Les méthodes habiles


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Vimalakirti était un laïc vêtu de blanc. Ce n’était donc pas un moine et pourtant on pourra voir que même les disciples du Bouddha avaient une grande considération pour lui.

En même temps il faisait des démarches que les moines réprouvaient : il fréquentait les « casinos » (de l’époque), se baladait au milieu de la foule, allait dans les tribunaux, dans les universités, les écoles, les maisons closes, les bars etc. Mais en fait il allait dans tous les lieux, où justement les moines n’allaient pas, pour rencontrer ceux qui s’y trouvaient en souffrance et les aider à s’en sortir.

Pour cela il utilisait ce qu’on appelle dans le bouddhisme : des « moyens habiles ». Il était réputé pour avoir cette créativité, cette capacité à sortir des sentiers battus pour trouver des solutions qui parleraient, qui conviendraient à chaque personne individuellement.

« Ainsi Vimalakirti, était : « toutes choses pour tous les hommes ». Le bouddhisme mahayana attache une très grande importance à cette capacité, cette qualité particulière, cette aptitude à être toutes choses pour tous les hommes. » 1

Upāya (méthode en sanskrit) est la capacité, développée au plus haut point chez les bouddhas et les bodhisattvas, de choisir le meilleur moyen de guider les êtres en fonction de leurs besoins et possibilités propres à un moment donné.2

Il ne s’agit donc pas d’appliquer et de transmettre des dogmes qui devraient coller à tous mais de trouver le moyen le plus juste, le plus adapté pour entrer en relation avec une personne, qu’elle puisse comprendre le langage tenu et mettre en application ce qui lui permettra de moins souffrir. Même s’il est très différent, de par sa vision systémique et sa sagesse, il est capable d’être comme les personnes qu’il rencontre, à tel point qu’il ne paraît pas y avoir de barrière sociale ou culturelle entre lui et eux. Et en même temps chacun peut ressentir sa grande écoute, sa compassion infinie, son incommensurable sagesse. En fait il est tout simplement présent, réellement présent, entièrement présent avec les personnes qu’il rencontre. Et en réponse il permet à ces personnes de contacter cette présence, pour la mettre en œuvre eux-mêmes.

Admiré par beaucoup de personnes dont le roi, les ministres, les fonctionnaires et toutes sortes de responsables il fait croire qu’il est malade pour que tous viennent le voir dans un état d’être déjà plein de compassion. Et ainsi il peut leur parler du Dharma en dépassant les barrières sociales. Finissant par le fait que le médicament ultime est d’engendrer l’esprit de l’insurpassable Éveil authentique et parfait.


1 The Inconceivable Emancipation – Themes from the Vimilakirti Nirdesa’, © Sangharakshita, 1990, traduction © Centre Bouddhiste Triratna, 2002

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