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Simplement Être

La pire des privations n’est pas dans ce qui manque mais dans l’ignorance de ce qu’on a déjà. La pire des solitudes n’est pas d’être seul mais c’est être mal avec soi-même et dans l’ignorance de qui on est.

Bien sur on peut recevoir, mais Être est avant tout Donner, à soi, à autrui. Donner, c’est faire un cadeau plus ajusté à l’autre que plaisant à soi, et qui ne soit pas motivé par une attente de retour comme dans un troc. Pour effectuer de vrais dons, il faut Être. On ne peut pas pleinement offrir dans la superficialité, si on n’est pas là, plein, vrai, centré, vulnérable, spontané, authentique, vibrant, incarné. Offrir au moins Soi.

Quoiqu’on fasse ou qu’on dise, on ne transmet que ce qu’on est.

Simplement Être, c’est aimer soi-même d’abord et accepter tel qu’on est. Sinon ce n’est qu’un conflit qu’on offre subrepticement dans la relation. C’est nouer une amitié inconditionnelle avec soi-même et non pas vouloir plaire à tout prix en dépendant du regard d’autrui.

C’est donc reconnaître et admettre son rythme personnel sans se comparer, ses propres failles, lacunes, faiblesses, insuffisances, difficultés et démons personnels comme étant présents ici et maintenant, faisant partie de l’humain… Cela aide beaucoup à les tolérer chez les Autres.

Seul le mental attribue une connotation négative à tout cela mais absolument rien n’est négatif en l’Homme. Nos tendances et potentiels sont souvent simplement mal orientés, démesurés ou détournés et c’est pour cela qu’ils nuisent.

Il n’y a rien à condamner en soi, seulement à dépasser, à réorienter ou à transcender. Cessons les comparaisons. Aucun de nous n’est mieux ou plus mal que l’autre, seulement différent. Nous avons chacun des défauts distincts, nous cherchons tous à bien faire, parfois à sortir la tête de l’eau.

Être, c’est reconnaître qu’on arrive de son enfance et c’est accepter qu’aujourd’hui on en est là, récoltant les conséquences des actions passées, tout en sachant qu’on a toujours tenté de faire pour le mieux avec les moyens dont on disposait. Tous nos défauts apparents, toutes nos épreuves sont là pour nous permettre d’être plus solides et de croitre. Cessons de juger et blâmer. Acceptons et dédramatisons. Lâchons prise des attachements sur nos concepts.

Simplement Être, c’est s’ancrer sur ses valeurs et donc respecter soi et l’environnement dans lequel nous vivons. Afin que les conséquences de nos actes ne nous retombent pas dessus, c’est éviter de dire ou faire le mal, c’est-à-dire ce qui est nuisible pour soi et autrui.

Simplement Être, c’est ralentir considérablement, cesser de réfléchir et de s’agiter. C’est arrêter de penser machinalement, penser, penser, panser…

Laissons tomber la confiance en soi, l’estime de soi, la sécurité, etc. car ce ne sont que des concepts intellectualisés. Faisons plutôt ce que nous avons à faire dans une ferme résolution tout en prenant soin de nous et des autres.

Cesser l’impatience et l’anxiété, le bouillonnement intérieur, se centrer, se poser. Respirer tranquillement et, en toute détente, observer calmement. Être, c’est cesser de tirer sur la fleur pour la faire pousser plus vite.

Un sage ne sait rien de soi puisqu’il se transforme et apprend chaque minute.

Simplement Être, c’est marquer des pauses et des stops. Nous sommes embarqués dans l’activisme et les activités successives comme dans des baïnes. L’activisme consiste à se livrer à tout un tas de choses futiles ou déplacées afin d’éviter de se livrer à l’occupation préoccupante (dire ou faire des choses difficiles, se lancer dans les tâches administratives, préparer sa déclaration fiscale…).
Nous fuyons le silence et le vide et nous nous protégeons sans cesse nous-mêmes par des bruits de fond et distractions activistes : pensées, émotions perturbatrices, discutions futiles, radio, télévision, faire le ménage, fumer, manger, boire, s’affairer ou tomber dans toute addiction.

Cessons de fuir et de remplir le vide en soi. Passer du vide stérile et morbide d’où émergent les bêtes et l’angoisse car tout manque, au vide fertile dans lequel ont cessé le futile et les bruits, où ne remonte que l’essentiel de la vie, la présence, les signes, les sensations, le bien être et la conscience.

Simplement Être, c’est une attitude de patience et d’écoute, de vigilance, d’attention et de concentration sur la conscience et le ressenti de l’instant présent. C’est déplier la vie d’instant en instant sans se projeter dans le passé ou sur l’avenir. Être simplement là, tranquillement.

Simplement Être, c’est tenir compte des autres. On ne peut pas être seul. Nous vivons incontournablement dans un environnement : une famille, une entreprise, une résidence, une association, une prison, une prise en charge psychologique ou un asile d’aliénés. Être, c’est avoir expérimenté l’interdépendance (spiritualités et physique quantique) et avoir compris qu’on est totalement indissociables des autres, qu’on est toujours un ensemble inséparable soi/environnement (Gestalt-Thérapie), qu’on est les autres (Henri Laborit). Donc, à moins d’être un moine reclus – et encore –, un adolescent ou un fou, on ne peut pas être-tout-seul, en encore moins travailler sur soi seul.

Simplement Être, c’est accepter simplement ce qu’on est sans se battre, parfois accepter le malaise. Même si c’est le but recherché, être tout le temps bien, apaisé et maître de soi est impossible dans la vie quotidienne.

Il n’y a jamais à se battre, c’est partir en guerre. Cela ne veut pas dire qu’il faille être amorphe ou soumis. On peut vouloir défendre ses points de vue dans le respect d’autrui, poser des objectifs, effectuer des demandes claires et fermes, se donner des missions… Mais tout départ en croisade est préjudiciable pour soi et autrui. En général, cela représente une énergie stérile considérable, cela ferme et fige autrui, cela bloque la communication et fait croître la violence.

Simplement Être, c’est être résolu, affirmé, confiant en la Vie dont le but ultime, lorsqu’on ne la contrarie pas, est simplement de nous servir.
Rompons nos attachements. Une souffrance ou une tension qui apparaît révèle toujours un attachement. Lâcher prise. Cesser de tout vouloir maîtriser, perfectionner, contrôler, posséder. Le Sage seul sait qu’on ne maîtrise rien.

Simplement Être, c’est aimer ce qu’on est, aimer les autres, aimer le milieu dans lequel on vit, aimer la nature et le naturel, la recherche intérieure et la simplicité. Sont concernés ceux qui font tout pour évoluer, pour confronter, pour s’aider soi-même avant d’aider les autres, pour partager, pour s’amuser et pour aimer…

En fait, simplement Être, c’est Aimer.

Extraits d’un texte de Eric Barbant. Lire le texte intégral sur Psycho-Textes


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