✊ La butte rouge à Chatenay-Malabry ✊

Non au démembrement de la cité-jardin de la butte rouge à Chatenay-Malabry

Les habitants constitués en Collectif en appellent aux architectes, urbanistes, professionnels de l’habitat, et militants écologistes, pour les aider à s’opposer à un projet de transformation qui se soldera par la disparition d’un « grand ensemble » témoin d’une conception humaniste exceptionnelle dans l’histoire de l’habitat populaire en région parisienne.

La cité-jardin de la Butte Rouge à Châtenay-Malabry, qui compte quelques 3 800 logements répartis dans un écrin de verdure de plus de 70 hectares, est menacée de disparition.

Modèle historique d’urbanisme social humaniste, cet ensemble d’habitations a été conçu pour les classes populaires sous l’impulsion d’Henri Sellier, administrateur-délégué de l’Office des Habitations à Bon Marché, puis membre du gouvernement du Front Populaire.
Inspirée du mouvement des « cités jardins », et imaginée par les architectes Joseph Bassompierre, Paul de Rutte, Paul Sirvin, André Arfvison et le paysagiste André Riousse, sa construction s’est échelonnée en 7 tranches entre 1931 et 1965.

Citée en référence dans les écoles d’urbanisme et d’architecture, et visitée à ce titre par des étudiants du monde entier, la Cité Jardin de la Butte Rouge, est un modèle exemplaire d’urbanisme populaire. Inscrite à l’inventaire général du patrimoine culturel du XXième siècle, la Cité-Jardin de la Butte-Rouge ne bénéficie cependant d’aucune protection.

« Grand ensemble » de faible densité, composé de bâtiments de petite dimension, de jardins ouvriers, de places, d’espaces verts et de services publics, la « cité-jardin de la Butte Rouge » permet aujourd’hui à plus de 9 000 habitants à revenus modestes de vivre dans un cadre de vie dont la composition urbanistique et paysagère aurait pu être qualifiée – avant l’heure – de véritable “éco-quartier”.

Les cités jardins sont le témoignage vivant d’une conception de l’habitat social à ce jour indépassée, qu’il s’agit de faire évoluer, et non pas de détruire, réduire ou muséifier.

La municipalité de Chatenay-Malabry et l’OPHLM Haut de Seine Habitat argumentent d’une absence de mixité pour détruire un tiers de la cité afin d’y construire des logements en accession à la propriété, et réhabiliter un autre tiers en rehaussant le bâti et en augmentant les loyers du simple au double. Le dernier tiers, objet d’une réhabilitation intérieure, serait maintenu dans la catégorie de logements sociaux qui est celle de toute la cité aujourd’hui.

La consultation d’un échantillon de 300 personnes par une société de conseil, et la nomination par le Préfet d’un « Conseil Citoyen », sert d’alibi à la municipalité. Elle ne peut cependant valoir sérieusement de concertation pour les 9 000 habitants dont le projet viendra bouleverser les vies.
Avec un revenu médian autour de 13 000 euros par an, la population qui habite actuellement la cité – depuis parfois des décennies – aura en effet du mal à trouver sa place dans ce nouveau projet.

La population de la Butte-rouge est pourtant socialement bien plus mixte que celle des logements de standing qui poussent partout ailleurs à Châtenay-Malabry, sauf à prendre pour unique critère de mixité sociale les aspirations à la propriété des catégories socio-professionnelles dites moyennes, ou les loyers privés auxquels les habitants de la Butte Rouge ne peuvent prétendre.

Plus de 20 ans après le dernier chantier de travaux mené de manière erratique (1984 / 1994), la Cité-Jardin de la Butte Rouge a en effet vieilli, et a besoin d’une réhabilitation de son bâti.

Nous souhaitons que cette réhabilitation soit douce et exemplaire, sans démolitions, et qu’elle ait lieu en préservant l’architecture extérieure, l’ensemble des espaces verts, sans hausses de loyer, en concertation avec les habitants actuels et dans le respect de leurs souhaits et intérêts.
Les habitants constitués en Collectif en appellent aux architectes, urbanistes, paysagistes et militants écologistes, pour les aider à s’opposer à un projet de transformation qui se soldera par la disparition d’un « grand ensemble » témoin d’une conception humaniste exceptionnelle dans l’histoire de l’habitat populaire en région parisienne.
Au-delà, le projet de réhabilitation / destruction / démembrement de la cité jardin de la Butte Rouge de Châtenay-Malabry soulève des questions éthiques, politiques et sociales auxquelles nous vous invitons à réfléchir.

Nous pensons pour notre part, qu’il est nécessaire de préserver au sein de nos villes des espaces qui permettent aux catégories sociales les moins aisées de bénéficier d’un cadre de vie qui favorise un épanouissement social qui ne saurait être réservé aux catégories sociales moyennes et supérieures.

Nous pensons que la précarité socio-professionnelle des catégories les plus populaires ne doit pas s’accompagner d’une précarisation de leurs conditions de logement, ni de leur bannissement du «Grand Paris » .

C’est pourquoi nous vous invitons à signer cet appel et à le relayer dans vos réseaux par les moyens dont vous disposez (tribunes et publications dans des revues spécialisées, écoles … .

