Je suis responsable de ce que je ressens

responsable

Samsara

Une vision populaire du « samsara » chez les bouddhistes, issue des religions hindouistes, est qu’il représente le « cercle des réincarnations » (de vie en vie). Mais «  Le bouddhisme accepte, lui, le samsâra en le couplant avec sa doctrine de l’acte. En simplifiant : notre existence est un processus où être se confond avec faire. Je n’existe que parce que j’agis, et dans l’acte se perpétue mon existence. La qualité et le sens de mes actes détermineront alors mes conditions existentielles présentes et futures. » (Éric Rommeluère – Les Bouddhas naissent dans le feu – Seuil – 2007)

L’éveil

Si nous regardons l’histoire de l’éveil du Bouddha, nous voyons qu’il a une vision claire de ce samsara, nommée dans la tradition « la vision de ses vies antérieures » : « Un soir, [le Bouddha], revêtu d’une vieille robe jaune, s’assied sous un figuier, au bord de la rivière Neranjarâ, proche d’Uruvela, dans le nord de l’Inde. Sa détermination est inflexible: « Dût ma peau se dessécher, dût ma main se flétrir, dussent mes os se dissoudre, tant que je n’aurai pas découvert la vérité, je ne bougerai pas de ce siège.» … Il s’absorbe dans la méditation. Durant la première partie de la nuit, il perçoit ses vies antérieures, une à une, comme les grains d’un chapelet. Il se rappelle celui qu’il fut, ses familles de jadis et naguère, ses amis. Les événements d’un très lointain passé ressurgissent comme les étoiles mortes d’une autre galaxie. Il revoit ses morts innombrables. Il entre dans chacune de ses agonies, les récupère une à une. Durant la seconde partie de la nuit, il comprend la loi des destinées individuelles, connue sous le nom de karma. Enfin, à l’apparition de l’étoile du matin, il atteint l’illumination, le nirvâna, la vision incomparable. » (Hervé Clerc – Les choses comme elles sont – une initiation au bouddhisme ordinaire – Folio – Gallimard – 2011)

Voir pour agir sans réagir

Sommes-nous capables de voir, comme le Bouddha, tout ce que nos actes passés ont créé comme « expériences et réactions » en nous ? Pouvons-nous, comme lui, comprendre le pouvoir de ces actes sur notre vie actuelle ?

Ces « empreintes » refoulées, inconscientes dirigent pourtant souvent nos conduites actuelles. Mais notre mental, notre ego va reconstruire notre réalité pour la faire supporter aux autres et nous permettre d’éviter la confrontation avec notre « samsara ». « Loin d’être impersonnelles, toutes les pensées qui émergent jusqu’à parfois saturer l’espace mental expriment en continu les préoccupations, les soucis et les désirs. Plus ils répéteront l’exercice, plus les pratiquants s’apercevront que la pensée est le principal dérivatif d’un ego qui résiste inconsciemment et de toutes parts à cette expérience de la nudité. Les couches névrotiques sont si puissantes, si invisibles, que le travail de sape est ardu, presque impossible. L’ego doit renoncer à lui-même, sans conditions; enfin, il doit abdiquer. Sous une forme métaphorique, l’abdication est décrite comme un saut (une échappée par le haut) ou comme un dépouillement (une échappée par le bas). » (Eric Rommeluère -S’asseoir tout simplement – L’art de la méditation zen – Seuil – 2015).

Pour affronter ces comportements, pour prendre le recul nécessaire, pour ne pas réagir aux situations qui nous dérangent mais ressentir ce qui se passe en nous afin d’y répondre sereinement, nous avons la pratique de la méditation. « Le dernier aspect de l’octuple sentier, c’est la méditation, dite aussi pratique de la concentration, c’est zazen, c’est la méditation silencieuse. La juste méditation ou juste concentration, est l’opposé du refoulement, c’est la prise de conscience de ce qui surgit sans fuite ni négation. C’est faire face à ses angoisses. » ( Inshu – Les Quatre axiomes du Bouddha )

Vie quotidienne

Dans la vie de tous les jours on pense que ce qui nous arrive, de plus dérangeant est dû au hasard voire est toujours de la faute de « l’autre ». Nous « réagissons » (action/réaction) en alimentant la situation et bien souvent en emportant « en nous » des ressentiments.

Pourtant si nous pratiquons régulièrement la méditation, qui nous permet d’affronter avec recul, sans la personnaliser, la situation nous pouvons agir sereinement sans être manipulé par une réaction émotionnelle.

Affronter ce qui se passe c’est accepter que ce que nous vivons est le rappel de ce qui n’est pas digéré en nous, ce mal-être que nous portons toujours en nous sans jamais en voir la cause.

Tout au long de notre journée, chaque fois que nous vivrons une situation inconfortable nous pourrons retrouver en un instant cet état méditatif, serein et ouvert, et nous demander en quoi cette situation (pas la personne, mais l’expérience) nous gêne-t-elle ? Qu’est ce qu’elle nous dit de notre souffrance ? Qu’est ce qui n’est pas respecté en nous ?

Chaque situation me libère, Je suis responsable de ce que j’en fais.

responsable1

 

Palais de cristal > 1 – 3 <

Sagesse et compassion en 2016

-1- Prendre soin du présent

-2- Je choisis la joie

 

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