Rues de Nantes : Rue Montesquieu


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La rue Montesquieu longe le nord du musée Dobrée.

La voie, qui a porté, à partir du 27 octobre 1837, le nom du héros du combat des Trente et maréchal de Bretagne Jean IV de Beaumanoir  est baptisée, par décision municipale du 30 novembre 19362, « rue Montesquieu », en hommage à Charles-Louis de Secondat, dit Montesquieu (1689-1755), penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières.

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Une autre voie a porté le même nom avant de s’appeler maintenant la rue Buffon.

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Montesquieu, de son vrai nom Charles Louis de Secondat de la Brede, était un jeune homme passionné par les sciences et à l’aise avec l’esprit de la Régence. Trois communications scientifiques donnent la mesure de la diversité de son talent et de sa curiosité : Les causes de l’écho, Les glandes rénales et La cause de la pesanteur des corps. Montesquieu publie anonymement Lettres persanes (1721), un roman épistolaire qui fait la satire amusée de la société française vue par des Persans exotiques.

Ses parents lui choisissent un mendiant pour parrain afin qu’il se souvienne toute sa vie que les pauvres sont ses frères.

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Il est reçu dans les salons littéraires de la duchesse du Maine, au château de Sceaux et aux fêtes des Grandes Nuits de Sceaux dans le cercle des chevaliers de la Mouche à Miel. Cet ordre institué le 11 juin 1703, figurait au nombre des amusements de la petite cour formée à Sceaux par la « piquante » duchesse du Maine, qui en choisi le nom du fait de sa réputation de « fine mouche ». Cette société avait clairement pour vocation à parodier les grands Ordres de Chevalerie. En tout, une quarantaine de ses courtisans, essentiellement des gens de lettres et des savants en ont été les fidèles chevaliers (Mme de Stael, Voltaire, Fontenelle…), qui se livrèrent aux caprices et jeux d’esprit imposés. Signe d’appartenance, une médaille de l’ordre fut même conçue devant être portée sur l’habit. Elle est encore très recherchée aujourd’hui parmi les collectionneurs. A l’endroit, gravée de la tête de la duchesse du Maine, et dans le champ du revers, une abeille se dirige vers une ruche avec la devise Piccolti ma fa pur gravi le ferite – « petite mais elle fait de profondes blessures». L’aspirant chevalier de cet ordre prononce un serment de 7 vœux, tous plus incongrus les uns que les autres, mais non sans y sous-entendre à chaque fois une soumission toujours plus complète à la Dictatrice. « Il n’y a ici ni madame du Maine ni Altesse, il y a la belle fée Ludovise, la reine des Abeilles, à laquelle chacun doit obéir aveuglément. » (Le Chevalier d’Harmental, Alexandre Dumas) La duchesse du Maine imposait à tous ses courtisans une loi sévère : celle de ne pouvoir la quitter sans sa permission qu’elle n’accordait pas toujours d’ailleurs. Parfois, les punitions étaient distribuées.

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Il voyage en Europe et séjourne un an en Angleterre où il observe la monarchie constitutionnelle et parlementaire qui a remplacé la monarchie autocratique. De retour dans son château de La Brède au sud de Bordeaux, il se consacre à ses grands ouvrages qui associent histoire et philosophie politique : Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734) et De l’esprit des lois (1748) dans lequel il développe sa réflexion sur la répartition des fonctions de l’État entre ses différentes composantes, appelée postérieurement « principe de séparation des pouvoirs ».

Montesquieu, avec entre autres John Locke, est l’un des penseurs de l’organisation politique et sociale sur lesquels les sociétés modernes et politiquement libérales s’appuient. Ses conceptions – notamment en matière de séparation des pouvoirs- ont contribué à définir le principe des démocraties occidentales.

Il est initié à la franc-maçonnerie au sein de la loge londonienne Horn (le Cor) le 12 mai 1730. Par son appartenance à la franc-maçonnerie, Montesquieu sera inquiété par l’intendant de Guyenne Claude Boucher et le cardinal de Fleury en 1737. Il continuera néanmoins à fréquenter les loges bordelaises et parisiennes.

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Montesquieu ne s’accommode pas de l’idée d’esclavage. Il décide donc de ridiculiser les esclavagistes dans le chapitre 5 du livre XV De l’esprit des lois : « Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais ». Suit alors une liste d’arguments caricaturaux dont le grinçant « Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique pour s’en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d’Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ? »

Les travaux de Louis Desgraves et Pierre Gascar ont montré, que contrairement à Voltaire, il était un homme bien intégré à la société de son temps, et nullement en révolte contre son monde : aristocrate et bon catholique, héritier et bon gestionnaire de ses biens, académicien soucieux de sa réputation, habitué des « salons ». Sa pensée échappe au caractère radical et parfois dogmatique de la philosophie des Lumières. Ses incohérences et ses ambiguïtés sont les marques d’une œuvre dénuée d’esprit de système, qui tente de combiner la raison et le progrès avec les traditions et autres « irrationalités » que charrie l’histoire.

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