❤️ Les Images acheiropoïètes ❤️

Une image acheiropoïète (du grec : αχειροποίητα ; latin : non hominis manu picta ; littéralement : non fait de main d’homme) est une image dont l’origine est inexpliquée, et serait, selon les croyants, miraculeuse. Il s’agit le plus souvent d’images du Christ ou de la Vierge Marie, les plus connues étant le suaire de Turin, Notre-Dame de Guadalupe et le voile de Manoppello.

Le concept d’image achéiropoïète existe dans la littérature antique : Cicéron, à propos d’une représentation de Cérès, parle d’une image non faite de main d’homme et « tombée du ciel ».

 

C’est cependant à l’époque byzantine que les images achéiropoïètes prennent de l’importance : le Mandylion, ou image d’Édesse, en est le meilleur exemple. La première mention de son existence remonte au VIe siècle. De très nombreuses copies de cette image furent effectuées et devinrent des icônes. Pour expliquer les peintures achéiropoïètes, la tradition chrétienne rapporte qu’au moment où l’artiste était paralysé à cause de l’impossibilité de représenter sensiblement les traits de son modèle, un ange serait venu à son aide et aurait tenu son pinceau.

L’histoire secrète, Opération Kadesh, Jean-Pierre Pécau, Igor Kordey, Delcourt, 2010

Des scientifiques s’attachent à expliquer la formation de ces images. La plus célèbre d’entre elles est le suaire de Turin, dont les études réellement scientifiques ont commencé à la fin du XIXe siècle. Des études portent aussi sur la Vierge de Guadalupe et de façon plus récente sur le voile de Manoppello.

Le suaire de Turin, ou linceul de Turin, est un drap de lin jauni de 4,42 mètres de long sur 1,13 mètre de large montrant l’image floue (de face et de dos) d’un homme présentant les traces de blessures compatibles avec un crucifiement. La représentation figurant certains détails de la Crucifixion de Jésus de Nazareth décrite dans les évangiles canoniques est l’objet de piété populaire et est considérée par l’Église catholique comme une icône. Certains croyants la vénèrent comme une relique insigne, le « Saint-Suaire ».

Le linceul, Les ombres de la relique, Laurent Bidot, Glénat, 2003

La première mention documentée et non contestée de ce drap provient de Lirey, en Champagne, en 1357. L’autorité ecclésiastique du lieu, c’est-à-dire l’évêque de Troyes, y interdit l’ostension de l’objet. Cet évêque a mené son enquête sur le linceul et en a conclu qu’il s’agissait d’un faux. Trente ans plus tard, son successeur en arrive à la même conclusion. En 1390, l’antipape Clément VII, qui est un parent de la propriétaire du linceul Jeanne de Vergy, publie une bulle autorisant l’ostension, mais à condition que l’on avertisse les fidèles « à haute et intelligible voix » que « ce n’est pas le vrai suaire qui a recouvert le corps de Jésus-Christ », mais seulement « une figure ou représentation de ce suaire ». Après diverses pérégrinations, la relique devient en 1452 la propriété du duc de Savoie Louis Ier et est conservée depuis 1578 dans la chapelle de Guarini de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin.

Le linceul, Les ombres de la relique, Laurent Bidot, Glénat, 2003

L’essor de la photographie amène en 1898 Secondo Pia à publier une image du linceul dont le négatif offre toutes les qualités d’un « positif », suscitant dès lors d’âpres débats sur l’authenticité du linceul et sa datation : le suaire de Turin devient l’« artéfact le plus étudié de l’histoire » pendant près d’un siècle. Les techniques modernes d’analyse relancent le sujet en 1978 avec une équipe de scientifiques du Shroud of Turin Research Project qui le 18 avril 1981 conclut à l’impossibilité d’exclure que le suaire soit celui décrit dans les évangiles.

origine médiévale du suaire

En 1988, la datation par le carbone 14 démontre sans ambiguïté l’origine médiévale du suaire (XIIIe – XIVe siècle), qui ne peut donc pas être considéré comme une relique authentique. Dès leur publication, ces résultats sont acceptés par le pape Jean-Paul II. En 1998, celui-ci qualifie le linceul de « provocation à l’intelligence » et invite les scientifiques à poursuivre leurs recherches (néanmoins l’Église catholique, propriétaire du linceul depuis 1983, ne s’est jamais prononcée officiellement sur son authenticité).

