Faire confiance et abandonner nos peurs, tout est à notre disposition.


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Beaucoup de voies spirituelles nous promettent un ailleurs paradisiaque que nous devons mériter par des actes (rituels, sociaux, religieux). Cette vision métaphysique permet de récompenser « plus tard » ce qui est fait maintenant et n’engage personne sur cette vie 😉 .

Certaines voies bouddhistes nous disent au contraire que l’éveil est dans cette vie ci (le samsâra -cercle des réincarnations- et le nirvana -la libération- ne sont pas différents). Notre vie prend sens dans les actes que l’on pose et non dans un ailleurs à atteindre plus tard. Bien sûr face aux difficultés de ce monde, face aux deuils, face aux souffrances, face aux conduites indignes d’un certain nombre d’humains, face aux « injustices » de la nature, il parait préférable de croire à un monde parfait qui existe toujours ailleurs, mais c’est vivre dans une virtualité qui n’est pas moins risquée que de ne vivre que dans « Second Life ».

Cette vision n’est pas pessimiste, au contraire elle est porteuse de joie, car elle nous intègre pleinement dans le monde, dans l’espace, le cosmos, nous donne toute notre place, celle que l’on prend. Nous n’avons pas à nous libérer de ce monde, mais à nous libérer dans ce monde, avec ce monde. Nous n’avons rien à changer, mais à faire avec ce qui est (comme le dit Bernard Benson avec la troisième des « trois voies« .)

Nous sommes, telle la goutte d’eau dans la mer : et la goutte d’eau et la mer, sans frontière fixe entre les deux. Nous sommes ce monde cosmique, interdépendants avec chacun et avec le Tout. Il ne nous reste qu’à faire confiance et abandonner nos peurs, tout est à notre disposition.

« Selon le bouddhisme notre existence (samsâra) est un processus où être se confond avec faire (karma). Je n’existe que parce que j’agis, et dans l’acte se perpétue mon existence. La qualité et le sens de mes actes détermineront alors mes conditions existentielles présentes et futures.

Notre existence est indépassable, elle nous constitue. Bien que la fuite soit une réponse naturelle, les traditions de la « Grandeur » (Mahayana) recommandent une autre manière d’être qui tient de l’audace, car, disent-ils, « l’existence (samsâra) n’est autre que le nirvâna ». Signifiant par là qu’il n’existe aucun lieu, aucun espace en dehors du monde qui est le nôtre.

Jamais à distance de nous-mêmes, le monde nous constitue tout autant que notre corps propre.

Le zen ne propose pas de se libérer de la vie, mais de se libérer dans la vie, dans son feu toujours bouillonnant. Une telle possibilité nous engage à être joyeux.

Tel le lotus qui croît, se nourrit de la boue et sa fleur s’épanouit, d’une beauté immaculée.

Nous voudrions véritablement changer. Et ce que nous voudrions changer, c’est bien nous-mêmes, toutes ces émotions, ces dispositions intérieures.

Nous n’avons pas besoin d’une idée, mais d’une expérience. il n’existe finalement qu’une seule issue : laisser éclore la fleur de lotus.

L’envisager demande de l’audace. Il s’agit d’une invitation à vivre dans l’absence de peur. Dans la confiance. »

Eric Rommeluère – Les Bouddhas naissent dans le feu

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