🗯️ Broussaille 🗯️

Je viens de finir de relire le second tome de Broussaille de Franck Pé1. Je dis « relire » car si j’ai déjà lu les aventures de Broussailles, dans le journal Spirou, il y a longtemps en prépublication, ou en album depuis, c’est toujours un grand plaisir tendre de se plonger dans ses aventures et c’est avec joie que j’ai accueilli cette intégrale Dupuis. Comme toutes les intégrales Dupuis la partie documentation est très bien faite.

 

 

 

Créé par Frank Pé en 1978 pour le Journal de Spirou (numéro 2108), Broussaille partage ses connaissances de la nature avec les lecteurs.

[…]

Dès le premier album, Broussaille fait la rencontre de Catherine, une jeune fille sympathique et intelligente qui vit chez sa mère, hypocondriaque et surprotectrice. Ils ne se quitteront plus […] . Il possède un chat, qui sera d’ailleurs le héros malgré lui de l’album « La nuit du chat ».

 

[… Grâce au scénariste] Bom, [et son] intérêt pour l’ésotérisme et le surnaturel porteront notre ami aux frontières de la raison, aux limites du possible.2

 

Franck Pé est un dessinateur de BD à part, car s’il a su tirer la substantifique moelle de ce moyen d’expression pour ses histoires, son art le dépasse largement.

[…] Frank Pé […] en plus de 30 ans de carrière, […] n’a publié que très peu d’albums et une distance de plus en plus marquée semble s’être installée avec le monde de la bande dessinée, tout accaparé qu’il est par des projets annexes, dont son Atelier Zoo et ses collaborations au cinéma (d’Excalibur à Quartier Lointain, jusqu’au design de Marsupilami).

[…] Broussaille […a une] sensibilité particulière, un amour de la nature et un goût prononcé pour la contemplation.3

 

 

 

 

Mon album préféré reste sûrement les Sculpteurs de Lumière :

Broussaille, en visite dans sa famille, découvre un lac mystérieux situé non loin de la maison de son oncle. Ce dernier a trouvé une inscription inscrite sur le bord d’un vieux puits : « Aux tréfonds silence », dont l’anagramme approximatif pourrait être « Considère l’enfant ». Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il comprendra la signification de cet indice, ce qui fera de lui l’initié à qui sera délivré un message provenant du passé.

 

[…]

Le carré symbolise la terre, le rationnel, le matériel. Le cercle représente quant à lui le ciel, la spiritualité la perfection de l’unité et la pérennité du mouvement circulaire. L’octogone est l’étape de transition, le monde intermédiaire. Les trois figures géométriques symbolisent le passage du matériel créé à l’invisible céleste, autrement dit la nécessité pour l’homme de quitter le stade primaire, de s’instruire et de s’élever pour atteindre un niveau de conscience supérieur. Pour y arriver, il faut pouvoir regarder les choses sous un jour nouveau, comme le ferait un enfant, sans perdre cette faculté de poser des questions.4

 

Mais deux autres album ont aussi toute mon admiration :

[…Dans la] nuit du Chat, […] l’errance nocturne de Broussaille à la recherche de son chat lui fait réaliser que parfois, il faut dire « je veux » au lieu de « je voudrais ». Récit initiatique à la lisière du fantastique, hanté par un étrange vieillard qui a transformé sa maison en Egypte miniature

 

 

 

[…] Avec un Faune sur l’épaule […] Frank Pé, livre sa vision du monde. Il parle aux arbres, aux animaux, s’emporte sur la société de consommation… La liberté de ton est totale et désarçonnante. Pour lui, l’écologie représente un rapport intime à la nature. Ce rapport est même d’ordre spirituel et personnifié par l’archétype du Faune. Dans ce livre, il ose parler d’ésotérisme et de mysticisme. Cela demande un réel courage de sa part, puisqu’il s’expose directement aux critiques […].

 

 

Dans un passage, Broussaille lit un extrait d’un livre du philosophe Jean Biès. Cherchant quelques information sur cet auteur, j’ai trouvé un passage qui traduit particulièrement bien ce que Frank Pé tente de transmettre avec le Faune:

La Nature se révèle à nous non plus comme une somme quantitative de productions matérielles exploitables, mais comme une «théophanie», ou manifestation divine, un miroir réfléchissant ici-bas le monde des archétypes, tel qu’il est possible de les reconnaître, par exemple, dans le désert ou la forêt.5

 

 

Franck Pé, sur son site, parle de la la philosophie des Francs-Maçons, dont une définition pourrait être, comme on peut le lire sur le site web des Franc-Maçons belges :

Un Franc-maçon est un homme ou une femme qui mériterait cette définition :

    • Les pieds sur terre

    • L’amour dans le coeur

    • Et la tête dans les étoiles

Au sens de cette définition, Broussaille en fait peut-être partie.6

 


Publicités

Et vous qu'en pensez-vous ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s