Lâcher-prise


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Nous avons parlé de la capacité du sourire à agir « mécaniquement » sur notre lâcher-prise. Mais « le lâcher-prise ne peut faire l’objet d’une technique qui, à coup sûr, nous ferait lâcher-prise. Tout au plus peut-on créer ses conditions… »1

Et pourtant la puissance du « mihita-pubbamgama » (le toujours souriant) c’est qu’en fait par ce sourire « on se le permet », on crée les conditions pour que s’exerce ce lâcher-prise.

Le lâcher-prise, l’éveil du bouddhisme, c’est de mourir « au monde des peurs et [renaître] au monde de la joie. Ce sont nos représentations de nous-mêmes qui meurent, non le soi qui vit enfin, libre. »2

Mais « ne sommes-nous pas plutôt arrivés aujourd’hui à un tournant, à un moment de l’histoire de l’humanité où l’ouverture du coeur est devenue quasi impossible, ou du moins requiert-elle un effort si démesuré qu’on ne puisse guère l’envisager… » 3

Beaucoup de personnes parlent de lâcher-prise mais en fait peu lâchent, elles-mêmes, prises à l’ego.

« Comment oser la grandeur lorsque se recroqueviller paraît parfois quelquefois la seule issue ? Ne vaudrait-il pas mieux s’étourdir, se perdre dans les jeux de la consommation et du divertissement, seules échappatoires à même de pouvoir juguler l’angoisse et la solitude existentielle ?… . »4

Je crois que dans notre for intérieur nous savons que cette fuite nous amène à de la souffrance, mais ce sont nos peurs, récoltées dans notre vie, qui nous empêchent d’affronter la réalité. En fait en dehors de l’amour que nous avons connu, rien ne nous est utile dans notre histoire. Le « toujours souriant » c’est ce qui permet de ne retenir que cet amour, cette joie de l’instant.

Comme nous projetons sans cesse nos pensées, nos sentiments, nos contrariétés sur le monde, en réponse, celui-ci les renforce. Mais nous pouvons porter un autre regard sur le monde. Il ne s’agit pas d’une démarche intellectuelle. Déjà simplement en laissant fleurir ce sourire de la méditation sur nos lèvres au quotidien. Vous ferez vite l’expérience de quelques personnes croisées qui vous rendent votre sourire.

Dans nos rencontres, si nous ne retenons que le positif de chacun, sans se focaliser sur le négatif nous nous libérons des « réactions » dont nous avons déjà parlé5 pour n’être plus que dans l’action et ne plus se positionner comme victime du monde .

Sourire et joie de l’instant, seul l’amour m’est utile

febr1_phatch


1 Les bouddhas naissent dans le feu – Eric Rommeluère – Seuil – 2007

2 ibid

3 ibid


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