⛬ Raté ! ⛬

 

Quand on pense méditation, ce qui vient à l’esprit c’est le calme et le silence. Dans notre civilisation, cela peut paraître incongru de rechercher le silence.

Le silence et le mutisme sont de significations très différentes. Le silence est un prélude d’ouverture à la révélation, le mutisme est la fermeture à la révélation, soit par refus de la recevoir ou de la transmettre, soit par punition de l’avoir brouillée dans le tapage des gestes et des passions.

Nous sommes si familiers avec le bruit des mots… Mais quel est le silence de celui qui n’entend pas, le silence du sourd-muet ? Il se sent au début comme privé du pouvoir de communiquer, parce que privé de parole et que l’accès à la parole est le mode le plus partagé de la communication. Il y a bien de la différence entre le silence et l’absence de bruit.

Le silence par absence de bruit, axe de notre civilisation, nous gêne. Il semblerait que ce qui ne fait pas de bruit n’ait pas d’importance. L’absence de bruit peut être nécessaire pour réfléchir, mais nous sommes souvent à faire l’inverse. L’expérience du bruit engage toujours avec elle l’expérience d’un « autre », alors que dans le silence… Serions-nous seuls ?

La solitude voulue de la retraite monastique permet, grâce au silence, de se ressourcer.

Nous vivons dans un monde où la verbalisation est la règle et le silence l’exception. Nous vivons au milieu d’un torrent de mots ; si bien que la valeur du silence nous échappe le plus souvent. Et pourtant, il est difficile de séparer le silence et la parole, le silence et l’intention de signification. Sans un espace entre les mots, les mots eux-mêmes seraient-ils compréhensibles ?

Apparemment, celui qui se tait ne parle pas et celui qui parle ne se tait pas. Mais, fondamentalement, le silence comme la parole impliquent une réalité plus profonde et mystérieuse et ils ne peuvent pas se définir incompatibles, parce que l’un éclaire et donne sens à l’autre. Quelquefois, notre silence se révèle constructif, efficace et loquace plus que mille paroles. « Le mot que tu retiens entre tes lèvres est ton esclave. Celui que tu prononces est ton maître. » (Proverbe arabe)

Un silence peut être une réponse, à interpréter, mais il est toujours l’expression de quelque chose que l’on veut dire, communiquer à l’autre. En gardant le silence, quelquefois, on évite de dire ce qu’il vaut mieux omettre. La Parole n’est pas le bavardage.

La descente en soi doit nous amener vers l’humain, le vrai, celui qui est présent dans le cœur. Pythagore disait « Connaitre, c’est ou bien monter au ciel et voir, ou bien plonger en soi-même pour recevoir le ciel et se souvenir ».

Le silence nous laisse seuls, seuls avec notre citadelle, ouverte à tous les vents. Le temps prend alors toute sa dimension. Dans le silence, je vais explorer tous les murs, les recoins et mettre à jour l’essentiel. Ces allers-retours entre les profondeurs de l’âme et les hauteurs des brefs instants de Lumière m’amèneront, comme le caillou jeté dans la rivière, à passer les eaux boueuses et à me poser sur le fond clair, là où les pépites brillent. La pierre philosophale est là, au fond de nous. Elle n’attend que nous. Ce dépouillement des métaux, cette recherche de la vérité doivent s’accompagner d’une montée vers un chemin spirituel.

Celui qui veut comprendre le monde doit passer par l’univers du silence pour méditer objectivement, parvenir à l’entendement des choses secrètes et faire s’exprimer la simplicité naturelle et la virginité du cœur.

Ce mouvement en soi va donner un sens tout particulier à son inscription dans l’axe de la perpendiculaire. Je vais descendre en moi pour tenter de me voir tel que je suis, sans les masques utilisés pour parer au jugement d’autrui. Ce face à face n’est pas facile. Cette lucidité, cette analyse objective ne viennent pas toutes seules. Il faut lâcher prise. Ce désir de vérité, cette pratique de l’authenticité vis-à-vis de soi peuvent pourtant me rendre semblable au cristal le plus fin, le plus pur : alors, pourquoi hésiter ?

Le silence permet aussi l’apprentissage de l’humilité. Plus de prise de paroles à tort et à travers. Plus de prise à partie des autres. La seule chose à faire est de se taire.

Dans la tradition judéo-chrétienne, le silence trouve sa signification dans la contemplation. Le moine recherche dans le silence le silence de Dieu. Le bouddhisme, lui, ne se réfère pas à une religion, mais à une expérience vécue. Le Bouddha lui-même a dit :

« Ne faites pas ceci ou cela parce que je l’ai dit moi-même, mais faites-en l’expérience vous-mêmes, vérifiez-le par votre pratique ».

Au cours de l’expérience bouddhiste, nous faisons l’expérience du silence dans son interprétation la plus profonde, le silence sans formes, ni schémas conceptuels.

La transmission apparaît davantage dans le silence, comme une transmission de cœur à cœur, une méditation dans l’harmonie et non une transmission de formules ou de savoirs.

Dans le silence, tout « prend sa place ». Les futilités du quotidien s’estompent et les valeurs qui comptent à mes yeux ressurgissent..

LIRE L’ARTICLE INTÉGRAL, DONT SONT TIRÉS CES EXTRAITS, SUR HABITUDES ZEN


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