Atelier philosophie : NATURE ET CULTURE

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Atelier philosophie à l’UPPM (Université Populaire Pyrénées Méditerranée). Quelques notes personnelles et d’autres participants que j’ai pu retenir & bien sûr quelques dessins :

Deux définitions tout d’abord :

NATURE : « Ensemble de la réalité matérielle considérée comme indépendante de l’activité et de l’histoire humaines.»1

La nature c’est le monde qui nous entoure sans modifications humaines.

CULTURE : «  (1)Travail de la terre par lequel l’homme en améliore la production et en tire des résultats qu’elle n’aurait pas donné spontanément. (2 – Intellectuel) Processus par lequel l’homme développe ses facultés intellectuelles et s’extrait de l’état où il serait spontanément resté, par analogie avec (1). (3 – Anthropologie) Ensemble des pratiques, connaissances, traditions et normes propres à un peuple ; résultat de la culture au sens (2). Opp. nature. Souvent syn. Civilisation. »2

La culture c’est ce qui n’existe pas sans l’activité humaines, c’est le résultat de l’activité qui permet à l’homme de développer et d’épanouir certaines composantes de sa personnalité.

L’hérédité est de l’ordre de la nature alors que l’héritage est de l’ordre de la culture

Poser le problème d’une dichotomie « nature/culture » n’est-ce pas déjà partir d’un point de vue déjà orienté ? L’humain a la capacité de se sortir de la nature pour la « commander » (Bible Genèse 1) :

26.     Elohîms dit: « Nous ferons Adâm ­ le Glébeux ­ à notre réplique, selon notre ressemblance. Ils assujettiront le poisson de la mer, le volatile des ciels, la bête, toute la terre, tout reptile qui rampe sur la terre. »

27.     Elohîms crée le glébeux à sa réplique, à la réplique d’Elohîms, il le crée, mâle et femelle, il les crée.

28.     Elohîms les bénit. Elohîms leur dit: « Fructifiez, multipliez, emplissez la terre, conquérez-la. Assujettissez le poisson de la mer, le volatile des ciels, tout vivant qui rampe sur la terre. »

(il est à noter que Elohims -c’est un pluriel- disent au verset suivant que l’humain sera végétarien exclusivement : 29.     Elohîms dit: « Voici, je vous ai donné toute l’herbe semant semence, sur les faces de toute la terre, et tout l’arbre avec en lui fruit d’arbre, semant semence: pour vous il sera à manger.)

Cette dichotomie n’est-elle pas la source de nombreux de nos soucis contemporains (climat, écologie, espèces menacées etc) où pour l’humain la nature lui appartient il peut en user et en abuser comme bon lui semble.

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Par exemple d’autres cultures orientales n’offrent pas une place supérieure et de domination aux humains. Celui-ci fait partie de la nature au même titre que les êtres vivants et les « non-vivants » et des liens d’interdépendance les relient.

Mais en occident, au monisme, doctrine défendant la thèse selon laquelle tout ce qui existe – l’univers, le cosmos, le monde – est essentiellement un tout unique, donc notamment constitué d’une seule substance3 , avec Jean-Jacques Rousseau, va succéder cette opposition culture / nature. Finalement ce siècle des lumières, avec Adam Smith est aussi celui qui vit le développement de la première globalisation du monde, du début de sa plus importante « tentative de domination par l’humain ».

Mais pourtant on voit bien une différence entre les animaux et les êtres humains. Ainsi on voit bien qu’un chêne joue son rôle de chêne, fait des glands qui feront des chênes et s’il y a une évolution temporelle elle est très progressive et sur des millions d’années.

Or l’humain entre l’homo sapiens « pour ne pas remonter trop loin » (quand même près de 200 000 ans en Afrique) et l’homme contemporain il y a eu une évolution gigantesque, telle que l’un ne se reconnaît guère en l’autre (et ce serait sûrement vrai réciproquement). Mais finalement à quel moment l’humain a-t-il été « humain » comme le chêne est chêne ? A un moment n’a-t-il pas fait un « pas de trop » dans son évolution ? Du coup il n’occupe plus une place dans la nature mais se sent supérieur à elle. On parle beaucoup du mythe de Prométhée : l’humain a la science qui lui permet de s’adapter à tout, mais on voit bien qu’il ne s’adapte pas mais veut tout modeler à son service.

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Y-a-t-il des valeurs humaines universelles ? Quasiment toutes les religions prônent un « code Napoléon » de la conduite à tenir (par exemple les 10 commandements qu’on retrouve dans les trois religions révélées monothéistes) mais est-ce seulement cela ? N’y-a-t-il pas un être profond, une essence, commune aux êtres humains ?

La culture est souvent associée à une idée de progression humaine. Jusqu’où ? Jusqu’à la perfection ? Quelle perfection ? Cela jusqu’à quel prix ? Quelles « valeurs » déterminent ce « prix » (certains disent que justement les « valeurs c’est ce qui n’a pas de prix »)

Si comme on l’a vu la nature c’est le monde qui nous entoure sans modifications humaines, on pourrait dire qu’elle ressemble à un champ d’herbes folles. Et si la culture c’est ce qui n’existe pas sans l’activité humaines, c’est le résultat de l’activité qui permet à l’homme de développer et d’épanouir certaines composantes de sa personnalité on peut la comparer à un champ de maïs transgénique Monsanto®. Faire mieux que la nature jusqu’à aller contre la nature (produire des graines qui produiront des plantes sans graines) ?

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La culture et ses valeurs donnent du sens à la vie. Elle se trouve entre les « sens imposés » (fanatisme, dogmatisme, un faute de frappe m’avait d’abord fait écrire « godmatisme »!) et le manque, le vide de sens (indifférence). La culture est un frein à la barbarie, mais y-a-t-il des barbares ? Les barbares ont eux aussi la nature humaine en eux.

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Finalement c’est quoi devenir humain ? (puisqu’on a vu au début, qu’au contraire du chêne, l’humain ne connaissait pas sa place dans la nature, quand il vient au monde.). Est-ce respecter, ensemble (Albert Jacquard parle de l’humanitude) la nature, l’environnement, la vie ?

« Les cadeaux que les hommes se sont faits les uns aux autres depuis qu’ils ont conscience d’être, et qu’ils peuvent se faire encore en un enrichissement sans limites, désignons-les par le mot humanitude. Ces cadeaux constituent  » l’ensemble des caractéristiques dont, à bon droit, nous sommes si fiers, marcher sur deux jambes ou parler, transformer le monde ou nous interroger sur notre avenir ». L’humanitude, c’est ce trésor de compréhensions, d’émotions et surtout d’exigences, qui n’a d’existence que grâce à nous et sera perdu si nous disparaissons. Les hommes n’ont d’autre tâche que de profiter du trésor d’humanitude déjà accumulé et de continuer à l’enrichir . » Ainsi Jacquard définit une approche « écologique » de l’humanitude.

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Excellent dessin (comme d’hab) de Zep sur ce dernier thème :

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