La méditation laïque, phénomène de société


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Notes d’une conférence de Eric Rommeluère (le 20 juin 2015 à l’Institut d’Etudes bouddhiques) :  « La méditation laïque, phénomène de société ».

Eric Rommeluère constate que « La méditation de pleine conscience, parfois qualifiée de méditation laïque, connaît un formidable essor depuis quelques années. Il s’agit d’une pratique de santé ou de mieux-être, dont les techniques sont inspirées du Dharma (l’enseignement du Buddha), mais qui s’en détache résolument. […]. Il s’agit d’un véritable phénomène de société ».

Il retrace l’évolution de la perception de la méditation en Occident – et plus particulièrement en France – en la replaçant dans son contexte social et historique, des années 1970 à nos jours. Il montre comment, à côté d’une méditation bouddhique traditionnelle visant à changer l’adepte et « à trancher à la racine » l’ensemble de ses conditionnement névrotiques, s’est développé d’abord dans le milieu paramédical, puis dans le grand public et jusqu’au sein des entreprises, un ensemble de programmes standardisés basés sur des techniques de méditation et destinés, eux, à adapter le pratiquant au monde dans lequel il est plongé.

Eric Rommeluère ne condamne nullement ces pratiques de « méditation de pleine conscience » dont il remarque qu’elles conduisent à « l’établissement du socle d’équilibre et de confiance » qui est pour lui le socle du Dharma. Le risque principal est de prendre ce socle sur lequel peut se construire la véritable méditation pour la méditation elle-même. Alors que la technique préalable de la pleine conscience passe par l’observation « neutre » des phénomènes, la méditation traditionnelle conduit, elle, à l’observation de la vacuité des phénomènes.

En ce qui concerne l’appellation de « méditation laïque », il observe qu’elle est exclusivement française. Il estime qu’elle résulte du fait que le bouddhisme français a fait le choix de se revendiquer comme une religion alors que le bouddhisme belge par exemple, placé dans un environnement juridique et politique différent, a préféré se définir comme une « tradition philosophique non confessionnelle ».

Eric Rommeluère pose ensuite la question de la marchandisation et de la fonction sociale de cette nouvelle forme de méditation qu’est la méditation de pleine conscience. « Nombre de ceux qui se réjouissaient hier de l’adoption de cet outil sont désormais perplexes devant une industrie qui a pour ainsi dire confisqué le mot de méditation ».

L’enregistrement intégral de cette conférence est disponible en suivant ce lien.

Lire l’article intégral sur Vents et Jardins

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