Dharma : Protéger la vie par un agir non-violent.

kimbamgu

(Simon Kimbangu  – Dessinateur : Serge Diantantu  –  Editeur : MANDALA)

L’action juste correspond au premier des préceptes que l’on prend dans le bouddhisme : « Ne pas contrecarrer le courant de la vie. » On le dit souvent sous la forme « ne pas tuer », mais plus que cela, il s’agit de préserver la vie sous toutes ses formes. Bien sûr on s’éloignera de tout ce qui a rapport avec ce qui peut blesser, tuer. Mais cela veut dire aussi d’être capable d’ignorer la haine et le ressentiment qui amènent des réactions violentes ; savoir ne pas s’emporter mais au contraire être pudique discret, pour ne pas attirer les emportements ; de savoir pardonner. En fait c’est être plein de bonté pour les êtres, de ne chercher qu’à les aider par bienveillance.

Cette pratique de la non-violence est tournée aussi bien envers autrui qu’envers soi-même. De même que plus que parler de s’éveiller soi-même on va chercher à avoir une vie éveillée, plutôt que de se dire non-violent on va chercher à avoir des actes non-violents quand nous sommes confrontés à une situation de violence. On n’est pas non-violent dans l’âme mais dans nos actions. Et nul n’est à l’abri de tendances violentes qui peuvent être ancrées dans son psychisme depuis très longtemps, même si elles ne sont encore jamais apparues (en fonction du contexte) et même si cela paraît difficilement croyable. C’est pourquoi si nous nous appuyons sur la nature de Bouddha, la Claire Lumière, qui est en nous, nous restons vigilants à observer tout ce qui peut surgir de nous et entre autres de nos zones d’ombre. Nous ne voulons pas être emporté par ces jaillissements violents.

L’acte juste nous amène à prendre soin de toutes les formes de vie, c’est pourquoi nous tâcherons d’être tout le temps, tendre, attentionné et attentif dans tous nos actes. Un des préceptes donnés par Thich Nhat Hanh (nommé par lui entraînement à la pleine conscience) est ainsi formulé : « conscient de la souffrance provoquée par la destruction de la vie, je suis déterminé à développer ma compassion et à apprendre les moyens de protéger la vie des personnes, des animaux, des plantes et des minéraux. Je m’engage à ne pas tuer, à ne pas laisser tuer et à empêcher tout acte meurtrier dans le monde, dans mes pensées ou dans ma façon de vivre. ». Cela implique une grande conscience, car nous pouvons tuer indirectement par notre façon de manger, de boire, d’utiliser la terre, l’air, l’eau.

En même temps agir avec non-violence ne veut pas dire « ne pas agir » pour ne pas risquer de nuire, c’est que Chogyam Trungpa appelait la « compassion stupide ». Ce « pacifisme » comme on a pu l’appeler a des résultats inverses à ceux attendus, comme le disait Max Frisch : « Pire que le bruit des bottes est le silence des pantoufles ».

Tout cela ne rend pas l’acte juste facile ni évident, mais le bouddhisme n’apporte pas des réponses, ou des méthodes faciles, mais une capacité à s’interroger sur nos actes.

LE JARDIN DE LA VISION PURE

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