Dharma : Les trois sceaux du Dharma

Cosey Bouddha azur_0005

(Le Bouddha d’Azur – Dessinateur et Scénariste : Cosey – Editeur : DUPUIS)

Égotisme

Notre principal conditionnement est de penser que nous sommes quelqu’un de très important, pour ne pas dire « le centre du monde » (on devrait dire en fait le centre de Notre monde). C’est ce « je » que nous appelons de notre prénom et de notre nom, qui nous semble primordial. Nous sommes tous enclins au solipsisme, à nous prendre pour le centre de notre monde. Le solipsisme (du latin solus, seul et ipse, soi-même) est une « attitude » d’après laquelle il n’y aurait pour le sujet pensant d’autre réalité que lui-même. Cela relève de la constatation que le « moi », ou l’ego, est la seule manifestation de conscience dont nous ne puissions pas douter. Seul l’ego peut donc être tenu pour assurément existant et le monde extérieur avec ses habitants n’existe dans cette optique que comme une représentation hypothétique, et ne peut donc pas être considéré, sans abus de langage, autrement que comme incertain. Je suis le centre d’un monde que je devine « d’après moi ».

Mais comme nous l’avons déjà dit, si en suivant Descartes, dans le monde occidental on part du principe « je pense donc je suis », dans le bouddhisme nous sommes plutôt dans « nous ne sommes pas ce que nous pensons ».

 Soi pour les autres

Mais en fait cet ego n’est primordial quasiment que pour nous-même. Pour beaucoup d’autres nous ne sommes qu’un acteur dans la ronde qu’il y a autour de leur propre « Moi ». Et puis même, pour la plupart des humains, nous sommes négligeable, voir inexistant.

 Les trois sceaux du Dharma

« Cultiver un esprit qui ne s’attache à rien. » (sûtra du Diamant). L’esprit éveillé est fluide, naturel. Rien n’y attache, comme dans une poêle en Téflon. A contrario l’esprit ordinaire est rigide, limité et aussi collant que du papier-tue-mouches. La pensée dualiste ressemble au Velcro car il faut être deux pour s’accrocher.

Tout ce qu’on pense des choses ne sont que des concepts que l’on plaque sur elles. Et cette conceptualisation est une façon de figer dans une nature concrète des objets relatifs. Le Lankavatara sûtra dit : « les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent, mais pas autre non plus. »

Il nous est difficile de nous libérer du poids des pensées et des soucis, à nous affranchir de préjugés. Mais comme si l’on voulait garder le sable qui s’écoule de nos mains, l’esprit non éveillé s’accroche aux concepts, aux pensées, aux émotions, alors qu’elles sont par natures éphémères. La vision éveillée est comme le cristal que toutes les lumières peuvent traverser sans obstacle.

La sagesse, la connaissance de la véritable nature de la réalité (le contraire de l’ignorance d’un point de vue bouddhiste) c’est voir que cette nature est :

  • impermanente : les choses, les êtres, les situations, se transforment tout le temps,

  • interdépendante  : chaque chose est conditionnée par l’ensemble qui est lui-même conditionné par chacun de ses composants. Nous sommes déterminés par l’univers entier et celui-ci ne peut exister, tel qu’il est, sans nous. Sans nous, il serait autre.

La vision claire de cette impermanence et de cette interdépendance, la compréhension du « vide de nature en soi » de chaque chose existante, ce « non-moi », c’est la vacuité. Par cette vision éveillée on se libère de ses peurs et on prend conscience de la nécessité de prendre soin de son contexte de vie dont on dépend et qui dépend de nous.

  • Mais cette nature de la réalité est aussi non-attachement. C’est le résultat logique des deux précédents points : puisque rien ne dure et n’existe en soi, il ne sert à rien à s’y accrocher, aussi bien ce qui apporte du bien-être que ce qui crée de la difficulté.

Impermanence, interdépendance & non-attachement (ou nirvana) sont les trois sceaux du dharma qui ouvrent sur la vacuité où tout n’est que processus en devenir.

S’ouvrir à la vacuité, c’est découvrir son être authentique, son état naturel, rayonnant. La méditation zazen, c’est comme s’asseoir sur une lame de rasoir, par le silence, l’ouverture à ce qui est, on va éplucher l’oignon de notre personnalité, enlever les peaux successives jusqu’à ce qu’on arrive au cœur de l’oignon, sunyata, la vacuité. Dans le quotidien on porte différents masques, nous ne sommes que très rarement nous-mêmes. La vacuité est la vie sans masque, ce n’est pas la non existence du monde, mais le fait que les choses existent mais pas de leur propre fait. Leur existence est le résultat de notre projection réifiante, de tout ce que nous voyons nous faisons une « chose » en dépendance à notre personnalité. Tout est ainsi perçu relativement, produit de la rencontre temporaire de conditions particulières dont nous faisons partie. La vacuité n’est ni le néant ni une réalité ayant une existence indépendante.

Voir la vacuité c’est comprendre que le monde n’est pas aussi solide qu’il paraît à nos sens. La vacuité n’a pas de qualités ni de défauts, elle est simplement l’absence de substance véritable des phénomènes.

LE JARDIN DE LA VISION PURE

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