La grande pratique


fb

De la loi de cause à effet1 (appelée par extrapolation « karma » – action) beaucoup de religions ont tiré la réincarnation. Dans le bouddhisme il n’y a rien (pas d’âme) qui se réincarne. C’est le potentiel de « réaction » qui s’applique à une situation. Comme un domino qui tombe en fait tomber un autre, l’action de tomber est passée de domino en domino sans que ceux-ci soient la réincarnation du précédent. Comme des bougies qui allument d’autres bougies avant de s’éteindre passant la lumière sans pour autant qu’une bougie particulière « s’incarne » dans une autre bougie.

Cette loi est donc très importante car elle nous rend responsable de nos actes bien au-delà de notre simple vie. La sagesse amérindienne nous dit que nos actes ont des répercussions sur les 7 générations suivantes. Le principe de la réincarnation, comme le principe « paradis/enfer » dans une autre vie, est une autre façon de chercher à amplifier la responsabilité en créant de la culpabilité.

Que se passe-t-il en « réalité » ? Personne n’en sait rien, car ce sont toujours des vivants qui parlent de ce qu’ils pensent, de ce qu’ils croient savoir, de ce qu’ils estiment avoir perçus. Ce qui se passe après la mort est de l’ordre de l’indicible. Quand on voit les dernières recherches quantiques, ce qu’il en est de la réalité est assez inimaginable. De tout principe on peut tirer des croyances qui finissent par nous enfermer au lieu de nous libérer.

Je dirais que nous sommes maîtres de notre destin et en même temps nous subissons cette loi de cause à effet. À contrario nous ne sommes pas ce que nous voudrions être, influencés par cette loi et en même temps nous pouvons agir sur notre destin.

Certains pratiquants du zen, se posent la question de savoir si la grande pratique (zazen, la méditation assise silencieuse sans objet de concentration) permet de dépasser cette loi de cause à effet. En gros pouvons nous nous libérer du « karma » par notre pratique de l’assisse méditative ? Mais en fait quand cette loi nous devient évidente il n’est pas nécessaire de présumer sur ce qu’elle va engendrer. On ne s’attend pas à ce que quelqu’un, quelconque dieu ou bouddha vienne nous libérer de nos karmas. S’il suffit d’une intervention extérieure, le Bouddha, Jésus ou tout autre auraient déjà libérés tous les êtres vivants, ce qui n’est pas le cas. C’est à chacun de se libérer soi-même sans attendre un messie quelconque. C’est à nous d’agir en conséquence. On règle nos actes pour éviter de causer du tort, maintenant ou plus tard et cela d’autant plus qu’on aura acquis la sagesse qui nous permet d’avoir une vision non égocentrique de la vie. Finalement on transcende cette loi par la grande pratique, zazen, par le dépassement de la vision égotique qui nous permet in fine de ne pas « laisser de trace ».


Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s