Quelques partisans de l’authenticité contestent encore la validité de l’échantillon ou la datation au carbone 14, pendant que d’autres fondent leur argumentation sur des hypothèses, notamment une supposée existence du linceul avant 1357, par exemple une illustration au sein du Codex Pray du XIIe siècle, des pièces de monnaie qui auraient été placées dans les orbites ou l’existence d’inscriptions qui figureraient sur le linceul.

Techniques de reproduction envisagées

Les causes peuvent être rangées en quatre groupes :

  1. une suite de phénomènes naturels. Cette hypothèse n’implique pas nécessairement que le suaire soit « authentique » puisque l’étoffe peut aussi avoir enveloppé une personne autre que celle de Jésus.
  2. un procédé de fabrication conçu volontairement par un être humain ;
  3. un procédé reproductible aujourd’hui mais impossible à produire durant l’Antiquité ou le Moyen Âge ; (certains scientifiques ont cependant réussi à reproduire l’empreinte négative d’un visage sur une étoffe en se servant d’un bas-relief, d’oxyde ferrique et de gélatine)
  4. les autres hypothèses.

Hypothèses fondées sur des phénomènes naturels

Les phénomènes naturels envisagés dans l’histoire sont les suivants :

  • La vaporographie : L’aloès répandu sur un corps lors de son embaumement aurait été bruni par les vapeurs ammoniacales émanant du cadavre en décomposition.
  • Le rayonnement solaire : il a été envisagé que l’image du linceul soit la conséquence des rayons solaires sur la toile enduite de myrrhe et d’aloès
  • La transpiration : Elle supposait un contact entre le linceul et la sueur d’un corps.
  • L’effet corona : L’effet corona, aussi appelé « effet couronne », est une décharge électrique entraînée par l’ionisation du milieu entourant un conducteur. Elle se produit lorsque le potentiel électrique dépasse une valeur critique mais que les conditions ne permettent pas la formation d’un arc. Cet effet est utilisé, entre autres, dans les lampes à plasma. Des expériences entreprises ont permis la formation d’une image détaillée avec une double superficialité. Cependant on ne sait quelle cause aurait pu engendrer un tel phénomène.
  • L’émission de neutrons due à un séisme par effet piézonucléaire : Un puissant séisme aurait frappé Jérusalem au moment de la mort de Jésus et les ondes dégagées par les roches broyées auraient bombardé le linceul de Jésus de neutrons qui, par réaction chimique avec des atomes d’azote présents dans les fibres de lin, auraient imprimé le corps du Christ sur le tissu. Ce bombardement neutronique aurait également bouleversé le taux de carbone 14 du linceul, faussant ainsi les résultats de l’étude de 1988. Cette hypothèse est cependant contredite par d’autres chercheurs comme Gordon Cook qui rappellent qu’« on procède à la datation d’objets de cet âge depuis des décennies et personne à ce jour n’a rencontré ce genre d’erreur », notamment les datations au carbone 14 d’objets provenant de zones fortement sismiques telles que le Japon.
  • La réaction de Maillard : elle se produit lorsque des acides aminés, en présence de sucres, et à température élevée, brunissent en créant un composé semblable à l’humus et de composition très voisine.  Le jaunissement de l’image serait dû à cette réaction chimique entre des vapeurs d’ammoniaque (issues de la décomposition du cadavre) et quelques impuretés (amidon enduit sur les fils de chaîne des métiers à tisser pour en faciliter le tissage, résidus de saponaire après rinçage) présentes superficiellement sur le lin à cause de son procédé de fabrication connu depuis l’antiquité et décrit chez Pline l’Ancien.

 