Nous sommes à votre disposition pour vous faire visiter le site et partager avec vous vos réflexions et propositions.

citebutterouge@gmail.com – http://costif.parla.fr


Le 26 mai 2012, l’ensemble des personnes présentes (membres d’associations et de collectifs d’associations) réunies à Palaiseau  (Essonne) a décidé de créer une coordination dénommée «Coordination pour la Solidarité des Territoires d’Ile de France et contre le  Grand Paris » (COSTIF).

Cette coordination a pour but de rassembler les mobilisations collectives contre ce projet pharaonique et de renforcer leur visibilité, afin de promouvoir un développement équitable et solidaire dans toute l’Ile de France.

La coordination dénonce :

  • Le projet de Paris ville monde, la priorité donnée à la concurrence mondiale,
  • Les projets démesurés et dispendieux ne répondant pas aux besoins des habitants, financés par le gaspillage et la destruction irréversible de ressources rares,
  • Les déplacements d’emplois dans les pôles d’hypercompétitivité créant  d’inutiles et coûteux  besoins de transports ainsi que des villes dissociées au détriment de leurs habitants,
  • L’hypertrophie de l’Ile de France préjudiciable aux autres régions, qui se voient vidées de leurs populations actives, les plus jeunes et les plus qualifiées,
  • La spéculation foncière et la « gentrification » de Paris et de la petite couronne, la relégation des populations modestes habitant toujours plus loin et se déplaçant toujours davantage, et l’instrumentalisation de la grande couronne comme espace pour les entrepôts et les décharges dont Paris et la petite couronne ont besoin,
  • La dégradation des conditions de la recherche résultant des décisions autoritaires des plans campus et de la loi Grand Paris, masquée par les opérations de prestige (campus Paris-Saclay),
  • L’utilisation de concepts pseudo écologiques cherchant à masquer des projets très destructeurs pour l’environnement : port d’Achères, villages « nature » de Disney,  « carré vert » et Europa city sur le Triangle de Gonesse, Vélodrome à St Quentin en Yvelines,
  • La justification donnée par le « Grand Paris » à la construction de nouvelles autoroutes, au lieu d’orienter les budgets exclusivement vers l’amélioration du réseau de transports collectifs,
  • L’absence de véritable débat public dans des conditions démocratiques et la négation des pouvoirs des communes, intercommunalités et de la région.

La coordination demande :

  1. L’abrogation  des prérogatives abusives de l’État décidées dans la loi Grand Paris : dissolution de la Société du Grand Paris, dissolution de l’Etablissement public Paris Saclay, abandon du schéma directeur territorial du Plateau de Saclay,
  2. Le rétablissement de la Région dans ses prérogatives en matière d’aménagement du territoire et notamment de transports avec le rétablissement des compétences du Syndicat des Transports d’Ile de France (STIF), et l’abandon de « Paris métropole » qui vise essentiellement à créer une « petite région » riche au détriment de la grande couronne en reprenant les principes de concentration de la loi Grand Paris,
  3. La relocalisation des emplois dans leurs bassins de vie en développant un polycentrisme (à l’opposé du principe des clusters) : arrêt du développement de la Défense, arrêt du campus  Paris-Saclay, suppression des projets de lignes de transports dans les zones non urbanisées,
  4. Une politique de régionalisation et de répartition de l’emploi au bénéfice de toutes les régions assurant à celles-ci le maintien de leur population active, évitant de « siphonner » les jeunes actifs vers l’Ile de France,
  5. L’amélioration en priorité des transports existants et la création de transports de proximité à partir d’une analyse des besoins par bassin de vie,
  6. La construction de logements adaptés aux besoins des territoires, exclusivement pour résoudre le mal logement actuel et non pour faire grossir une agglomération déjà parmi les plus denses du monde,
  7. La préservation des terres agricoles et du patrimoine naturel (forêts, rigoles etc) : protection totale du triangle de Gonesse, du Plateau de Saclay, de la plaine de Montjean, des terres sacrifiées par le projet « Disney » de villages nature en Seine et Marne, et plus généralement l’arrêt de l’artificialisation des terres,
  8. Le soutien à l’agriculture de proximité et aux circuits courts, à la promotion des cultures bio, aux cultures vivrières, le développement des jardins familiaux y compris en ville,
  9. Des moyens véritables pour une recherche fondamentale et appliquée indépendante, dans l’ensemble des régions françaises, et sur le Plateau de Saclay le développement de liens cohérents entre recherche appliquée et territoire d’implantation,
  10. Un réel accès aux informations pour tout projet d’opération d’aménagement du territoire dès son début et la prise en compte véritable des avis des citoyens à toutes les phases, en apportant des moyens aux associations et aux collectifs pour leur permettre d’élaborer une véritable contre expertise.

 

Nous voulons des  territoires vivants, de nouveaux liens ville-campagne, la coopération entre les territoires, une décentralisation des pouvoirs fondée sur l’implication directe des habitants.

 

Les premiers signataires sont des habitants membres d’associations et collectifs du triangle de Gonesse, du Plateau de Saclay, de Paris, Bagnolet, Montreuil, La Défense, du Val de Marne.

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