La paix : utopie ou réalité ? Quelles sont les pistes pour l’incarner et la partager ?

 […] La paix est un état magnifique où tout s’harmonise, pas seulement en nous, mais autour de nous. C’est un état exceptionnel qui part d’un être humain apaisé, pour rayonner hors de soi. Cette paix intérieure nous aide à nous connecter à quelque chose d’éternel. Malheureusement elle est difficile à atteindre car elle est détruite par la peur.

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L’être humain est conscient qu’il est provisoire, qu’il mourra un jour. Il n’y a aucune dérogation à cela. Cette certitude liée à notre finitude ne peut pas amener la paix en nous-mêmes, elle engendre plutôt des tourments, des guerres et des violences (idéologiques, religieuses, etc.). Par conséquent comment établir la paix consciente de la mort ? Et finalement comment harmoniser notre réalité terrestre avec notre insignifiance ?

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Par le connais-toi toi-même de Socrate, car c’est l’origine. Le problème est que nous savons beaucoup de choses mais que nous nous ignorons nous-mêmes. C’est d’autant plus difficile que nous sommes toujours en train de juger l’autre et que nous ne sommes pas suffisamment dans l’intériorité pour observer comment nous fonctionnons.

Nous héritons également de tout un passé par lequel nous sommes conditionnés. Ce conditionnement est tellement transmis de générations en générations qu’il en devient la norme. Tout le monde essaie de surnager là où il peut avec ses difficultés, ses souffrances. C’est pourquoi il faut toujours avoir de la compassion pour l’être humain. C’est très difficile pour chacun.

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Je ne prétends pas que j’ai complètement acquis la paix. J’ai aussi des tourments. Mais ce que je sais c’est que la paix est une réalité à laquelle j’essaie de m’ouvrir, et en tant que petit être humain, il y a des jours où cela se passe bien et d’autres moins.

Je veux aller à cette paix, vraiment, cette paix de légèreté, d’amour, j’y aspire avec toute mon énergie, mais pour y accéder : un jour on est debout et le lendemain on tombe, puis on se relève, on continue et ainsi de suite.

Le chemin n’est pas forcément facile car nous avons aussi à nous libérer de tout ce qui nous a conditionné. C’est pour cela que j’aime beaucoup le philosophe indien Jiddu Krishnamurti parce qu’il est l’un des rares à avoir compris profondément la nécessité de l’être humain d’évoluer par lui-même, par l’éclairage et la lucidité qu’il acquière par lui-même, sans obéir à quoi que ce soit.

Je reste aussi très attaché à la figure de Jésus, car pour lui l’amour est la seule énergie capable de changer les choses. Il ne s’agit pas de notre champ romantique, car l’amour inconditionnel est beaucoup plus grand que nos petites histoires de couple, c’est une énergie extrêmement importante qui agit partout, qui aime tout, les arbres, la nature, la vie…

Or cet amour a été dénaturé, et celui-ci est à l’origine des guerres parce que l’on pense “j’aime mon pays donc je vais le défendre”. On n’a pas compris que l’amour est une énergie universelle qu’il nous est possible de refléter. C’est un peu comme la lune, on dit que s’il n’y avait pas le soleil on ne verrait pas la lune ni les étoiles, parce qu’elle reflète la lumière.

Or au lieu d’aimer cette réalité, on la détruit par manque d’amour. Et tant que l’on n’aura pas abolit en nous-mêmes toutes les choses qui génèrent le tourment, je ne vois pas comment on peut restaurer la paix.

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Lorsqu’on dit par exemple “Liberté-Égalité-Fraternité” : la liberté, il faut la construire, l’égalité aussi, et la fraternité ça ne se décrète pas. On ne peut pas obliger une personne à être fraternelle. C’est un sentiment d’amour qui émane de nous mêmes, des profondeurs. Aimer c’est très exigeant.

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La paix elle EST, l’amour EST. Et la paix commence par cette intériorité. La question est de savoir simplement si je m’ouvre à cela ou pas.1

Ma devise personnellement est maintenant SIMPLE ET LÉGER, SENZILL I LLEUGER en catalan. S’ouvrir à l’amour, passe par cela, pour moi. Si on complique, si on alourdit les actions, les situations, si on agit avec des stratégies complexes on s’éloigne de cet amour.

Concernant la transmission des conditionnements dont parle Pierre Rabhi voici une histoire métaphorique qui l’illustre bien :

Un groupe de scientifiques plaça cinq singes dans une pièce au milieu de laquelle se trouvait un escabeau permettant d’accéder à des bananes. A chaque fois qu’un des singes essayait de grimper à l’escabeau, une douche glacée aspergeait automatiquement les autres. Au bout d’un certain temps, à chaque fois qu’un des singes essayait de monter sur l’escabeau, les autres le frappaient par crainte de prendre une douche glacée.

Bien entendu, au bout de quelque temps, aucun des singes ne se risqua à grimper sur l’escabeau malgré la tentation.

Les chercheurs décidèrent alors de remplacer les singes. Pour commencer, un seul singe de la communauté fut remplacé par un nouveau. La première des choses que fit le nouveau fut d’essayer de monter sur l’escabeau. Aussitôt, les autres le frappèrent. Quelques coups plus tard, le nouveau membre de la communauté avait appris à ne plus grimper sur l’escabeau sans même connaître la raison de cette interdiction.

Un deuxième singe fut remplacé et subit le même sort que le premier. Ce dernier se joignit aux autres pour le battre dès qu’il tentait de grimper sur l’escabeau. Le singe arrivé juste avant lui participe à la punition… avec enthousiasme, parce qu’il fait désormais partie de « l’équipe ».

Un troisième singe fut échangé et le processus se répéta. Le quatrième et le cinquième furent changés tour à tour. Tous subirent le même sort dès qu’il tentèrent de grimper sur l’escabeau.

Le groupe de cinq singes, bien que n’ayant jamais reçu de douche froide, continua à frapper tout nouvel arrivant qui tentait de monter sur l’escabeau.

À ce stade, les singes qui agressent n’ont aucune idée de pourquoi ils n’ont pas le droit de grimper l’échelle. Pas plus qu’ils ne savent pourquoi ils participent à l’agression du dernier arrivé. Au final, après avoir remplacé tous les singes d’origine, aucun singe présent dans la cage n’a été arrosé d’eau froide. Cependant, aucun ne tentera de grimper à l’échelle. Pourquoi ? Parce que dans leur esprit… c’est comme ça depuis toujours.

S’il était possible de parler avec ces singes et de leur demander pourquoi ils frappent

ceux qui tentent de monter sur l’échelle, je parie que leur réponse serait la suivante : « Je ne sais pas, mais ici c’est comme ça. »

Ce comportement ne vous semble-t-il pas familier ?… Ah ! les traditions, les habitudes… D’autres que vous se demandent peut-être pourquoi nous continuons à agir comme nous le faisons quand il existe des alternatives.

Et c’est ainsi que fonctionne le monde politique, économique, religieux, des riches et des pauvres……etc.

Ce paradigme du singe tente d’expliquer par la parabole comment des situations ubuesques peuvent rester bloquées indéfiniment jusqu’à ce qu’un esprit révolutionnaire ne remette en question l’ordre établi.

C’est pour ça que, de temps en temps, il faut changer tous les singes EN MÊME TEMPS !


1   EXTRAITS D’UN ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SABAH RAHMAN POUR KAIZEN

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