Nous créons un « je » au milieu d’un grand « nous »


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L’humain pourrait être facilement qualifié de communauté vivante évoluant en symbiose avec son environnement. C’est ce que semble nous indiquer la nouvelle biologie. Elle nous fait comprendre par là même que nous ne pouvons plus prétendre interférer avec le monde sans interférer avec nous-mêmes car nous sommes totalement intriqués avec lui.
Cependant, que faire de notre sensation d’être « une » seule personne ? La question de l’expérience consciente arrive sur le tapis — une énigme vertigineuse pour laquelle nulle certitude ne peut être donnée. Ce que les scientifiques nous disent toutefois, c’est que l’évolution n’a cessé de trouver des manières d’unifier des ensembles de processus différents afin de créer de nouvelles unités… et de nouvelles capacités de conscience. « Comme l’explique le biologiste Ludwig von Bertalanffy, l’évolution crée à chaque étape une nouvelle stabilité dynamique d’une complexité supérieure. Une nouvelle conscience émerge, qui unifie les informations échangées entre les composants », détaille Ervin Làszló. Nous serions effectivement une sorte de table périodique des éléments habitée par des bactéries, des virus et des champignons, mais c’est l’organisation spécifiquement humaine de ce tout qui permettrait l’émergence de notre conscience.

Ainsi nous serions « propriétaires » pas tant des sources d’information qui nous parcourent que du choix de la synthèse que nous en faisons. «Je dirais que notre conscience personnelle unifiée est comme un raccourci, parce que nous ne pouvons pas gérer tous ces différents courants qui nous traversent. Donc nous produisons une version tronquée de notre conscience réelle. Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas, d’une certaine manière, des individus. Mais je ne pense pas que nous soyons des individus comme nous pensons que nous le sommes», pointe Dorion Sagan. Notre conscience globale serait ainsi un résultat de la fluctuation de tous les composants qui permettent son apparition. Notre sentiment d’unité consciente serait un choix parmi la multitude d’états disponibles. Nous créons un « je » au milieu d’un grand « nous ». Que se passe-t-il lorsque l’état de conscience du « je » est modifié ou élargi ? Il pourrait potentiellement accéder à des « nous » surprenants… dont la pertinence pourrait être intéressante. Car c’est bien de cela dont nous semblons avoir besoin : de réapprendre, d’une manière ou dune autre, à écouter et respecter un environnement dont nous sommes tributaires.

(extraits d’un article de Miriam Gablier à lire dans le magazine Inexploré)

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