Ah ! Nana

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Il y a 39 ans, en octobre 1976, apparaissait un OVNI dans le monde de la presse BD comme il n’en est jamais plus apparu depuis ! Un journal féministe underground nommé : Ah ! Nana.

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Inspiré du comix féministe américain Wimmen’s comix qui paraissait déjà depuis 4 ans.

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Ah! Nana était produit et destiné à être lu par des femmes. Il y était traité les sujets tabous de l’époque de la violence des femmes à l’inceste, mais finalement, est-ce plus traité à notre époque ?

Il y a aura moins d’une 10nne de numéros, puis il s’arrêtera au bout d’environ 2 ans. Sûrement pour ne pas avoir trouvé un public assez nombreux pour assurer sa survie financière, pour des problèmes de censure apparemment aussi.

Voici ce qu’en dit Chantal Montellier dans une entrevue :

En quoi rétrospectivement l’expérience d’Ah ! Nana vous parait-elle unique ?

C. M. – Ah ! Nana était, en France, le premier journal féminin de BD à contenu féminin, voire féministe, et peut-être le dernier dans le genre… Il y a peu de recherche historique, féministe, sur cette expérience, alors qu’elle me paraît intéressante pour l’histoire de l’expression féminine. Pour l’histoire des femmes.

C’était une revue de BD féminine offrant un espace d’expression à une nouvelle génération de dessinatrices. C’était la première fois qu’un journal de BD pour adulte était réalisé par des femmes : on pouvait voir côte à côte les dessins de Trina Robbins, Nicole Claveloux, Florence Cestac, Keleck, Cécilia Capuana, moi-même et quelques autres…

Le journal n’a pas pu vivre très longtemps : première sortie en 1976, puis en août 1978 il est retiré des kiosques après avoir été frappé d’interdiction de publication aux mineurs pour cause de pornographie. C’était une censure choquante surtout quand on considère le fond de commerce des kiosques de l’époque et actuels : on ne compte plus le nombre de titres de la presse people qui affichent en pleine page les seins de telle vedette ou princesse, les aventures sexuelles de telle autre. Je ne comprends toujours pas ce qu’on trouvait de pornographique dans les couverture de Lise Bilj, Nicole Claveloux ou Florence Cestac… Elles ne me semblaient pas des dessinatrices de l’obscénité.

Plus sérieusement, c’est le contenu éditorial qui pouvait peut-être choquer, les accroches, certains gros titres : le sadomasochisme, l’homosexualité, le fascisme, l’inceste ou le genre étaient des thèmes tabou peu souvent abordés de front dans la presse et carrément inédits dans une revue de BD. Il semble qu’on n’ait pas supporté que des femmes donnent leur point de vue et se montrent critiques au travers d’un média populaire.

Ceci étant, je ne suis qu’une « œuvrière » dans cette affaire. Les dessinatrices n’étaient pas invitées aux réunions de rédaction. C’est pour cela qu’il vaut mieux parler de revue féminine de BD plutôt que féministe. Philippe Manœuvre et Jean-Pierre dirigeaient les opérations. Je pense que Janick Dionnet n’était pas la dernière à dire son mot mais elle était sous influence. La revue reste cependant à mes yeux un journal d’expression libre car le contenu des BD proposées n’était ni contrôlé ni censuré par la rédaction extrêmement peu interventionniste.

Un exemple de ces BD underground ci-dessous de Cecilia Capuana. Formée à l’Académie des Beaux Arts de Rome, elle débute dans les années 80 avec des planches de BD en France. Célilia Capuana est depuis retournée à son premier métier, la peinture.

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L’année d’après, un ami de l’époque : Dominique Lainé, sortait lui aussi un fanzine « féministe » :

amazing

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