Le linceul, Les ombres de la relique, Laurent Bidot, Glénat, 2003

Hypothèses autour de l’artefact

  • La peinture fut la première hypothèse de faux envisagée. En 1978, le STURP (un groupe d’une vingtaine de scientifiques et chercheurs américains forment le STURP, le Shroud of Turin Research Project, assistés de deux Italiens, dont un conseiller scientifique du Cardinal de Turin,) exclut l’œuvre d’un peintre. L’un des membres du STURP, Walter Mac Crone, arriva à une conclusion en opposition avec le reste de l’équipe, affirmant qu’il s’agit selon lui d’une peinture constituée de pigments d’ocre rouge et de vermillon et que les « taches de sang » sont composées des mêmes substances enrobées dans un composé à base de collagène. Cependant, ces quelques traces de peintures peuvent provenir de la pratique médiévale de créer des répliques afin de développer le commerce des reliques. Des artistes sont en effet autorisés depuis le XVIe siècle à voir le suaire, à en faire une copie et à poser leurs peintures sur le linceul afin de les « sanctifier », pouvant à cette occasion transférer les pigments de peinture de leurs répliques sur le suaire.
  • Il est techniquement possible pour un artiste de réaliser une empreinte négative sur toile sans laisser apparaître de traces de pinceaux, à l’aide d’un bas-relief enduit d’un produit colorant. Un simple recouvrement du modèle par un linge humide suivi d’un tamponnement permet alors de constituer une empreinte en négatif sur le tissu.
  • La technique du transfert de poudre est un mode opératoire qui aurait pu être utilisé au Moyen Âge. Le résultat obtenu s’approche de celui du linceul.
  • La protophotographie : L’hypothèse d’une photographie négative nécessite l’usage d’une chambre noire de grande dimension avec un objectif en quartz naturel taillé en loupe ou lentille et dans laquelle il faut tendre un drap de lin imprégné de nitrate ou de sulfate d’argent sur lequel il aurait projeté l’image d’un corps ou d’une statue. L’image se fixerait par trempage du tissu dans une solution diluée d’ammoniac (l’urine dont les déchets azotés produisant de l’ammoniac au contact de l’air peut servir à cet effet), ce qui donne une couleur jaune paille.

  Le linceul, Les ombres de la relique, Laurent Bidot, Glénat, 2003

un certificat de décès

En 1978, le pharmacien Piero Ugolotti et le Père Aldo Marastoni, latiniste de l’université catholique de Milan pensent apercevoir sur le négatif de certaines photos du suaire de Turin des traces d’écriture près du visage, invisibles à l’œil nu, à la manière antique : Ugolotti y lit « Nazarenu » (Nazaréen) et Marastoni « Innece » (Conduit à la mort) ; au milieu des années 1990, deux scientifiques français, André Marion et son étudiante Anne-Laure Courage de l’École supérieure d’optique, ont continué à étudier ces écritures. Aidés de paléographes, archéologues et historiens, ils déclarent découvrir d’autres lettres grecques et latines. À la fin des années 1990, Thierry Castex, ingénieur géophysicien spécialiste en traitement du signal, obtient des images des « lettres fantômes » plus précises et pense mettre en évidence des caractères hébraïques. Barbara Frale, historienne et archéologue, chercheuse aux Archives secrètes du Vatican, prétend avoir reconstitué le certificat de décès d’un homme appelé « Yeshua ben Yoseph, Jésus, fils de Joseph » : il s’agirait d’après elle d’un certificat de décès écrit sur un papyrus et posé sur le linceul, pour que la famille puisse reconnaître le corps du supplicié au moment de sa restitution, certificat écrit dans les trois langues que l’on utilisait à Jérusalem, latin, grec et hébreu ; et elle aurait déchiffré ceci : « Dans la 16e année du règne de Tibère (soit l’an 30), Jésus de Nazareth, mort à la neuvième heure, après avoir été condamné à mort par un tribunal romain et après avoir été reconnu coupable par les autorités juives, a été enterré avec l’obligation de rendre son corps à sa famille après une année. ».

La science peut cependant expliquer ces « inscriptions fantômes » par le phénomène neuro-cognitif de paréidolie, sorte d’illusion d’optique qui consiste pour le cerveau humain à être programmé pour croire reconnaître des formes claires et identifiables dans un stimulus visuel pourtant informe et ambigu.

Le templier de Notre-Dame, L’envoûtement, Christian Piscaglia, Willy Harold Vassaux, Dargaud, 1986

Les Templiers

En 1978, l’auteur New Âge Ian Wilson estime que l’idole vénérée par les Templiers, le Baphomet, est en fait le futur suaire de Turin. En 2009, l’historienne Barbara Frale soutient cette hypothèse dans un livre consacré spécifiquement aux relations entre le suaire et les Templiers. Elle pense que le caractère secret de cette image est la raison de sa disparition des archives durant un siècle et demi. Frale met notamment en avant le témoignage d’un Templier, Arnaut Sabbatier, qui raconte qu’il a vu et adoré l’image entière du corps d’un homme.

 

 

LIRE L’ARTICLE INTÉGRAL, DONT SONT TIRÉS QUELQUES UNS DES CRITÈRES CITÉS, SUR WIKIPÉDIA ET AUSSI SUR CETTE AUTRE PAGE

 

 

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