Le cheminement méditatif


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Quand on commence à pratiquer la méditation, le plus souvent on ressent un effet relaxant les premières fois. Mais il suffit de faire une pause, de s’asseoir, de calmer sa respiration, de prendre soin de son corps en le gardant tonique et relaxé à la fois, pour obtenir ce résultat. Il n’est pas nécessaire d’appeler  cela « méditation ».

Mais rapidement on perd cet état relaxé car en fait on s’aperçoit vite que nous sommes envahis de pensées et d’émotions perturbantes. Bien sûr on peut comprendre que c’est le fait de se poser qui nous fait voir notre fonctionnement habituel et non qui le crée, il n’empêche qu’on peu perdre alors l’intérêt qu’on trouvait, voire même qu’on cherchait, à pratiquer la méditation. Pour beaucoup c’est la fin de la pratique (souvent ils y reviendront plusieurs autres fois).

Soit seul, soit avec des livres, des vidéos, soit avec quelqu’un qui nous guide nous pouvons trouver des moyens de contrecarrer ces perturbations. Par exemple, comme on l’a vu, une pratique régulière de la « Pleine conscience » (minfullness) va permettre de laisser les perturbations internes et externes pour revenir au moment présent en s’appuyant, en se centrant, sur le corps, la respiration, le bruit, les émotions ou d’autres choses.

Une pratique constante permet, « malgré tous les malgré » de notre mental, de rester en paix. Le contexte extérieur est agité, nous pouvons rester serein. Notre tête tourne à 150 km/h, nous pouvons rester immobile et silencieux. Nous ne basculons plus entre les pensées folles et la somnolence mais nous découvrons une autre possibilité qui n’apparaît que lorsqu’on ne la cherche pas volontairement, dans le lâcher-prise. On parle dans le zen de « retourner son regard », on porte ce regard au-delà de ce qui est notre individualité, avec nos ressources mais aussi avec nos limitations. Elles restent présentes, accessibles mais sans nous parasiter. On éclaire quelque chose en nous qui nous donne l’impression d’être plus spacieux, nous nous tournons vers la terre de l’esprit comme l’appelle Jôkin.

Dôgen dit « Je mets en ordre le moi et je le regarde comme le monde entier ». En effet « au fur et à mesure que cette terre s’éclaircit, tout ce qui constitue la singularité de mon existence personnelle s’efface doucement…. Un absolu se dévoile, il me constitue et pourtant il ne m’appartient pas…. Nous connaissons tous ces moments d’écart fugaces où nous nous trouvons comme suspendus, entre-deux et nulle part, ces moments que l’on appelle d’absence : il n’y a rien, et précisément c’est comme s’il y avait tout. »1

Nous avons alors une conscience de l’unité, que nous formons et en même temps à laquelle nous appartenons.

Je tourne mon regard vers l’intérieur, je suis spacieux

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 1  Les bouddhas naissent dans le feu – Eric Rommeluère – Seuil – 2007

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