⛬ Amour ? Un possible ! ⛬

Tous les êtres vivants sont mus par les même motivation : atteindre le bonheur, éviter la souffrance. Et pourtant la peur va faire agir certains à l’encontre de leurs intérêts et de ceux des autres. Tout acte violent est un échec à condamner. On peut cependant ne jamais perdre de vue ces besoins vitaux qu’il y a derrière chaque acte pour permettre une réparation sociale et individuelle malgré la violence.

Matthieu Ricard propose une méditation, inspirée d’une pratique traditionnelle, pour développer l’amour altruiste1

Nous avons tous fait, à des degrés divers, l’expérience d’un profond amour altruiste, d’une grande bienveillance, d’une compassion intense pour ceux qui souffrent. Certains êtres sont naturellement plus altruistes que d’autres, parfois jusqu’à l’héroïsme. D’autres sont plus repliés sur eux-mêmes et ont du mal à considérer le bien d’autrui comme un but essentiel, et encore davantage à le faire passer avant leur intérêt personnel.

Même si des pensées altruistes surgissent dans notre esprit, elles sont assez vite remplacées par d’autres, moins nobles, comme la colère ou la jalousie. C’est pourquoi, si nous souhaitons que l’altruisme prédomine en nous, il importe que nous passions du temps à le cultiver car un simple souhait ne suffit pas.

Méditer, c’est se familiariser avec une nouvelle manière d’être. Il faut tout d’abord prendre conscience qu’au plus profond de soi on redoute la souffrance et on aspire au bonheur. Une fois reconnue cette aspiration, il faut ensuite prendre conscience du fait que tous les êtres la partagent.

Comment cultiver l’amour altruiste ?
Imaginons un jeune enfant qui s’approche de nous et nous regarde joyeux, confiant et plein d’innocence. Nous le contemplant avec tendresse et le prenons dans nos bras, tandis que nous ressentons un amour et une bienveillance inconditionnels. Laissons-nous imprégner entièrement par cet amour qui ne veut rien d’autre que le bien de cet enfant. Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée. Nous pouvons aussi choisir n’importe quelle autre personne envers qui nous éprouvons une grande tendresse et une profonde reconnaissance.
Souhaitons de tout cœur que cette personne trouve le bonheur et les causes du bonheur, puis étendons cette pensée à tous ceux qui nous sont proches, puis à ceux que nous connaissons moins, puis progressivement à tous les êtres.

Enfin, souhaitons-le à nos ennemis personnels et aux ennemis de toute l’humanité. Dans ce dernier cas, cela ne signifie pas que nous souhaitons qu’ils réussissent dans leurs projets funestes. Nous formons simplement le vœu qu’ils abandonnent leur haine, leur avidité, leur cruauté ou leur indifférence, et que la bienveillance et le souci du bonheur d’autrui voient le jour dans leur esprit. Plus la maladie est grave, plus le malade a besoin de soins, d’attention et de bienveillance. Embrassons ainsi la totalité des êtres dans un sentiment d’amour illimité.



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