Malgré tous les malgré


160220-c

Doit-on se comporter comme un éternel optimiste alors que le monde est loin d’être angélique ?

Doit-on à l’opposé être dans le pessimisme le plus complet quand on « voit ce qu’on voit » tous les jours ?

Enfin la solution serait-elle d’être dans un réalisme qui soit entre les deux ? Serait-ce cela le « juste milieu » dont parle le bouddhisme.

En fait ce juste milieu c’est la capacité à prendre du recul et à voir l’ensemble sans discrimination

Un sourire intérieur illumine le Bouddha et cela change tout. Il est celui qui toujours dit oui, le « toujours souriant »(mihita-pubbamgama).

« Il est toujours représenté dans la peinture et la sculpture bouddhistes avec un visage heureux, serein, content et compatissant. On ne peut discerner chez lui aucune trace de souffrance, d’angoisse ou de douleur. L’art et l’architecture, les temples bouddhistes ne donnent jamais une impression de mélancolie, ou de tristesse, il en émane, au contraire, une atmosphère de calme et de joie. Bien que la vie contienne de la souffrance, un bouddhiste ne doit pas être morose à cause d’elle, il ne doit ni s’en irriter, ni s’impatienter. L’un des premiers maux de la vie, selon le bouddhisme, est la répugnance ou la haine. »1

« Le bouddhisme nous fait entrer dans la gravité souriante. Comme si le sage voyait, en même temps, les deux côtés de la vie : le versant sombre et douloureux, qui lui donne sa gravité et le versant , lumineux, qui nous échappe souvent, mais qui lui permet, à lui, malgré tout, de sourire et de sourire vraiment.  ».2

« A la fois « éveillé » et « éteint », grave et « toujours souriant » (mihita-pubbamgama), serein et simultanément pressé par un sentiment d’urgence, le Bouddha est également plein de compassion envers des êtres dont il reconnaît pourtant la vacuité ! Cette gravité souriante conduit à poser le problème du mal, en se demandant comment il est possible de « sourire dans le malheur ». L’essence du bouddhisme réside sans doute dans sa capacité foncière à admettre la contradiction et à dépasser tous les dualismes, en cultivant une « double ligne de conduit : retrait et rayonnement ». »3

La voie du bodhisattva est donc de sourire et de conserver son sourire « malgré tous les malgré », de ne pas se décourager tout en connaissant la faiblesse humaine, car lui-même connaît sa propre faiblesse. Il n’attend donc pas d’être heureux pour sourire, et offre son sourire comme le soleil offre ses rayons : sans attente.

J’inspire je souris, j’expire je relâche

160220-b

1 L’Enseignement du Bouddha d’après les textes les plus anciens – Walpola Rāhula – 1961 – Seuil

2 Hervé Clerc – Les choses comme elles sont, une initiation au bouddhisme ordinaire – Folio – 2011

3 http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article417


Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s