Ksânti, la patience, la constance


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La patience est ce qui va nous permettre de transformer les obstacles en point d’appui.

Celui qui a développé la générosité et la conduite juste, mais qui n’a pas développé la patience, sera soumis à la colère. Et lorsque la colère apparaîtra, toutes les vertus créées par la pratique de la générosité et de l’éthique seront détruites. Le Bouddha l’exprime dans « La corbeille du bodhisattva » : « La colère est ce qui amène la destruction de toutes les qualités positives qui ont été accumulées pendant mille ères cosmiques. » C’est expliqué par Shantideva dans le Bodhicharyavattara : « Toutes formes de qualité positive et d’attitude excellente développées pendant mille kalpas (ères cosmiques) à travers la générosité et les offrandes envers le Bouddha se trouvent détruites en un seul instant de colère. » Le Bouddha a dit par ailleurs : « L’esprit de celui qui a été piqué par l’épine de la haine ou de la colère ne goûte plus la paix. Il ne peut plus obtenir aucune forme de bien-être ni de repos ; le sommeil ne vient plus à lui et il demeure dans un état constant d’agitation. » Si l’on est dénué de patience, on ne crée pas l’espace suffisant pour pratiquer les autres paramitas, qui sont le chemin même de l’Eveil. […] La patience est un état d’esprit qui ne cherche pas à critiquer, comparer, juger ou toujours saisir les situations liées aux perturbations émotionnelles telles que la jalousie, la haine, etc. Celui qui cultive la patience est dans un état d’esprit d’ouverture ; il ne recherche pas l’analyse critique permanente, il s’ouvre à un état de paix. Cette paix est celle qui est goûtée dans la méditation […]. Pratiquer la patience est un des moyens d’obtenir la stabilité mentale ; du fait que l’on se dégage de toutes ses préoccupations mentales, on parvient à éprouver la paix intérieure. […] Lorsque quelqu’un essaie de nous nuire, il faut prendre conscience du fait que cette personne est dépourvue de libre-arbitre et donc qu’elle n’est pas maîtresse d’elle-même.1

Pour répondre aux situations difficiles on peut utiliser les composantes fournies par la pratique de la Communication Non-Violente.

Pour parvenir à un désir réciproque de donner du fond du cœur, nous focalisons notre attention sur quatre points,qui constituent les quatre composantes de la CNV:

OBSERVATION

Dans un premier temps, nous observons ce qui se passe réellement dans une situation donnée: qu’ est-ce qui, dans les paroles ou les actes d’autrui, contribue ou non à notre bien-être? L’important est de parvenir à énoncer ces observations sans y mêler de jugement ou d’évaluation – ce qui revient à dire simplement quels sont les faits que nous apprécions ou n’apprécions pas.

SENTIMENTS

Puis, nous disons ce que nous ressentons en présence de ces faits : sommes-nous tristes, joyeux, inquiets, amusés, fâchés?

BESOINS

En troisième lieu, nous précisons les besoins à l’origine de ces sentiments.

DEMANDE

C’est la conscience de ces trois composantes qui nous. permet de nous exprimer clairement et sincèrement en CNV.

L’autre aspect consiste à recevoir ces quatre mêmes éléments d’information de la part de notre interlocuteur. Dans le message qu’il nous adresse, nous cherchons tout d’abord à percevoir les faits qu’il observe, ce qu’il ressent et les besoins qu’il éprouve, puis à identifier ce qui pourrait contribuer à son bien-être en écoutant le quatrième élément, sa demande.

En focalisant notre attention sur ces quatre points, et en aidant l’autre à suivre la même démarche, nous établissons un courant de communication qui débouche tout naturellement sur la bienveillance: je dis ce que j’observe,ressens et désire, et ce que je demande pour mon mieux-être; j’entends ce que tu observes, ressens et désires, et ce que tu demandes pour ton mieux-être.

Cependant, il ne s’agit pas d’une manière de parler qu’il faudrait suivre à tout prix. Les concepts proposés sont des repères, destinés à faciliter l’expression de la bienveillance, et non pas des règles à suivre.2

Face à un agresseur qui n’est pas capable d’entendre et de verbaliser ses sentiments et ses besoins, la fuite, la recherche d’un tiers bienveillant et neutre peut être la seule solution qui reste.


1 http://www.jutier.net/contenu/guendun2.htm

2 Marshall Rosenberg (1999). Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) initiation à la communication non-violente. Ed La Découverte

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