Ex malo bonum


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Ex malo bonum : Du mal peut sortir un bien

Origine : L’expression trouve sa source dans les lettres à Lucilius (87:22), de Sénèque, qui affirmait l’aphorisme suivant : « Bonum ex malo non fit » : Du mal ne peut sortir un bien. Saint Augustin, dans le sermon 61, contredit cette position

Analyse : Saint Augustin estime que toute rédemption est possible pour les pécheurs, pour les « égarés ». En ce sens, il appelle à la miséricorde, à la patience envers ceux qui ne suivent pas le droit chemin. En effet, Dieu lui-même accorde de la patience envers les pécheurs, car il ne les frappe pas systématiquement dès qu’ils commettent une faute, leur laissant le temps de prendre conscience du mal qu’ils ont réalisé, et d’accomplir leur rédemption. Comme il le dit :

« Que la clémence de Dieu, qui épargne les méchants, vous serve à obtenir miséricorde; car si vous êtes bon, peut-être l’êtes-vous devenu après avoir été mauvais… Parce que déjà vous l’avez franchie, il ne faut pas pour cela fermer la porte de la clémence »

Extrait de Lettres à Luculius, 11, 87, 22. [Traduction : MM. Charpentier & Lemaistre, Collection Panckoucke ; Paris, Garnier, 1860.]

« Le bien ne peut naître du mal : les richesses naissent de l’avarice : donc elles ne sont pas un bien. » – Il n’est pas vrai, objecte-t-on, que le bien ne puisse pas naître du mal : car du sacrilége et du vol il peut venir de l’argent. Aussi le sacrilège et le vol ne sont des maux que parce qu’ils font plus de mal que de bien ; car le profit qu’ils apportent est accompagné de craintes, d’inquiétudes, de tourments du corps et de l’âme. – Tenir ce langage, c’est admettre nécessairement que, si le sacrilège est un mal, en tant qu’il produit beaucoup de maux, il est, sous d’autres rapports, un bien, en tant qu’il produit quelque bien. Or, je le demande, est-il rien de plus monstrueux que ce raisonnement, quoique nous en soyons venus aujourd’hui à mettre le sacrilège, le vol et l’adultère au nombre des biens ?

« Bonum ex malo non fit ; diuitiae fiunt autem ex auaritia; diuitiae ergo non sunt bonum. » – Non est, inquit, uerum, bonum ex malo non nasci : ex sacrilegio enim et furto pecunia nascitur. Itaque malum quidem est sacrilegium et furtum, sed ideo quia plura mala facit quam bona ; dat enim lucrum, sed cum metu, sollicitudine, tormentis et animi et corporis. – Quisquis hoc dicit, necesse est recipiat sacrilegium, sicut malum sit quia multa mala facit, ita bonum quoque ex aliqua parte esse, quia aliquid boni facit : quo quid fieri portentuosius potest ?
Quamquam sacrilegium, furtum, adulterium inter bona haberi prorsus persuasimus.

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D’autres explications dans : La Lettre À Lila – Réponse D’un Philosophe À La Quête De Sens – Vincent Cueff – Ed Jouvence – Septembre 2015
http://goo.gl/q2RPu1

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2 réflexions sur “Ex malo bonum

  1. maintenant que j’y vois mieux, j’ai passé du temps sur ton portail. C’est vraiment très bien fait. Je ne t’oublie pas mais je suis passée par un douloureux « purgatoire ». Après il parait que c’est le paradis ! Amitiés.

    • Avec retard, merci de ton commentaire Ariaga, mais je prends plus de temps pour un peu tout en ce moment, avec douceur et tendresse

      Je lis chacune des phrases et regarde tes photos

      Je t’embrasse et te souhaite le meilleur, du repos, de la reconstruction et le meilleur !



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