Faut-il avoir peur de ce que la science réserve au corps humain dans le futur?


EXTRAITS D’UN ARTICLE DE GUY VALLANCIEN SUR LE HUFFINGTON POST


[…]

Il y aura des destructions de robots quand les ouvriers des pays en voie de développement, ou la mécanisation productive s’accélère, verront leurs emplois disparaître comme il y eut des jacqueries à l’émergence de chaque nouvel outil qui pouvait remplacer le travail des hommes.[…] Mais […] la conscience humaine est [elle] prête à accepter une augmentation de ses propres capacités intrinsèques et si oui, dans quel but ?

Je ne vois aucune limite à introduire dans le corps humain des systèmes qui réparent les déficits liés à des maladies, à des malformations ou à des traumatismes, telles les prothèses en tous genres allant jusqu’au cœur, au pancréas artificiels et aux implants cérébraux. C’est mon métier et ces instruments et systèmes implantés parfois ultra sophistiqués peuvent améliorer la vie de celles et ceux qui souffrent. Il s’agit d’aides externes qui n’interviennent pas dans l’intimité de mon fonctionnement cognitif. […]

J’accepterai aussi de revêtir un exosquelette pour charrier des poids de 100 kilos, mais modifier mon propre corps, manipuler mes cellules, mes tissus, mes organes pour augmenter mes capacités physiques et cérébrales, qui plus est sans autre but que le toujours plus quantitatif, non jamais! et ce pour deux raisons :

1° Serions-nous à ce point schizophrènes en refusant le dopage sportif tout en acceptant un uploading cognitif? Demain la chasse au dopage chimique aux Jeux Olympiques sera-t-elle abolie au nom de plus de performances et les micromoteurs électriques cachés dans les moyeux de vélos des coureurs du tour de France feront-ils gagner des athlètes minables. Fin de la compétition par l’effort. La triche existe déjà, bien sûr, et compte tenu des enjeux financiers parfois colossaux, la tentation est grande de pousser les sportifs à se droguer, mais un arsenal réglementaire international existe pour dépister les déviants qui, s’ils sont pris sur le fait, se retrouvent derechef disqualifiés. Quel intérêt à rechercher l’exploit en s’augmentant artificiellement ?

2° Autre question grave: qui m’implantera des électrodes intracérébrales pour augmenter ma mémoire ou mon QI, qui manipulera le wifi de ma connexion? Ceux qui auront pris possession de mon intégrité corporelle et cognitive détiendront le pouvoir absolu sur ma personne. Deviendrai-je ainsi le jouet d’une entreprise aux possibilités démoniaques, me transformant en esclave à faire ce qu’elle voudra. Horreur de la domination cybernétique! Non jamais je n’accepterai le diktat des Musk et Zuckerberg de demain qui depuis leur console feront de moi un simple pion à leur bon vouloir. Fin de l’homme, bienvenue au robot de chair!

Aucune restriction, aucune précaution castratrice d’idées ne doit freiner ou empêcher la recherche scientifique dans sa liberté de création et d’invention. Ce sont les dérivées techniques des progrès dans la connaissance de la matière et du vivant qui sont à passer au crible de leur acceptabilité par l’homme, pour son bien. Vision idyllique voire naïve diront certains, ou plutôt vision optimiste d’une humanité qui accepte sa fragilité, immense source de relations, de partage et de profondeur psychique. Ce qui m’intéresse n’est pas d’être plus intelligent en terme de QI, de courir plus vite et de vivre plus longtemps. Ce que je veux c’est vivre avec l’intensité de sentiments et la densité d’être maximales, là, maintenant. L’immortalité n’est pas mon Graal sachant qu’elle me fera devenir pour de bon un vieillard inutile quand, n’ayant pas muté en mille ans, je serai dépassé par le reste de l’univers continuant imperturbable sa course évolutive vers une finalité mystérieuse.

C’est le propre de notre humanité que de poser ces questions et d’y répondre collectivement, à l’occasion d’un débat de fond que le politique ne pourra pas longtemps éluder. Renoncer et baisser les bras en se plaignant que la partie est perdue est la pire erreur que nous pourrions commettre, réduits en esclaves consentants d’un petit groupe de décideurs qui commanderait la totalité de nos pensées et de nos actions. Est-ce notre avenir? NON, trois fois non. Ne nous laissons pas bercer par les prédictions pseudo religieuses des gourous de la Silicon Valley, ne craignons pas non plus l’apocalypse des Cassandre du numérique, mais raisonnons pour agir au mieux de nos propres capacités aidés par les outils digitaux que nous créons.


LIRA L’INTÉGRALITÉ DE L’ARTICLE DE GUY VALLANCIEN SUR LE HUFFINGTON POST

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