Rues de Nantes : Place du Bouffay

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C’st sur cette place, au confluent de l’Erdre et de la Loire, que s’installent les premières populations, que la puissance civile bâtit son palais, que la justice eut son lieu de séance avec sa prison et sa place pour les exécutions, que la communauté de Ville eut sa maison pour les réunions, que l’on battit monnaie, que l’on établit halle, marché et pilori.

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Elle était bordée naguère sur son côté sud par le rempart de l’ancienne cité médiévale bordant la Loire (espace occupé aujourd’hui par le Cours Franklin-Roosevelt) et qui fut démoli entre 1766 et 1780, à laquelle on accédait par un quai (de nos jours, allée de la Tremperie).

Elle fut la place principale de la ville au Moyen Âge, après avoir été ancienne cour du château comtal dit « Château du Bouffay » construit à la fin du xe siècle par Conan Ier le Tort, qui se trouvait alors sur son côté ouest. C’est là où se tenait les exécutions publiques jusqu’à la Révolution. Ainsi, on peut citer notamment la décapitation de Henri de Talleyrand-Périgord, comte de Chalais en 1626 (protagoniste de la conspiration de Chalais), et celles des principaux acteurs de la Conspiration de Pontcallec en 17201.

La construction du nouveau château entraîna l’abandon de l’ancien château de Conan LE TORT. Il fut démoli en 1848. Il était de forme quadrangulaire et possédait une tour à chaque angle. En 1477, il devint Palais de Justice et servit de prison jusqu’en 1831.

Sa cour devint la place publique, théâtre judiciaire de la cité marquant quelque peu l’histoire de France.

La Tour de l’horloge, pylogonale, à l’angle ouest de la place, datait de 1664 ; elle aussi disparut en 1848.

Installé depuis le xiiie siècle dans une maison particulière de la rue des Pallefroiz (rue parallèle à celle des Petites-Écuries) disparue au xve siècle, redécouverte lors des fouilles de l’îlot Lambert, l’atelier monétaire de Nantes est transféré, sur l’ordre du duc de Bretagne Charles de Blois, dans la Tour du Port Maillard (extrémité de la rue des Petites Écuries). Au sud-est de la place, l’Hôtel de la monnaie où l’argent officiel était frappé jusqu’en 1820. C’est l’un des plus anciens de France. Il était situé d’abord près des Jacobins, non loin du Château ; lorsqu’il fut transféré sur la place, on l’adossa au mur des fortifications longeant la rivière. Démoli en 1820, il fut transféré en 1824, rue Voltaire, où il fut frappé des monnaies jusqu’en 1834, certains disent 1838.

avant 1357. Cette tour fortifiée, située tout près du port et du château, permettait d’assurer la sécurité de cette importante institution publique, véritable banque, source de revenus considérables pour le duc de Bretagne. Mais bien vite, sous le coup d’une forte croissance de son activité, la Monnaie de Nantes, qui faisait déjà travailler 80 familles au xve siècle, dut s’étendre au-delà de la simple tour médiévale. Au xviie siècle, la Monnaie occupe un bâtiment, adossé au rempart, allant de la rue des Petites Écuries à la Place du Bouffay, soit un quadrilatère de près de 45 m de long pour 30 de large !

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Cet édifice complexe, à la fois fonderie, atelier mécanique, laboratoire, bureau administratif et logement de fonction accueille des dizaines d’ouvriers assurant la transformation annuelle de plusieurs tonnes de métaux précieux, notamment de l’argent, en pièces de monnaies. Mais, au cours du xviie siècle, l’activité se réduit et le bâtiment se dégrade rapidement. On décide une fermeture, un abandon même, de 1662 à 1693. Pourtant, le personnel de direction y réside toujours, mais dans des conditions presque insalubres… À sa réouverture, la Monnaie de Nantes, jadis l’une des plus importantes du royaume, n’est plus qu’une ruine : des jambages, des cheminées, des linçoirs sont rompus ; plusieurs poutres porteuses sont cassées (6 sont étayées pour éviter l’effondrement !)… Des travaux de rénovation permettent de reprendre la frappe monétaire à Nantes.

