La « bio » une révolution politique et sociale


vcLa FAO (Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture), l’ONU, des universités réputées, ou même l’INRA prouvent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde (voir bibliographie dans Nexus n°102)

L’ONU dans le rapport de Olivier De Schutter ne parle plus de « droit à l’alimentation », mais du « droit à une alimentation adéquate ».

L’agroécologie crée plus d’emplois : 60 % d’activité humaine supplémentaire par rapport à l’agriculture conventionnelle.

Mais la tendance est plutôt à l’industrialisation de la « bio ». Philippe Braqué, un journaliste qui a enquété sur le sujet, notamment dans d’immenses exploitations du sud de l’Espagne, s’insurge contre cette « bio, labellisée par les riches et fabriquée par les pauvres, qui n’est pas au service de la souveraineté alimentaire. »

Le passage à grande échelle d’une « bio éthique » demanderait un véritable changement de paradigme, auquel l’ensemble de la filière agricole ne semble pas prêt : nourrir le sol au lieu de nourrir les plantes, produire des aliments plutôt que des dérivés industriels, choisir une exploitation à taille humaine plutôt que productiviste, se réapproprier les circuits de transformation et de commercialisation, porteurs de valeur ajoutée, privilégier des circuits courts et locaux, et revenir à des semences issues de variétés anciennes, biodiversifiées, et surtout reproductibles.

Des associations comme Terre de Lien  font un travail remarquable quant à la remise des terres. Mais les consommateurs, sont ceux qui détiennent le levier d’action le plus puissant. Sous réserve que leur envie de bien se nourrir n’exclue pas la nécessité d’une relation équitable et solidaire avec le producteur. Les solutions existent déjà (AMAP, cueillette à la ferme, groupement d’achats etc).

La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire disait déjà en 1548 : « il n’est pas besoin de combattre, ni d’abattre le système qui nous tyrannise. Il s’agit de cesser de l’alimenter, de cesser de servir. »

Cette (re)conquête de la souveraineté alimentaire n’est donc pas qu’une révolution technique, mais aussi politique et sociale.

En réinventant un nouveau rapport à la terre, les humains ont une formidable occasion de reconquérir leur pouvoir personnel et leur autonomie de pensée. À moins que ce ne soit le contraire.

D’après un article de Marielsa Salsilli dans Nexus n°102 – Janviers 2016

charley32

d’autres dessins et BD de Charley sur http://charley.baylot.org/

 

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