Anarchisme


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Quand on entend le mot « anarchiste » pour beaucoup c’est symbole de chaos et de violence. Pourtant l’anarchisme est un courant de politique anti-autoritaire et d’égalité sociale. C’est pourquoi, entre autres, que certains lui préfèrent le terme de libertaire. L’anarchisme se définit étymologiquement comme [an-] (privatif) [archos] (pouvoir, commandement ou autorité) ; il est donc, littéralement, l’absence de pouvoir ou de gouvernement. Ceci ne signifie ni confusion ni désordre, si l’on admet simplement qu’il y a d’autres ordres possibles que celui qu’impose une autorité. Il a pour finalité de développer une société sans domination et sans exploitation, où les individus-producteurs coopèrent librement dans une dynamique d’autogestion et de fédéralisme. La liberté politique y est organisée autour du mandatement impératif, de l’autogestion, du fédéralisme et de la démocratie directe. L’anarchie est donc organisée et structurée : dans son livre Les confessions d’un révolutionnaire, Proudhon affirmera entre autres choses : « L’anarchie c’est l’ordre moins le pouvoir ». Il dira aussi que de cet ordre en l’absence de pouvoir naîtra de la liberté, liberté qui est la mère de l’ordre et pas sa fille. Des relations librement consenties sont les plus conformes à notre nature et elles sont seules aptes à assurer une organisation harmonieuse de la société Pour tous les pouvoirs, cette idée est impardonnable, cet idéal, inadmissible. Encore plus aujourd’hui, époque d’ultralibéralisme. On comprendra l’acharnement, voire la violence, que peut mettre en place le pouvoir institué contre des mouvements comme les Zadistes ou l’arrestation de Julien Coupat et de quatre collègues dont sa compagne, mis en examen pour « direction d’une association de malfaiteurs et dégradations en relation avec une entreprise terroriste » !!!

Contre l’oppression, l’anarchisme propose une société basée sur la solidarité comme solution aux antagonismes, la complémentarité de la liberté de chacun et celle de la collectivité, l’égalité des conditions de vie et la propriété commune autogérée. Il s’agit donc d’un mode politique qui cherche non pas à résoudre les différences opposant les membres constituants de la société mais à associer des forces autonomes et contradictoires.

Le collectivisme dont il est question, suggère des possessions individuelles ne garantissant aucun droit de propriété (comme l’accumulation de biens non utilisés). En exemple on pourrait dire, il est juste de jouir de la possession de son logement, il est injuste d’être propriétaires de plusieurs logements inoccupés.

Daniel Colson dit que c’est « une idée pratique et matérielle, un mode d’être de la vie et des relations entre les êtres qui naît tout autant de la pratique que de la philosophie ; ou pour être plus précis qui naît toujours de la pratique, la philosophie n’étant elle-même qu’une pratique, importante mais parmi d’autres ».

Selon l’historien américain Paul Avrich : « Les anarchistes ont exercé et continuent d’exercer une grande influence. Leur internationalisme rigoureux et leur antimilitarisme, leurs expériences d’autogestion ouvrière, leur lutte pour la libération de la femme et pour l’émancipation sexuelle, leurs écoles et universités libres, leur aspiration écologique à un équilibre entre la ville et la campagne, entre l’homme et la nature, tout cela est d’une actualité criante. »

Tout cela ne date pas d’hier puisque déjà lors de la Révolution française, Gracchus Babeuf et ses amis dénoncent les privilégiés qui tirent profit de la Révolution. Ils préconisent une réforme radicale de la société : l’abolition de la propriété privée doit rendre tous les Français égaux. Le but de la « Conjuration des Égaux » est de poursuivre la révolution, et d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ». Plusieurs quartiers de Paris apparaissent gagnés par les idées des Égaux, ainsi que çà et là en province. Il y eut aussi les Enragés qui influencèrent Babeuf. Ils prônent le caractère populaire de la souveraineté, son exercice direct par le peuple. Cette démocratie populaire s’appuie sur une méfiance permanente envers les représentants du peuple. Celle-ci s’accompagne naturellement de la volonté de contrôler fortement ces mandataires du peuple. Ce principe garantit de la Tyrannie législative ». Cela parlera peut-être à certains actuellement.

Les anarchistes ont des réponses et non pas une réponse. Pour l’essentiel, ces réponses s’articulent autour d’une valeur centrale : on devrait traiter tout le monde avec humanité, y compris ceux, si cela arrivait, qu’on priverait de liberté. L’anarchisme n’est pas une doctrine figée et instituante mais prône la vigilance continuelle pour identifier les structures coercitives, autoritaires et hiérarchiques de toutes sortes pour les examiner et mettre à l’épreuve leur légitimité ; pour lutter contre toutes nouvelles limites à la liberté, sans cesse mises à jour. « La liberté est la précondition à l’acquisition de la maturité nécessaire à l’exercice de la liberté et non un don qu’on ne reçoit qu’une fois cette maturité acquise » (Emmanuel Kant ). « La liberté sans le socialisme conduit à des privilèges et à l’injustice ; le socialisme sans la liberté conduit à l’esclavage et à la brutalité. » ( Bakounine ). Même Adam Smith disait que « le gouvernement civil, dans la mesure où il est institué pour assurer la sécurité de la propriété, est en réalité institué pour la défense du riche contre le pauvre, de ceux qui possèdent contre ceux qui ne possèdent rien. ». « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi », et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eussent point été épargnée au Genre humain par celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crie a ses semblables : “Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la Terre n’est à personne” » ( Rousseau).

Et l’immense majorité des anarchistes refusant à séparer la question des fins de celle des moyens, la question des moyens de celle des fins, la violence n’est non seulement pas anarchiste, mais elle est anti-anarchiste.

Sources :
« Les Chiens ont soif. Critiques et propositions libertaires » de Normand Baillargeon :
http://classiques.uqac.ca/contemporains/baillargeon_normand/chiens_ont_soif/les_chiens_ont_soif.pdf

Portail anarchisme & libertaire(s) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Anarchisme

Wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon
https://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Coupat
https://fr.wikipedia.org/wiki/Conjuration_des_%C3%89gaux 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Enrag%C3%A9s

Portail de connaissance ouvert sur l’Anarchisme
http://www.fra.anarchopedia.org/Pierre-Joseph_Proudhon

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