Rêves prémonitoires : notre don caché


EXTRAIT D’UN ARTICLE DE ÉRIK PIGANI SUR PSYCHOLOGIES

La logique peut-elle tout expliquer ?

[…] Dès la naissance de la parapsychologie scientifique, à la fin du XIXe siècle, les chercheurs ont tenté de découvrir si cette forme de prémonition ne relevait pas d’un processus de « logique inconsciente » – c’est-à-dire de la construction, par le cerveau, d’un événement dont tous les signes avant-coureurs sont normalement imperceptibles. En effet, ce dernier est capable d’enregistrer à notre insu une somme phénoménale de détails minuscules, perdus dans la masse des informations extérieures : sons inaudibles, images fugaces, non-dits, micro-vibrations, odeurs, etc. Au cours du sommeil, le cerveau fait le tri, classe les informations, établit des corrélations, et peut ainsi prévoir des événements dont la logique nous est inaccessible à l’état de veille. Voilà qui peut effectivement expliquer le caractère prémonitoire – à tort donc – de certains rêves.

Le problème est tout à fait différent, lorsqu’un songe délivre une information extrêmement précise qui ne peut être connue de personne. Ainsi, le témoignage du dessinateur Fred (auteur de la bande dessinée « Les aventures de Philémon ») : « Après un accident, j’avais laissé ma voiture à un ami garagiste en lui demandant de m’envoyer la facture au plus vite. La nuit même, j’ai rêvé qu’elle s’élevait à 1511,22 euros. Ce rêve était si fort que, le lendemain matin, j’en ai parlé à ma femme. Une semaine plus tard, mon ami ne connaissait toujours pas le montant des réparations. Deux semaines plus tard, j’ai reçu une facture de… 1511,22 euros, comme dans mon rêve ! » Difficile d’évoquer dans ce cas précis la logique inconsciente.

Des prémonitions provoquées en laboratoire

Après avoir analysé des milliers de cas spontanés, les chercheurs ont voulu démontrer de manière scientifique l’existence de ces prémonitions. Mais, pour cela, il fallait être capable de les provoquer ! Pendant une quarantaine d’années, un nombre impressionnant d’expériences ont ainsi été effectuées en laboratoire.

La plus célèbre a été menée à la fin des années 70 par le docteur Montague Ullman, alors directeur du département de psychiatrie du Maimonides Hospital, à New York. Le principe : pendant qu’un étudiant volontaire branché à un électroencéphalogramme dort dans une pièce insonorisée, un expérimentateur surveille ses phases de sommeil dans une pièce à côté. Dès qu’il repère une période de « sommeil paradoxal », il le laisse rêver pendant dix minutes, puis le réveille pour lui demander de raconter en détail ce qu’il a « vu ». Toute la nuit, les rêves sont notés. L’expérience se poursuit le lendemain matin, lorsqu’un autre expérimentateur envoie mentalement à l’étudiant une image choisie au hasard par un ordinateur. S’il apparaît que l’un des rêves contient cette image, les chercheurs en concluent qu’il y a eu prémonition. Ces expériences ont donné des résultats étonnamment positifs et ont été maintes fois reproduites.

La physique quantique remet nos conceptions du temps en question

Si les rêves prémonitoires sont réellement ce qu’ils sont, c’est-à-dire des informations sur le futur, leur existence malmène sérieusement notre conception linéaire de l’espace-temps. Pourtant, la physique quantique – l’étude, entre autres, des particules subatomiques – a déjà bouleversé nos croyances sur le fonctionnement de l’univers et sur celui de la conscience. Surtout depuis le jour où, en 1982, le physicien français Alain Aspect a démontré que des informations peuvent voyager entre deux particules à des vitesses supérieures à celle de la lumière, inversant ainsi le temps ! Depuis, bien d’autres scientifiques ont tenté, et tentent encore, de résoudre cette énigme. Et tous en viennent à la même conclusion : le temps immuable, qui s’écoule inéluctablement au fil des jours, le nôtre en somme, ne serait pas la seule forme de temps qui régit l’univers…

Si les rêves prémonitoires délivrent des informations sur le futur, pourraient-ils empêcher que des catastrophes se produisent ou permettre de contrecarrer les crimes, comme dans le film [“Minority Report”] de Spielberg ? Dans les années 60, le psychiatre britannique John Barker a fondé le Central Premonitions Registry pour tenter de répondre à cette question. En trente ans d’activités, il a reçu des milliers de témoignages, mais a été obligé de conclure qu’un rêve prémonitoire se produit en général dans les deux ou quatre jours qui précèdent l’événement. Le temps de recevoir et d’analyser les informations, il est trop tard…

Perspectives d’avenir ?

Les rêves prémonitoires ont-ils alors une quelconque utilité ? « Oui, répond Christine Hardy. Développer ce don caché, qui s’apparente à l’intuition, apporte des bénéfices considérables. » Docteur en sciences humaines, elle vient de publier “Votre esprit est guérisseur” (Editions du Dauphin, 2002). « L’un des principaux avantages de se mettre à l’écoute de ses rêves sans aucun a priori – c’est-à-dire en reconnaissant la possibilité d’obtenir des informations sur le futur – est d’avoir une perspective sur notre propre avenir. Cela permet aussi une beaucoup plus grande intensité de vie. C’est toute la question de l’ouverture de la conscience : plus vous permettez à votre inconscient de s’exprimer librement, plus vous pouvez explorer vos richesses intérieures. »

Ouvrir sa conscience demande cependant de remettre en question ses croyances et d’accepter que notre esprit – qui reste encore un mystère pour la science – recèle peut-être des dons inouïs, mais pourtant bien naturels.

Quand le temps s’inverse

Rudyard Kipling, auteur du “Livre de la jungle”, rationaliste convaincu, écrit dans ses “Souvenirs” : « Une fois, j’ai été certain d’avoir dépassé les limites assignées par le destin. »

Il raconte qu’il s’était vu en rêve, vêtu d’un habit qu’il ne portait jamais, debout dans une grande salle pavée de dalles fissurées. Il était au milieu d’une rangée de personnes habillées de la même façon que lui. Derrière eux, une foule. Sur sa gauche se déroulait une cérémonie qu’il ne pouvait pas voir à cause du très gros ventre de son voisin. Puis, la foule s’est dispersée. C’est alors que quelqu’un a pris son bras en disant : « Je voudrais vous dire un mot. »

Kipling, troublé par ce rêve très clair, y pensa souvent, sans en comprendre le sens. Deux mois plus tard, il assistait à une cérémonie dans l’abbaye de Westminster. Tout y était : le costume inhabituel, la rangée de personnes, la foule, le vieux dallage et… le gros ventre de son voisin de gauche qui l’empêchait de voir la cérémonie ! A la fin, quelqu’un posa sa main sur son bras en disant : « Je voudrais vous dire un mot, s’il vous plaît. » Pour conclure son récit, l’écrivain ajoute : « Mais comment et pourquoi m’avait-il été donné de voir une longueur encore enroulée de la pellicule de ma vie ? »

[…]

LIRE L’ARTICLE INTÉGRAL DE ÉRIK PIGANI SUR PSYCHOLOGIES

 

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