La pratique quotidienne


Dôgen écrit un long chapitre sur Gyôji, la pratique assidue, maintenue, continue, soutenue, régulière, quotidienne. Il dit « Ne craignez pas le grand froid. Craignez seulement le manque de pratique. Le manque de pratique brise l’humain, il brise la Voie. ».

Roger Clerc écrit : « La Connaissance ne s’acquiert pas dans des livres. C’est au quotidien, ici et maintenant, par la pratique du geste conscient qui développe les sens subtils qu’on avance, le plus sûrement sur le Chemin. ». La pratique maintenue c’est la pratique en pleine conscience des activités quotidiennes définies par le zen comme pratique bouddhique. Le moment favorable pour la pratique, c’est maintenant. Et on maintient ce maintenant dans tout l’espace-temps. Il n’y a pas de dichotomie entre « un moment de pratique » et le reste de la journée, entre « un moment qui serait sacré » et les basses besognes journalières. Il n’y a qu’un moment et c’est maintenant ! Il n’y a « pas de temps à perdre », ne voulant pas dire qu’il faut courir, mais que chaque instant est précieux, c’est pourquoi il faut éviter de passez pas en vain le temps qui s’envole , mais de pratiquer avec importance et urgence comme si on devait éteindre des étincelles qui tomberaient sur vos têtes.

Maintenant certains dissocient la pratique en « pratique de la méditation) » en elle-même et en étude des textes et réflexions sur ce qu’ils apportent. Le maître zen Daiji Kanchû dit : « Dix pieds d’exposé valent moins qu’un pieds de pratique . » Pour autant la voie de l’Éveillé ne rejette pas « un pied d’exposé » car au autre grand maître, Tôzan Gohon (Ryôkai), dit « Exposer ce que la pratique ne saurait atteindre, pratiquer ce que l’exposé ne saurait atteindre. ». Kôg ku (Ungo Dôyô) dit : « Au moment de l’exposé, il n’y a pas de chemin pour la pratique ; au moment de la pratique il n’y a pas de chemin pour l’exposé. » cela ne veut pas dire qu’ils sont incompatibles. En fait, « quand on pratique, on pratique et quand on étudie les textes, on étudie les textes », cependant la pratique clarifie le chemin qui communique avec l’exposé et, dans l’exposé, il y a le chemin qui communique avec la pratique. Voici l’enseignement essentiel du zen : il s’agit de pratiquer ce que la pratique ne saurait atteindre et d’exposer ce que l’exposé ne saurait atteindre.

Commençant la pratique, nous devenons responsable de notre pratique, mais aussi de « la pratique », de son maintien continue. Car c’est toujours dans la pratique maintenue qu’on reçoit les éveillés et les patriarches avec révérence. s’il en est ainsi une seule journée doit avoir du poids. Même s’il n’y a qu’une journée à vivre, si l’on comprend alors le ressort dynamique de la multitude des éveillés, ce jour-là vaut mieux que des éons de nombreuses vies. c’est pourquoi, quand vous n’auriez pas encore parfaitement compris cela, ne passez pas une seule journée en futilités. Une seule journée de la pratique maintenue n’est autre que la pratique quotidienne de la multitude des éveillés.

Le principe de la Voie consiste à ne vivre la vie chaque jour ni à la légère ni pour soi-même et à maintenir la pratique. Hâtez-vous de lui rendre ce bienfait.

 

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