La présence du débutant.

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Nous avons évoqué ce qui se passe au-delà d’une réalité apparente. Ainsi ce que nous ressentons lors d’une rencontre nous renvoie à d’autres parties de nous-mêmes ou des fonctionnements que nous occultons1. Mais aussi que par le corps nous pouvons communiquer avec d’autres niveaux intuitifs dans toute situation2. Si nous sommes communément dans une position égocentrique où nous voyons le monde autour de nous, nous pouvons aller encore plus loin dans la vision intuitive en nous ouvrant au « tout », en ayant une vision du monde systémique, voyant ce qui le compose et les relations entre ce qui le compose au-delà de nos simples idées reçues.

« Nous pouvons remettre l’intégralité dans nos vies et retrouver le sentiment de connexion entre les choses, mais cela nécessite de suivre une série de règles très différentes de celles avec lesquelles nous vivons à présent… c’est reconnaître le tout dans chaque aspect de notre vie quotidienne. »3

Nous pensons tout voir, mais notre culture, notre éducation, notre système neurologique qui en est issu (toutes les cultures n’ont pas la même vision du monde) font que nous ne voyons réellement que ce que l’on cherche à voir. Il existe une petite expérience à faire avec une petite vidéo :

 Serez-vous capable de donner le nombre exact de passes que fait l’équipe blanche ?

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Bien sûr qu’importe le nombre. La question est « Avez-vous vu l’ours faire du moonwalk ? ». Probablement pas, et c’est normal puisque votre attention était centrée sur un point de vue (les passes des blancs). Mais nous pouvons changer notre perception du monde en ayant un regard plus global.

Quand nous débutons une activité pour la première fois dans un nouveau groupe nous regardons tout autour de nous. Après quelques années nous n’avons plus ce regard neuf, sachant exactement ce qui arrive, qui fait quoi, la place de chaque chose, et du coup nous fermons notre regard à cette vision holistique. Comme le disait un grand maître de méditation zen : le véritable esprit zen c’est de garder son esprit de débutant 4. Voir ce que nous voyons et faire ce que nous faisons comme si c’était la première fois dans notre vie. Il existe un grand nombre de pratiques de méditation mais il y en a une qui est très en vogue (à tel point qu’elle a été pas mal récupérée commercialement (lire la Méditation 2.05) : la Pleine conscience plus connue sous son nom américain : Mindfulness.

« « Pleine conscience » traduit le terme pâli sati, que l’on pourrait rendre par « vigilance », « attention vigilante », voire « présence d’esprit ». Dans l’école [bouddhiste theravâda] … c’est un prérequis aux exercices méditatifs dits de calme mental (samatha) et de vision pénétrante (vipassana). » 6 Cette méthode a été considérée parfois comme particulièrement appropriée pour les laïcs. « Dans la pratique originelle… c’est une faculté mentale, qui, une fois établie, permet d’évaluer et de juger des qualités des objets qui apparaissent à la conscience ; de cette façon le méditation pourra reconnaître leurs aspects impermanent et conditionné. Cette dimension d’analyse est évacuée dans le mindfulness. »7 Maintenant « la pleine conscience (mindfulness) est une sorte de conscience sans jugement ni élaboration, centrée sur le présent, dans laquelle chaque pensée, sensation ou émotion qui surgit dans le champ de la conscience est acceptée pour ce qu’elle est. »8 Pratiquer la pleine conscience « contemporaine » c’est donc maintenir la conscience dans le présent. « [C’est un outil] qui soulage déjà, même sil ne défait pas nécessairement les angoisses les plus profondes de l’existence, … il peut être considéré comme une introduction heureuse aux enseignements du Bouddha…. Dans les livres et magazines la sérénité et le calme mental sont présentés comme un point final alors que, dans la voie du Bouddha, ils sont la condition nécessaire qui permet de s’engager dans le chemin.  » 9

Cette pratique peut nous être utile comme base pour apprendre à centre notre attention et à l’ouvrir à tout ce qui est. Elle nous ouvre, avec la pratique, à des formes intuitives d’informations qui vont au-delà de ce qui est dit et montré ou supposé. Car une fois que nous commençons à avoir cette vision globale nous pouvons sortir de nos préjugés et voir ce qui unit malgré les différences. Nous pouvons voir notre « implication dans les sphères sociales et civiles, … comprendre que les souffrances peuvent être également des productions sociales »10 et que la voie qui apporte le bien-être ne peut être que personnelle mais nous engage à changer le monde. Par ces liens visibles nous comprenons que la solidarité maintient plus de vie que la compétition, que nous devons entrer en relation avec les autres autrement, que avons un rôle de soutien mutuel à assumer

Comme nous l’avons vu jusque là notre contexte de vie nous parle, mais nous-même avons un impact sur celui-ci et les autres.

« Pour les pratiquants du dharma, la méditation est inséparable d’un engagement à bouleverser sa vie. »11

Je conserve mon regard de débutant, je suis présent

http://frederic.baylot.org/post/131015-situation

3 Le lien quantique – Lynne Mc Taggart – Macro éditions – 2012

4 Esprit zen, esprit neuf – Shunryu Suzuki – Seuil – 1977

5 S’asseoir tout simplement – L’art de la méditation zen – Éric Rommeluère – Seuil – 2015

6 ibid

7 ibid

8 Scot Bishop « Mindfulness : A proposed Operational Definition » Clinical psychology : Science and Practice, 2004 (cité dans « S’asseoir tout simplement » de Éric Rommeluère).

9 op. cit. S’asseoir tout simplement

10 ibid

11 ibid


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