Prendre soin du monde

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J’ai commencé cette série de textes par « Prendre soin du présent » parce que c’est là où prend racine et s’exprime la sagesse. Je finirai par « Prendre soin du monde » car il n’est pas possible de rester de prendre soin de ce présent sans prendre soin du monde dans lequel il se manifeste. Le risque, en prenant la voie de la méditation, c’est de faire un retour sur soi, d’avoir une pratique égotique où la sagesse serait une sorte de torpeur.

« Il est essentiel de ne pas confondre sérénité et apathie. L’une des caractéristiques d’une pratique spirituelle stable est l’invulnérabilité aux conditions extérieures, favorables ou défavorables. On compare l’esprit du pratiquant à une montagne que les vents ne peuvent ébranler : il n’est ni tourmenté par les difficultés ni exalté par le succès. Mais cette équanimité intérieure n’est ni apathie ni indifférence. Elle s’accompagne d’une véritable jubilation intérieure et d’une ouverture d’esprit qui se traduit par un altruisme à toute épreuve. » 1 dit Matthieu Ricard. Il continue dans un autre texte : « La méditation de la pleine conscience permet de cultiver la bienveillance de façon très puissante dans une perspective laïque, et aussi de promouvoir une société plus altruiste tout en cultivant la pleine conscience à tout moment. » 2

Ce n’est pas pour rien que le premier enseignement du Bouddha (les 4 Nobles Vérités) se termine sur une incitation à l’action. « Par cet octuple sentier on peut comprendre que le bouddhisme n’est pas quelque chose dont on disserte, mais un chemin de l’agir, un chemin de vie, NOTRE chemin de vie. C’est la Voie pour expérimenter la réalité telle qu’elle est. Le bouddhisme n’est pas la « vérité », c’est à nous de vivre cette réalité. L’objectif de cette Voie est la cessation de la souffrance égotique : l’éveil. »3

Lorsque nous sommes capables de nous décentrer de l’attachement égotique qui amène la souffrance et qui est renforcé par elle (quand on souffre dans son corps difficile de s’ouvrir aux autres) nous pouvons, alors, en même temps, nous ouvrir aux souffrances des autres êtres vivants et agir de la manière la plus juste pour les aider à faire diminuer voire cesser cette souffrance. La méditation nous libère, en les acceptant, de nos paradoxes, de nos limites pour nous permettre d’être à l’écoute et dans l’action. Nous devenons des veilleurs et des éveilleurs.

« Les bouddhas et les bodhisattvas ont une habileté à parler et agir. Elle révèle leur souci constant de répondre à chaque situation en s’ajustant à la particularité et à la sensibilité de chacun…. Pour autant que de nouveaux bouddhas et bodhisattvas seront à leur tour capables de répondre avec délicatesse et affection aux besoin des êtres, à leurs façons de se vivre, de vivre le monde. »4

Je prends soin de moi, je prends soin de l’instant présent, je prends soin du monde

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