⛬ Amour et respiration ⛬

« Dans le chan1, vous tombez amoureux de votre respiration. […]

Vous pensez à votre respiration quand vous êtes assis, quand vous mangez et quand vous marchez. […]

Vous désirez être proche de votre respiration. Il y a une qualité de tendresse, de douceur, d’intimité que vous désirez partager avec votre respiration. […]

La respiration qui est votre bien le plus fidèle ne vous quittera pas. Elle ne cessera de vous chercher lorsque vous serez perdu, et elle vous trouvera. Vous n’aurez qu’à rester immobile, et elle viendra vers vous, à vos cotés. […]

Aimez-la et acceptez-la.

Tomber amoureux vous dynamise, qu’il en soit de même lorsque vous tombez amoureux de votre respiration. Vous pensez à votre respiration lorsque vous vous réveillez, vous êtes enthousiaste, vous rayonnez. […]

Le chan nous enseigne l’amour sans attachement, être attentif sans imposer. Aimer comme on aime sa respiration. […]

Nous ignorons [souvent] notre respiration. […] Mais lorsque nous désirons revenir vers elle, elle nous accueille. […]

La respiration est notre refuge. […]

Nous sommes nés avec la respiration, nous sommes nés avec la nature de Bouddha. Et au final, c’est à nous de choisir. […]

Tomber amoureux de la respiration, c’est revenir au moment présent. […] »2

Je rajouterai que lorsqu’on est amoureux, on sourit «aux anges», benoitement (bienheureux étymologiquement). De la même manière, lorsqu’on se pose, qu’on reste immobile pour retrouver cette respiration, ce moment présent, cette nature de Bouddha, on peut poser un sourire sur nos lèvres, qui est comme un interrupteur «quantique» pour accéder directement à ce souffle (spiritus). Quantique, car la science quantique nous parle des états superposés, du «tiers inclus», c’est à dire que ce qui parait opposé peut exister en même temps, d’une manière superposée, même si nous ne le voyons pas. Le fait de l’observer le fait apparaître. Le sourire permet de faire venir à nous cet état bienheureux «malgré tous les malgré» et nous rend omnipotent, c’est à dire qu’au lieu d’être soumis à des émotions perturbatrices, on peut «tout», c’est à dire qu’on peut agir là où nous étions déprimé, sidéré, passif.

«Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.» (Mark Twain)


1   Le chán est la transcription en chinois du sanskrit dhyāna (état de concentration cultivés dans e bouddhisme, il signifie méditation ou contemplation. ), c’est une forme de bouddhisme mahāyāna née en Chine à partir du Vème siècle, qui insiste particulièrement sur l’accession à l’expérience directe de l’Éveil par la méthode la plus efficace et la plus simple possible. On peut voir dans sa pensée une influence taoïste. Le chán s’est transmis de Chine au Japon sous le nom de zen.

2   GUO JUN. Au coeur du bouddhisme chan. Esprit et caractère du zen chinois. Le Relié, 2017. 186 pages. Essais. ISBN 978-235490-173-8

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