De coeur à coeur


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Nous avons vu que chaque rencontre est comme un défi : comment voir dans nos réactions le processus en cours et ce que nous sommes réellement pour pouvoir simplement agir et non plus être sous le coup de la réaction1. Mais nous pouvons aussi voir comment l’autre réagit plus qu’il n’agit. Comprendre que sa réaction ne nous est pas obligatoirement destinée mais parle de son histoire.

Pour cela il faut entrer en relation profonde avec les personnes il est nécessaire que le « je » et le « tu » soient dépassés par quelque chose de beaucoup plus grand, qui peut être le « nous » voire plus. Notre responsabilité est d’être capable de réduire le « je » dans notre propre histoire. Ce qui n’est pas simple.

Ces rencontres sont appelées dans le zen « de coeur à coeur », ce qui se rencontre, c’est notre humanité commune.

Pour se préparer à créer de telles rencontres il est important de cultiver un amour altruiste non spécifique. Comment le faire ? Par la méditation.

Richard Davidson2 a découvert que les gens qui ressentent des émotions négatives ont une activité persistante dans les régions du cortex préfontal droit. À l’opposé des méditants chevronnés ont plus d’activité dans les lobes gauches. Matthieu Ricard a enseigné la méditation de l’amour altruiste à des personnes qui n’avaient jamais pratiqué la méditation. Une fois par jour pendant 20 mn durant une semaine. Davidson a pu voir que ces méditants montraient un plus grand sens de la compassion généralisée pendant la méditation que pendant le repos. La zone concernée du cerveau est celle qui permet de différencier le soi du non-soi.

Il y a deux pratiques principales pour s’entraîner, la pratique de Tong Len3 et celle de Metta. La première implique déjà une bonne expérience de la méditation puisqu’on prend métaphoriquement sur soi la souffrance de l’autre pour la transmuter. Des personnes qui n’auraient pas assez pacifié leur mental pourraient prendre cela au premier degré.

Dans la pratique de Mettà (simplifiée) on va d’abord visualiser une personne qui nous est chère (sans que ce soit un relation passionnelle ou une personne décédée) et on va lui envoyer de l’amour.

Puis nous pratiquerons avec une personne qui nous est indifférente (comme une personne croisée dans la rue.

Et enfin avec une personne avec qui nous avons des difficultés relationnelles.

Pour chacune nous pouvons envoyer de l’amour soit en visualisant la personne entourée d’un halo de lumière bleue bienfaisante qui grandit comme gonflé par nos respirations, ou faire une dédicace du type « Puisse XXXX être heureux, connaître le bonheur et être joyeux en toute circonstance », ou les deux à la fois.

Si lors de la visualisation de la personne avec qui nous avons des relations difficiles nous sentons des sentiments perturbateurs monter, nous pouvons répéter mentalement : « Je ne suis que bienveillance, amour et joie. » ou simplement penser au mot « compassion ».

Après nous réunissons mentalement ces personnes avec nous-même, d’une manière très proche (comme se tenant par les épaules) toutes baignant dans une même lumière chaleureuse symbolisant l’amour partagé. Quand le « je » et le « tu » s’effacent nous avons atteint cet amour indifférencié.

Quand nous commençons à avoir l’habitude de cette pratique de Mettà nous pouvons l’élargie en envoyant de l’amour dans notre maison, notre quartier, notre ville, notre département, notre région, notre pays, notre continent et enfin la terre entière,

Je ne suis que compassion, amour et joie.

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2 réflexions sur “De coeur à coeur

  1. Je ne suis que compassion, amour et joie. La lecture de cet article a fait lien en moi avec le poème « Allégence » de René Char et notamment ce passage :  » dans les rues de la ville, il y a mon amourpeu importe où il va dans le temps diviséce n’est plus mon amour, chacun peut lui parleril ne se souvient plus : qui au juste l’aima?  »

    Date: Tue, 16 Feb 2016 23:29:27 +0000 To: autre-lien@hotmail.fr

    1. Merci de ce beau partage Lise

      Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima?

      Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L’espace qu’il parcourt est ma fidélité. Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

      Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.

      Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas?

      René Char
      Extrait de
      « Eloge d’une soupçonnée,
      Poésie/Gallimard »

      bises



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