La main-mise des hommes sur la liberté des femmes


1.jpg Alors que les politiques et les médias nous occupent l’esprit avec la polémique du burkini pour nous éviter de regarder là où ça fait mal, les jeunes femmes françaises qui décident (librement?) de porter le hijab, le niqab ou la burqa devraient lire une ou ces trois BD. Elles verraient comment les femmes qui subissent la pression sociale (ou plus) pour porter ces vêtements en Iran ou au Yemen, cherchent et trouvent les moyens de les contourner un tant soit peu. Comment ils ne sont que la petite partie émergée du pouvoir de l’homme sur la femme. In fine on peut voir que ce pouvoir ne diminue pas le pouvoir de la classe dominante sur la masse (on pouvait vivre d’espoir). Je terminerai par un texte que Françoise Simpère a publié sur sa page Facebook.
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La Voiture d’Intisar – Riera – Casanova – 2012- Delcourt

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Cette BD se passe au Yemen. Intisar travaille comme infirmière et conduit une voiture. Sous la coupe de son père comme toute fille même adulte au Yemen (en attendant d’être sous celle de son mari) a trouvé ses marges de manœuvre en vivant avec sa mère qui est divorcée. C’est donc le jeune frère qui lui donne les autorisations sociales nécessaires (conduire, travailler, porter le niqab à la maison etc). Heureusement celui-ci est très proche d’elle. Du coup elle trouve des espaces de liberté dans la conduite de sa voiture par exemple. Finalement, comme beaucoup de femmes yéménites, elle détourne le niqab, objet de pouvoir sur les femmes, pour en faire un objet de pouvoir sur les hommes. Ainsi elle fait la course en voiture avec les hommes, va acheter des cigarettes sans être reconnue etc. Mais cela ne suffit pas à se sentir libre, se sentir heureux, se sentir maître de son destin face à la loi des hommes :le mariage (forcé), le port du niqab, le respect dû au chef de famille ou encore l’obligation de toujours sortir accompagnée d’un wali (géniteur, frère, oncle, fils…).
Intisar reste une musulmane, elle ne cherche pas à sortir de sa religion, ainsi elle s’interroge, sans comprendre, choquée, sur l’affaire des « caricatures de Mahomet ».
Le livre est basé sur des entretiens avec des femmes yéménites, réalisés par le scénariste et sa compagne.

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Love story à l’iranienne – Deuxard – Deloupy – 2016 – Delcourt

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Jane Deuxard (un pseudonyme pour camoufler l’identité d’un couple de journalistes qui se rend régulièrement en Iran) a pu obtenir le le témoignage de nombreux jeunes iraniens sur leur vie amoureuse. La faculté est le seul lieu où finalement les jeunes iraniens peuvent vivre dans une certaine mixité acceptée. Alors un maximum cherche à faire des études pour accéder à cet espace de liberté (limitée). Cela tombe bien car cela arrange le régime dans un sens (c’est bien connu dans tous les régimes, un jeune qui fait ses études n’est pas encore un jeune chômeur).
Sortir ensemble est compliqué pour deux jeunes lorsque les familles ne le savent pas, se tenir par la main encore plus, s’embrasser devient très difficile quant à avoir des rapports sexuels …
Si une des jeunes femmes trouve qu’elle vit comme une reine, avec sa vie amoureuse cachée, son jeune compagnon qui fera tout pour l’épouser (souhaitons le pour elle), finalement elle se trouve mieux que les femmes d’occident, puisqu’elle sera entretenue toute sa vie, pourra faire du shopping avec ses copines pendant que son mari travaillera pour subvenir à leurs besoins. Si ce n’était pas le cas, grève du sexe au divorce sont des possibilités envisagées. Avec le mariage a été conclu une « franchise » à payer par l’homme en cas de divorce. Mais par contre, en attendant, elle court en cachette tous les jours pour faire des tests de grossesse pour s’assurer qu’elle n’est pas enceinte.
Un autre couple qui rencontrent Jane Deuxard se livrent un peu et finalement pour la première fois abordent des sujets importants sur leur façon de voir la vie et se rendent compte qu’ils n’ont pas grand-chose en commun !
Et toujours la police en uniforme ou armée circule, surveille, et toujours on se lève, on part ailleurs pour ne pas être pris et surpris. Les familles demandent de tests de virginité avant le mariage qu’elles arrangent sans demander l’avis de la fille.

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Bons baisers d’Iran – Vilain – 2015 – Vraoum !

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Là l’auteur et son amie partent en Iran pour faire du tourisme. Ce livre va moins loin que les deux autres dans l’exploration d’une société gérée par des principes religieux, mais le but de leur voyage était plus une découverte dans le cadre du tourisme qu’une étude sociologique ou une enquête journalistique.

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Pour continuer cette recherche sur la vie de couple, de famille en Lybie (sous Kadhafi) et en Syrie (avant la guerre actuelle)  il est possible aussi de lire L’arabe Du Futur – Riad Sattouf – Allary – 2014

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Pour finir le mot de Françoise Simpère :

Les françaises des années 40/50 ne seraient jamais sortis sans un foulard ou un chapeau car sortir « en cheveux » les étiquetait aussitôt comme des femmes légères, vulgaires, voire de mauvaise vie.
Dans les années 60- avant 68- les collégiennes n’avaient pas le droit de porter un pantalon, hormis pendant la période d’hiver allant à peu près du 15 décembre à fin février et ce devait être un pantalon de ville, en aucun cas un jean.
Dans les années 70, une fille en minijupe victime d’une agression s’entendait dire « qu’avec sa tenue, elle l’avait bien cherché ».
Aujourd’hui, entre seins nus verbalisés, burkinis interdits et autres stupidités qui détournent l’attention des vrais problèmes, c’est encore et toujours la main-mise des hommes sur la liberté des femmes.
A-t-on déjà verbalisé un homme parce qu’il porte la kippa, se laisse pousser une barbe de prophète, se rase la tête, exhibe sur la plage des pectoraux si gras qu’ils auraient bien besoin d’un soutien-gorge ou porte des shorts informes sur les hanches qui laissent voir sa raie des fesses? Jamais! Alors lâchez-nous la grappe, les mecs, occupez-vous de la paix, de la misère, du chômage, des fraudeurs fiscaux, du paludisme et des cancers, mais pas de nos fringues !
Heureusement qu’il reste un homme politique moins hystérique que les autres… ceux qui le traitent régulièrement d’hystérique.

fs

SOURCES :

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