Un resto-bar en coopérative

bistrot

(Titine au bistrot – Dessin : Lindingre, Yan – Editeur : Audie)

LU SUR OUEST-FRANCE

Quand on arrive à Monterfil, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Rennes, on ne peut pas le rater. « L’Air du temps » restaurant-bar-concert, est là, planté au pied du village, avec sa terrasse et sa façade en schiste rouge, la pierre du pays gallo. Le genre de bistrot qui donne envie de s’arrêter boire un coup ou manger un morceau.
Problème, depuis août 2013, l’établissement est fermé. Le gérant, qui avait racheté l’affaire à son prédécesseur, n’a pas tenu. Et depuis, l’histoire de « L’Air du temps » s’est comme figée. Or ce bar n’est pas un bar comme les autres. Jadis boucherie, épicerie et bar, comme on en trouvait beaucoup dans les villages dans les années cinquante, il est devenu au fil du temps et des gérants, l’endroit où on se rencontre et on fait la fête.

C’est en 2004, sous la houlette de Jean-Luc Guinebault, le précédent propriétaire, qu’il est baptisé. En neuf ans, « L’Air du temps » a accueilli des centaines de concerts, de banquets et de réunions, avant de devenir le premier bar labellisé « café de pays ». En cuisine, Corinne Gomès mitonne des petits plats maison. Le midi, le restaurant ouvrier fait le plein. Tous les ans, fin juin, c’est aussi là que bat le coeur de la Gallésie en fête.

Mais c’est aussi le siège social de plusieurs associations locales. Depuis sa fermeture, les habitants ne se résignent pas à voir ses volets clos. « On ne se voit plus » disent-ils. Certains se sont mobilisés dès l’été. C’est le cas de Bernard Beaudouin et Alain Gouriou, deux jeunes retraités dynamiques qui ont chacun une longue expérience de chef d’entreprise et d’action collective. « On s’est dit, cet endroit ne peut pas mourir. Il faut faire quelque chose ».

D’où l’idée de monter une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Un statut juridique qui permet d’associer tous ceux qui souhaitent faire revivre « L’Air du temps ». « Il s’agit à la fois de sauver un commerce de proximité avec reprise de la restauration le midi en semaine, vente de plats à emporter, ouverture du bar en soirée, relance des soirées à thème, et aussi de maintenir en vie un lieu de rencontres entre les générations », explique Bernard Beaudouin.

Les associations et la municipalité impliquées
« L’intérêt est aussi économique, avec le maintien de deux emplois salariés (Corinne en cuisine et une serveuse en salle) et, si possible en créer un troisième, derrière le bar » ajoute Alain Gouriou. Pour ce faire, la SCIC a besoin de 15 000 € pour racheter le fonds de commerce et de 15 000 autres pour effectuer quelques travaux et constituer un fonds de roulement.

À raison de 100 € la part, 148 investisseurs ont déjà répondu présent. Et le tribunal de commerce vient de donner son accord à la reprise.

Il y a dix jours, à Monterfil, une réunion d’information a rassemblé 150 personnes. « Toutes les associations étaient représentées, et des membres du conseil municipal étaient là. On a vu que le besoin de se retrouver était fort ainsi que l’attente de la réouverture », souligne Bernard Beaudouin. L’assemblée générale devra élire un conseil de surveillance et désigner un directoire de quatre membres.

« Une gouvernance ouverte et démocratique. » Mais ici, pas de dividendes à attendre. « La seule plus-value, ce sera le bonheur qu’on va retrouver », rappelle Bernard.

LU SUR OUEST-FRANCE

 

Et vous qu'en pensez-vous ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.