Les commandes ne cessent d’augmenter, jusqu’à 22 tonnes de pièces d’argent demandées par le roi en 1718 ! Il faut réduire les logements de fonction… À la grande colère du personnel de direction… Le bâtiment reste cependant toujours trop petit. Comment l’agrandir alors qu’il est coincé entre les remparts et des édifices publics, notamment les halles du Bouffay ? En 1718, le feu prend chez un perruquier de la place du Bouffay, toutes les halles en bois s’embrasent et la place est dégagée en quelques heures… On décide alors de créer une extension à la Monnaie de Nantes venant clore la partie sud de la place. En 1720, l’Hôtel des Monnaies de Nantes fait désormais près de 90 m de long, c’est l’un des plus grands de France. L’activité de frappe s’intensifie à nouveau, mais seulement pour un temps. L’année 1786 marque le « chant du cygne » de l’atelier nantais avec la transformation de 12 tonnes d’or en pièces. La production est progressivement réduite.

Pour remédier au manque de pièces de cuivre, l’État révolutionnaire ordonne la fonte des cloches en 1791. La tâche est immense, d’autant que la Monnaie de Nantes a pour mission de fournir seule tout le quart nord ouest de la France ! Deux annexes sont alors créées : une fonderie dans l’église Saint-Léonard réquisitionnée et un atelier de frappe à Saumur. Il y a toujours à Saumur le bureau de garantie des métaux précieux. C’est là où sont, par exemple, envoyés les nouveaux bijoux du grand ouest pour recevoir le poiçon officiel déterminant leur mesure de pureté en d’or (carat)

La place était autrefois plantée d’arbres et servit souvent de champ clos. On y faisait les exécutions.

Plusieurs plaques commémoratives nous rappellent la décapitation de Chalais, l’exécution de 4 gentilshommes bretons accusés de complot… Et c’est aussi à la révolution la place de la guillotine.

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Une plaque commémorative sculptée en 1979 par Raffig Tullou existait encore en 2010 au pied de l’immeuble bordant le côté nord. Elle fut malencontreusement brisée lors des les travaux d’aménagement de la place. Elle a été remplacée depuis par un fac-similé.

Au nord-ouest, dominant la place par son Beffroi jusqu’en 1848, la tour du Bouffay ne subsiste plus aujourd’hui. Seul son beffroi a été conservé au sommet de l’église Ste Croix.

La Halle, bâtie en 1628, incendiée le 10 février 1718, fut reconstruite en 1721.

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Au centre, de petites halles se dressaient il y a encore quelques années. Abritant un marché pittoresque.

aux xviiie et xixe siècles, période durant laquelle les travaux d’urbanisme modifieront totalement la physionomie de la place : des immeubles de style classique datant de la fin xviii (aujourd’hui classés aux monuments historiques) se dressent désormais sur les cotés ouest, nord et est.

En 1761, l’architecte de la ville, Jean-Baptiste Ceineray, établit le premier plan de réorganisation de la place. Ce projet impose la destruction de tous les bâtiments ne répondant pas à l’alignement souhaité.

En 1817, l’ensemble continu de quais le long de la Loire, projeté par Ceineray, est achevé lorsque le quai devant la place est enfin terminé.

Les immeubles sur les côtés est et ouest de la place sont construits après la mort de Ceineray (qui quitte son poste d’architecte de la ville en 1780 et meurt en 1811). Cependant, ils respectent les caractéristiques souhaitées par l’architecte, qui se voit attribuer la conception de la place.

IL y eu une poissonnerie sur l’île en face des quais :

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Aujourd’hui, cette espace est une zone piétonne et commerciale. Jusqu’en 2010, elle fut aussi le lieu d’un marché couvert, mais les travaux d’aménagement du cours Franklin-Roosevelt (concernant également le « Carré Feydeau ») qui entraina son repavage intégral et le démontage des auvents métalliques qui faisaient office de halles accueillant les commerçants depuis 1878 (refaites à l’identique 100 ans plus tard6), remettent en cause le maintien de cette activité dans son ancienne configuration qui limite les possibilités d’installation. Cependant la municipalité se donne jusqu’en 2018 pour décider ou non de leur réinstallation sur la place.

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Jusqu’au début du xxe siècle, la maison des Échevins, dite aussi « maison des Engins », se dressait à l’angle nord-est de la place. Construite en 1453, elle fut la première mairie de la ville. Elle fut rachetée par la municipalité qui la fit raser pour élargir la rue en 1906. Le seul vestige de cette bâtisse à colombage est une cheminée monumentale adossée au mur de l’immeuble mitoyen, au niveau du no 2 de la rue des Échevins.

La place a eu à souffrir des bombardements pendant la seconde guerre mondiale :
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Dans le cadre du voyage à Nantes de 2012 il y eu l’exposition de l’Ultime déménagement :

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Dans le cadre de celui de 2013 (VAN) ce sont les statuettes d’Isaac Cordal qui furent installées :

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C’est sur cette place, que s’est « posé » en 2013 l’Aérofloral.


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sources :

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