂšrement les classes populaires, et la situation de nos agriculteurs se prĂ©carise au point qu’ils sont plusieurs centaines Ă  se donner la mort chaque annĂ©e. Face Ă  ce constat, la transition alimentaire apparaĂźt comme une Ă©vidence.

Nelson, Mini cataclysme, Bertschy, Dupuis, 2013

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] Il est illusoire de penser la transition alimentaire comme un dĂ©fi purement technique. De nombreuses Ă©tudes soulignent d’ailleurs la nĂ©cessitĂ© d’une modification de nos rĂ©gimes alimentaires. Ceux-ci ne doivent plus seulement ĂȘtre vus comme une demande Ă  satisfaire, mais aussi comme un objet de politique publique qu’il est possible de remettre en question et de faire Ă©voluer.
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 Nelson, Déplorable Surprise, Bertschy, Dupuis, 2016

En 2010, la FAO [l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture] [
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] donnait la dĂ©finition suivante : « Les rĂ©gimes alimentaires durables contribuent Ă  protĂ©ger et Ă  respecter la biodiversitĂ© et les Ă©cosystĂšmes, sont culturellement acceptables, Ă©conomiquement Ă©quitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sĂ»rs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines. » Une alimentation durable se situe donc Ă  l’intersection des sphĂšres environnementale, socioĂ©conomique et culturelle.

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 Nelson, Déplorable Surprise, Bertschy, Dupuis, 2016

Pour cela, il faudra nĂ©cessairement faire Ă©voluer nos rĂ©gimes alimentaires. Selon une Ă©tude de l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation (Anses), nous consommons trop de charcuterie, trop de sel — par l’intermĂ©diaire des produits transformĂ©s notamment — et pas assez de lĂ©gumineuses. À cela s’ajoute notre consommation excessive de protĂ©ines (90 grammes par jour et par personne au lieu des 52 grammes conseillĂ©s) et de produits d’origine animale, incompatible avec nos objectifs environnementaux. Rappelons qu’une protĂ©ine de bƓuf « coĂ»te » 36 fois plus de CO2 qu’une protĂ©ine de blĂ©. Le rĂ©gime est la clĂ© de voĂ»te de la transition alimentaire, car c’est par lui que l’ensemble du systĂšme peut Ă©voluer vers un modĂšle durable. De lĂ  Ă©merge naturellement le concept de sobriĂ©tĂ© alimentaire.

 Nelson, Déplorable Surprise, Bertschy, Dupuis, 2016

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Alors, que mangerons-nous demain ? Lorsque l’on recoupe les Ă©tudes sur le sujet quelques grandes orientations se dĂ©gagent.

  • Premier constat : nous mangerons un peu moins, mais beaucoup mieux.
  • Nous devrons Ă©galement nous passer de certains aliments (une mangue importĂ©e en avion Ă©met 60 fois plus de CO2 qu’une pomme française), et

 Astérix, Astérix le gaulois, René Goscinny, Albert Uderzo, Dargaud, 1961

  • accepter de voir la composition de nos assiettes Ă©voluer au fil des saisons (une tomate hors saison, poussant dans une serre chauffĂ©e, consomme 10 fois plus d’énergie qu’une tomate de saison).
  • Les produits transformĂ©s industriels occuperont une place moins importante dans nos repas, au contraire des fruits et des lĂ©gumes bio.
  • Enfin, nous devrons rĂ©duire notre consommation de poisson et de viande de moitiĂ© au moins pour nous tourner vers les protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, notamment par le biais des lĂ©gumineuses (quinoa, pois chiche, etc.).
  • De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la consommation de tous les produits d’origine animale devra ĂȘtre rĂ©duite pour atteindre un nouvel Ă©quilibre dans lequel les vĂ©gĂ©taux nous apporteront au minimum 60 % de nos besoins en protĂ©ines — contre 40 % aujourd’hui.

 Nelson, Déplorable Surprise, Bertschy, Dupuis, 2016

D’aucuns pourraient y voir un abandon du plaisir de manger. En rĂ©alitĂ©, il s’agira de faire Ă©voluer nos goĂ»ts, de rĂ©inventer la cuisine, d’adapter nos traditions et d’en crĂ©er de nouvelles. La haute gastronomie française est dĂ©jĂ  en train d’emprunter la voie du vĂ©gĂ©tal, aussi savoureuse que stimulante, car tout reste encore Ă  dĂ©couvrir.

 Gaston Lagaffe, André Franquin, Spirou n°1407 du 1er avril 1965

Le dĂ©fi sera de permettre aux consommateurs de s’approprier ces Ă©volutions nĂ©cessaires. Les recommandations nutritionnelles devront Ă  l’avenir intĂ©grer leur impact environnemental, mais cela ne sera pas suffisant. Il faut rompre avec l’idĂ©e que l’alimentation est un choix purement individuel. D’une part, parce que ce choix entraĂźne des consĂ©quences pour l’ensemble de la sociĂ©tĂ©. D’autre part, parce qu’il s’agit d’une question complexe, sujette Ă  de nombreux dĂ©terminismes, qui soulĂšve des problĂ©matiques sanitaires et sociales sur lesquelles l’État a le devoir d’agir.

 Le tour de France de la gourmandise, Christian Godard, Pilote N°250 6-8-1964

Malheureusement, la tendance n’est pas pressĂ©e et va parfois mĂȘme Ă  rebours de l’alimentation durable (le Ceta, le traitĂ© de libre-Ă©change entre l’Union europĂ©enne et le Canada, prĂ©voit une augmentation des importations de viande bovine en provenance du Canada et le projet de loi Agriculture et Alimentation a ratĂ© le coche sur de nombreux points). Pour accĂ©lĂ©rer la transition alimentaire, il faudra une action publique plus ambitieuse.

 Nelson, Déplorable Surprise, Bertschy, Dupuis, 2016

En attendant, 72 % des Français dĂ©clarent ĂȘtre prĂȘts Ă  modifier leur rĂ©gime alimentaire pour limiter leur impact sur l’environnement (Ifop, 2017).

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 Spirou et Fantasio, QRN sur Bretzelbug, Greg, Franquin, Spirou n°1323 du 22 août 1963

LIRE L’ARTICLE INTÉGRAL, DONT SONT TIRÉS CES EXTRAITS, SUR REPORTERRE

 

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