Don d’abeilles

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LU SUR LE MONDE

Face à l’hécatombe exceptionnelle d’abeilles l’hiver dernier, deux organisations apicoles ont lancé, mercredi 12 novembre, un appel inédit aux dons d’essaim pour aider les apiculteurs de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales.

« Puisque l’Etat est déficient sur le sujet, on lance une opération de solidarité pour que nos collègues puissent reconstituer leurs colonies », a annoncé Alain David, coordinateur de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP – Fédération Française des Apiculteurs Professionnels).

Cette opération sera menée conjointement par la FFAP, qui représente cent cinquante à deux cents apiculteurs professionnels, et la section apicole de la Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire, très investi dans les sujets environnementaux. « Dans l’urgence, il faut au moins qu’on puisse apporter un soutien, et un effort, de un à cinq essaims, seront demandés à nos apiculteurs », a poursuivi Thierry Dolivet, de la Confédération paysanne, apiculteur dans la Creuse.

Quelque cent cinquante essaims ont déjà été promis et seront livrés au début du printemps prochain, selon la FFAP. Les services vétérinaires de l’Ariège ont lancé en février une mission pour évaluer l’éventualité d’un lien entre ces pertes et la désinsectisation du bétail dans le cadre de la lutte contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Selon Alain David, les services de l’Etat « sont venus constater mais rien n’a été fait ».

« Les bêtes qui vont dans les estives (veaux, moutons, vaches…) sont traitées avec des produits antiparasitaires que l’on retrouve dans les déjections et qui polluent l’environnement. Et c’est cela qui pourrait être la cause de cette surmortalité importante », explique-t-il.

De son côté, le ministère de l’agriculture n’a pas réagi dans l’immédiat.

Bruxelles a interdit en 2013 et pour deux ans l’usage des trois pesticides néonicotinoïdes jugés responsables en partie de cette situation. Insuffisant pour les apiculteurs, qui réclament un moratoire étendu à toutes les autres molécules, alors qu’en 2013 la production de miel en France a été inférieure à 15 000 tonnes, soit moitié moins qu’en 1995, pour un nombre de ruches presque équivalent.

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